ou le printemps du poète
J’étais
autrefois bien nerveux.
Me voici sur une nouvelle voie :
Je mets une pomme sur ma table.
Puis je me mets dans cette pomme.
Quelle tranquillité !
Henri Michaux
Plume (Gallimard, 1963)
… ou les écrans-psy de l’igtb
Si, comme l’affirmait Lucien Bonnafé, psychiatre désaliéniste, « on juge une société à la manière dont elle traite ses fous », on a vraiment de quoi s’inquiéter.
Un monde sans fous ? est un documentaire de Philippe Borrel (France - 2009 - 1h07 – Vidéo en poche), qui va à la rencontre de ceux qui flirtent avec la folie : les patients, les soignants, mais aussi les experts qui analysent les signes de folie et pas toujours avec les mêmes critères … pour dresser un état des lieux des structures de prise en charge des personnes présentant des troubles mentaux, de l’hôpital psychiatrique aux équipes mobiles de rue, des centres médico-psychologiques en milieu ouvert jusqu’au milieu carcéral.
voir ici quelques intéressants entretiens issus de ce documentaire
Le documentaire prend le parti de David contre Goliath …
Goliath : Comportementalistes et neuro-psychiatres, mus par une volonté hégémonique inquiétante, s’attaquent, grâce aux neurosciences et autres méthodes cognitivistes, aux troubles, qu’ils mesurent, soupèsent et quantifient grâce à des batteries de tests plus scientifiques les uns que les autres. L’objectif annoncé : réinsérer les patients au plus vite et de manière pragmatique dans la « vie ordinaire », les rendre “autonomes”.
Ces « techniques »
présentent sans doute l’intérêt d’améliorer dans quelques cas l’état des
patients en supprimant certains « troubles », mais leurs défenseurs ont tendance à
oublier de questionner les notions de pathologie et d’autonomie, et
semblent se préoccuper moins de l’insertion sociale des patients que des
contraintes gestionnaires de l’hôpital et de l’intérêt des lobbies
pharmaceutiques… Une «psychiatrisation » générale (dépistage, contrôle et
surveillance) de la société semble s’instaurer, dans laquelle on traque le symptôme en chacun de nous, et ce jusque
dans les écoles : ( les classifications internationales, et autre DSM,
recensent un nombre toujours croissant de troubles, pour certains fabriqués de
toutes pièces pour répondre aux demandes des laboratoires) … pour mieux
l’éradiquer. Et on
découvre même, effrayé, l’existence d’un pacemaker cérébral qui rectifie les
émotions et contraint au bonheur obligatoire : même plus moyen d’être
tranquillement dépressif…!!!
David : Certains thérapeutes, conscients de la nécessité d’accompagner au long cours ces maladies chroniques souvent inextricablement liées à des difficultés sociales et familiales, tentent de maintenir une présence et une attention quotidienne, malgré le peu de moyens et contre la logique « industrielle » des dernières réformes de l’hôpital. La construction patiente d’une relation de confiance qui permet d’écouter et de rassurer, cette approche clinique qui nécessite du temps et de la présence humaine, qui crée une « contenance », est en train d’être remplacée par une comptabilité des soins : quantifier et normaliser les actes thérapeutiques, pour mieux privilégier ceux qui sont les plus efficaces (?) et aussi les plus rentables, économiquement.
Or n’est-il pas difficile, voire impossible, d’évaluer ce qui fait le fondement du travail thérapeutique qui « n’est pas un champ réductible à un savoir constitué » ? La qualité de la relation humaine, qui constitue l’outil principal de toute action thérapeutique, ne se mesure pas…
Il y a donc
à continuer de « jardiner » à la fois symboliquement et réellement, en
réintroduisant de la vie là où elle est mise à rude épreuve. Quelques-uns s’y emploient. Cf par exemple, Les jardins thérapeutiques (à ce propos voir ici et aussi là) : Le
jardin et le jardinage stimulent les sens, les émotions, la mémoire, diminuent
le stress, donnent une raison de vivre. Prendre soin des jardins permet d’attendre les saisons avec jubilation,
l’avenir avec joie…
—> Un monde sans fous ? c’est aussi un livre de Philippe Borrel, aux éditions Champ Social
—> voir aussi le site du Collectif des 39 Contre la Nuit Sécuritaire
En mai, à l’igtb,
(cliquer sur les images pour les voir en plus grand)
on franchit allègrement quelques ponts, parce qu’ils relient et rapprochent…
“De quelles poutres, de quelles pierres, de quel béton bâtir les ponts pour qu’ils puissent unir des rives différentes ? Comment une même matière, bois ou fer, peut-elle toucher à la fois droite et gauche, France et Allemagne, terre et paradis ?(…) Trait d’union matérialisé, le pont réunit des altérités. Sur le Bosphore, il met en court-circuit l’Europe et l’Asie. Je ne sais s’il convertit, traduit, transmute ou transsubstantie, reste que sa matière, sa substance, bois, pierre ou béton, s’adapte à des rivages sans rapport…
Sans pont donc, pas de chemin ; entendez par là de connexion d’un point, tel, à un autre, tout autre. Sans pont donc, pas de méthode ; entendez par elle, un chemin du même à l’autre…” Michel Serres, in L’art des ponts, homo pontifex, Ed Le pommier
… et on cherche aussi à savoir de quoi nous parlons quand nous parlons d’émotions, on explore un moyen créatif d’exprimer son agressivité, et on donne quelques clefs pour aborder la Gestalt-thérapie
avec
Les émotions, ça sert à quoi ?
le vendredi 4 mai
de 19h30 à 22h30
et le samedi 5 mai 2012
de 9h30 à 17h30
animé par Pierre-André Beley et Dominique Michel
La mosaïque, dans tous ses états
le samedi 13 mai 2012
de 10h à 17h
animé par Christine Artiga
Gestalt-thérapeute
Tarifs 60 € la journée
Ouvert à tous
le lundi 21 mai à 20h30
animée par Dominique Michel
à la Maison des Associations
Av. Mal de Lattre de Tassigny
Mérignac (face Pin Galant)
Compte-rendu de la soirée du 13 avril à l’IGTB - La convivialité
Bernadette Godmer et Dominique Michel nous ont réunis à l’IGTB le 13 avril dernier, autour de Paul Goodman et de Ivan Illich pour aborder le thème de la convivialité. Outre le fait que la soirée fut effectivement conviviale autour de tapas et d’une bonne bouteille de vin, nous avons appris beaucoup de choses fort utiles en ces temps d’espoirs et de désespoirs électoraux…
Dans le dernier chapitre de Growing up absurd écrit en 59-60 (Direction absurde, en français), Paul Goodman (1911-1972), n’utilise pas le terme de convivialité, mais parle de communauté, d’un manque de communauté.
Regardant la société américaine des années 60, il
montre que les changements n’ont
pas été radicaux. Il parle d’une « révolution manquée
dont nous avons hérité ». Il évoque « les causes perdues de
l’histoire » et montre comment celles-ci hantent nos esprits. Son constat est sévère, mais il ne
désespère pas de la possibilité d’un changement. « Ce n’est pas l’esprit
des temps modernes qui rend la société difficile pour les jeunes, c’est que
l’esprit ne s’est pas suffisamment réalisé ». Son utopie est « une
direction de sens ».
Quelques éléments repris de son constat :
« The rat race » d’après Goodman, c’est la « course des places » du système organisé dans laquelle : « des jeunes gens brillants s’y donnent à fond, même s’ils n’y croient pas, trop effrayés à l’idée de s’arrêter ».
Les retombées sont néfastes pour les jeunes. La société n’est pas cohérente dans son ensemble. La culture est factice, elle est basée sur le sensationnel. Les ingénieurs sont incompétents. Les travailleurs sont indifférents. La religion est inutile. Les jeunes n’ont plus d’idéal, l’école est médiocre. D’une manière générale, le système organisé d’Etat est une abstraction, il ne prend pas en compte les besoins fondamentaux de la population en particulier ceux de la jeunesse et crée des êtres dépourvus de vitalité et de créativité.
Si les changements avaient eu lieu, on aurait pu :
Soutenir les progrès techniques. Penser le travail et les loisirs. Accorder des crédits pour les biens publics. Permettre aux ouvriers de gérer eux-mêmes leurs entreprises Permettre le développement de la créativité. Concevoir l’égalité des sexes. Promouvoir une culture populaire. Accorder le droit aux enfants de gagner de l’argent. Reconnaître la sexualité des plus jeunes. Leur permettre d’avoir des activités concrètes.
Comment cela pourrait encore être possible ?
En revenant à une échelle raisonnable (l’éco-niche). En décentralisant. En restaurant du lien social (intergénérationnel notamment). En restaurant l’esprit de communauté et le patriotisme. En permettant aux jeunes de devenir adultes. En se concentrant sur l’éducation. En soutenant les vocations religieuses. En évitant l’enseignement et la médecine de masse. En libérant l’homme de la machine par rapport à laquelle, il doit s’adapter. En écoutant les ouvriers. En produisant utile. En accordant une aide financière aux immigrants et aux pauvres. En éliminant les grands ensembles, en développant les petits journaux, les petits théâtres…
La convivialité pour Ivan IIlich
A propos de la convivialité
Au sens commun, le terme a perdu de sa force. Dire c’est convivial, c’est comme dire « c’est sympathique ». Le terme se rapproche d’autres adjectifs comme « immatériel », « léger ». Il annule ainsi le corps, la matérialité des corps. Le sens commun donnerait à cette notion une valeur plus post moderne qu’ humaniste.
Le mot a du succès : la convivialité apparaît désirable, même si elle est reliée à une forme de superficialité opposée à l’authenticité. Le terme semble désigner un état souhaité du lien social. Ce serait en fait la promesse d’une communauté sans implication. Elle semble bien meilleure car débarrassée de la contrainte de l’engagement du corps et en quelque sorte purgée de toute parole parlante (cf Merleau-Ponty).
La convivialité pourrait ainsi être rapprochée de la « conversation » à la Renaissance, qui évoquait aussi la superficialité, l’évitement, l’échappatoire à la mort, mais qui regardait néanmoins l’homme (l’humain) en face. Aujourd’hui, la convivialité est indirecte, médiatisée. On pense à Internet, à cette convivialité qui n’implique aucun engagement ni avec la machine, ni avec les gens. On a pleins d’amis sans finalement en avoir aucun. C’est une communication privée de corporéité. La singularité incarnée est exclue, le corps et l’esprit sont disjoints.
Qu’est ce qui fait qu’une réunion apparaît comme conviviale aujourd’hui?
-
l’égalitarisme des membres (situation proche de la fusion) – pas de présence
singulière
- la
situation, purgée de toute agressivité, de tout désir
- le
dialogue, mais sans vraie parole – car la parole incarnée tranche et menace
Qu’est ce qui pourrait faire une autre convivialité ?
C’est ici
que nous trouvons la définition qu’en donne Ivan Illich en 1973, penseur critique de sa société et disciple de Goodman. La
convivialité pourrait être autre, si trois choses étaient réunies : le
désir, la parole, le corps. La société conviviale serait le contraire d’une chosification
généralisée.
Illich est né en 26 et mort en 2002. C’était un penseur éclairé, polyglotte, qui a fait de nombreux voyages en Europe centrale et au Mexique. Cet homme, à l’origine programmé pour être prêtre, est devenu un philosophe rebelle qui critique le progrès, et toute une société productive, non conviviale.
En observant la société « industrielle », il constate, entre autres, que : La médecine rend malade plus qu’elle ne guérit, l’automobile fait perdre plus de temps qu’elle n’en fait gagner et l’école déforme beaucoup plus qu’elle n’éduque.
Si l’on admet qu’il y a 2 modes de production, un premier, très longtemps pratiqué, dans lequel l’autonomie est de rigueur, et un autre, plus récent dans l’histoire humaine, où règne l’hétéronomie, il faut reconnaître que la société actuelle dans sa logique de la surenchère (trop grande abondance des produits), prive les individus de leur capacité propre à fabriquer. Elle tue l’autonomie et l’homme cesse d’être l’artisan de son devenir.
Dans cette société, les experts se sont multipliés privant ainsi les gens d’un savoir et d’un savoir-faire personnel.
La crise dans ce contexte est l’instant du choix. Le moment où les gens prennent conscience de la cage dans laquelle ils se sont enfermés.
Pour Illich, les outils ne sont pas neutres. Ils modélisent les rapports sociaux.
Il définit une condition de vie authentiquement humaine où l’autonomie n’est pas dégradée.
Aujourd’hui, la pensée de Bernard Stiegler (voir l’association qu’il a fondée Ars Industrialis) apparaît dans la lignée des thèses d’Illich. Notamment lorsqu’il parle du concept de capacitation repris de l’économiste indien Amartya Sen. La capacitation est le fait d’être en prise directe avec les savoirs et les savoir-faire. C’est ce qui permet d’évaluer le degré d’autonomie d’un individu, d’un groupe, d’un peuple.
En lecteur de Simondon qui parle d’une individuation collective, il est pour une croissance individuelle et collective et pour une co-individuation (croître chacun pour créer, nourrir, enrichir le groupe qui à son tour fait croître le sujet ).
Pour Stiegler, le remède à cette crise se résume dans l’application et l’approfondissement d’une technique de soi (très différente d’un développement personnel) qui comprend plusieurs axes qu’Illich aurait pu proposer dans le cadre d’une autre convivialité…
Il conviendrait ainsi de recourir à :
- un travail de capacitation
- des moyens d’individuation, et donc de co-individuation
- une attitude non passive par rapport aux contenus
- une activité réflexive
- un développement davantage relationnel que personnel
dans la logique du thème de l’année “Entre autres…”,
on se met en quête de convivialité…
Bernadette Godmer et Dominique Michel
ont réfléchi à cette thématique en s’appuyant sur les travaux de Paul Goodman et de Ivan Illich, et elles proposent de partager tout cela…
C’est le 13 avril à 19h30…
7, place Emile Zola
33400 Talence
Paul
Goodman, essayiste,
romancier, poète, dramaturge, sociologue, urbaniste… et anarchiste, souhaitait mettre un terme au face à face individu/état et à l’excessif anonymat de la société
contemporaine. Conscient des inconvénients de la communauté traditionnelle
(close, tyrannique), il en soulignait cependant l’aspect convivial (chaleur et
sécurité), c’est pourquoi il souhaitait réhabiliter une forme communautaire de
vivre-ensemble…
Ivan Illich nous incite, quant à lui, à quitter le confort relatif de la société industrialisée pour entrer dans une ère nouvelle, celle de la convivialité. Une ère où l’argent perd de sa valeur et où le contact humain devient l’élément clé de l’organisation de la société. Une ère où la production et l’accumulation ne sont plus érigées en objectifs ultimes, mais où la poursuite d’une vie authentiquement humaine sur Terre pour aujourd’hui et pour demain devient le but recherché.
… ou les écrans-psy de l’igtb
« La psychothérapie institutionnelle. Quelle punition ce mot. Jean Oury s’en défend avec une lassitude grandissante. Quand on lui demande, comme on le fait depuis un demi-siècle, ce que c’est, il répond : la moindre des choses » (Extrait du livre de M. Depussé, Dieu gît dans les détails).
La moindre des choses est le titre du long métrage (1996) – très émouvant – de Nicolas Philibert dont le sujet est : “Plutôt qu’un film sur, j’ai fait un film avec des fous et grâce à La Borde”. La moindre des choses, c’est une démarche où le “soin” ne s’applique pas seulement au malade, mais à l’institution elle-même.
Sur la Borde ou le droit à la folie, un intéressant documentaire (ina 1977) de Igor Barrere à regarder ici. On y voit Jean Oury et Félix Guattari, jeunes, tout pleins d’inventivité psychiatrique.
Et ci-dessous une intéressante réflexion cinématographique sur l’altérité dans la Moindre des choses
Au cinéma,
l’autre, c’est à la fois le spectateur, les protagonistes qui apparaissent sur
l’écran et l’écran en soi, médiateur des deux mondes. La figure de l’autre
passe par le corps, ou plutôt par des occurrences corporelles, physiques et
visibles. Dans La moindre des choses (1996) de Nicolas Philibert, les échanges entre les deux côtés
de l’écran sont incontournables. L’autre se manifeste à travers des corps étranges,
différents, et c’est à travers l’acte du regard que des relations complexes se
dessinent.
Dès les
premières images de La moindre des choses, le corps de l’autre est mis en évidence. Il y a
tout d’abord la femme qui, toute seule dans un plan large, chante sa douleur.
En s’exposant à nous de la sorte, elle nous interpelle, démontre qu’elle est consciente de notre
présence, de notre regard sur elle. La chanson, la performance n’est qu’un prétexte
à la monstration d’un corps souffrant. En fait, il s’agit de l’extériorisation
visuelle d’une douleur intérieure, d’une douleur mentale. Après cette scène, s’en
suit une série de plans de corps vagabondant dans l’espace vert. Il y a comme
un malaise face à ces autres filmés. Peut-être parce qu’ils semblent
prisonniers de leur corps déficient. Leurs mouvements sont crispés et
maladroits, leurs traits durcis et exténués. Mais nous, de l’autre côté de l’écran,
nous sommes prisonniers également. Nous sommes cloués à une chaise comme de
simples témoins, incapables d’intervenir. À ce stade on perçoit où Philibert cherche
à nous conduire. Il veut nous faire voir, nous faire échanger avec l’autre. Il
nous dit : « Voilà l’altérité. Laissez tomber vos barrières.» Tout au long du
film, nous serons donc confrontés à l’étrangeté, mais quelque chose se produit
: les échanges ont bel et bien lieu. Les personnes qui nous sont présentées
nous apparaîtront vite comme des égaux. On les démystifiera à travers leurs répétitions,
on finira par les percevoir comme notre reflet et constater que nos rôles sont
presque interchangeables. En effet, puisque nous nous plongeons volontairement
dans leur monde, nous acceptons du coup de devenir eux, de leur ressembler, d’être
fous nous aussi.
Ce processus d’apprivoisement de l’altérité s’entame au moment du tournage car
les patients également doivent accepter l’autre, en l’occurrence la caméra. «
La maladie mentale se traduit dans les corps, dans cette façon parfois trébuchante
d’avancer dans la vie. Petit à petit, on propose une rencontre. Mais ce n’est
pas dès la première minute que l’on est copain. C’est une question de distance,
de cadre ». N. Philibert commence son film avec des plans d’ensemble où les
malades errent dans le cadre. Puis, graduellement, on passe à l’expression plus
intime des visages.
Dans La moindre des choses, la différence majeure des échanges, décrits par Comolli comme un « triangle : corps filmé/corps filmant/corps spectateur. » (4), repose dans la question de la conscience. En effet, dans le film, la caméra est souvent très proche des sujets filmés. Elle se pose non pas comme une caméra témoin et voyeuse, mais comme une caméra participante. Sa présence et son rôle d’entremetteuse entre le monde de La Borde et l’auditoire ne sont pas occultés. Au contraire, les pensionnaires de La Borde savent qu’ils sont filmés. On le comprend par des interventions verbales des patient ou tout simplement par des regards adressés à la caméra. La conscience d’être filmé est ici tellement apparente et verbalisée qu’il nous est impossible de nier notre place de regardant. Nous ne sommes donc pas protégés par les limites restreintes du monde de fiction où l’on disqualifie le dispositif cinématographique puisque dans ce film, il y a un échange perpétuel entre le « regard regardant »et le «regard regardé ». Lorsque les pensionnaires de La Borde regardent la caméra, ils nous disent clairement : « Je vous vois. Je connais votre existence et je sais que vous me regardez et que, par conséquent, vous connaissez mon existence.» En fait, ce n’est pas la caméra qu’ils regardent, c’est nous. Et nous, ce n’est pas l’écran que nous regardons, ce sont eux. Les dispositifs de captation et de projection de la réalité permettent les échanges car ils réussissent à s’effacer.
Dans La
moindre des choses,
le corps est montré dans sa transformation. Le corps des malades est d’abord,
et plus explicitement, transformé par le jeu, par l’appropriation d’un
personnage. En effet, le film tourne autour des répétitions des pensionnaires
qui, aidés de soignants, montent une pièce de théâtre. Les sujets filmés sont
tantôt présentés comme tels, c’est-à-dire dans leur univers quotidien, considéré
comme réel, avec leur souffrance et leur part d’étrangeté et tantôt lorsqu’ils
prennent les traits de personnages. Il s’agit là d’une mise en abîme qui nous
montre comment le corps perd ou encore gagne en étrangeté lorsqu’il joue. En
fait, quand on regarde ces malades qui tentent de s’imprégner d’un personnage
en vue de se dévoiler devant public, on constate que la ligne entre folie et
normalité s’amenuise considérablement et ce, parce que l’univers de la pièce
met en scène une folie et des incohérences plus explicites, plus extériorisées
que ce que les situations documentaires nous donnent à voir. Le spectateur
tente constamment de séparer les fous des sains d’esprits, mais il n’y parvient
pas toujours. Cette confusion est causée par la représentation théâtrale. On
peut considérer que c’est le personnage qui est fou et non celui qui le joue.
On peut penser que le malade l’est beaucoup moins que son personnage et que,
par conséquent, il doit se transformer, exagérer sa déficience.
Dans La moindre des choses, la relation des corps transcende la représentation. Ici nous avons affaire à un monde réel, (tout de même subjectif à l’auteur) qui présente des malades que nous rencontrerons en terrain commun, lors d’un apprentissage. Ces corps qui nous semblaient étrangers deviendront rapidement plus familiers. Nous entrons donc dans un dialogue avec l’autre qui, parce qu’il connaît notre existence, nous répond, nous parle directement. De la position inconfortable de voyeur, le spectateur se sent rapidement admis, accepté par les pensionnaires de La Borde qui s’offrent consciemment à notre regard…
d’après Karine P. Labelle, 2005, Séminaire sur le cinéma
L’exprimerie publie trois nouveaux ouvrages et continue ainsi d’apostropher les psychothérapeutes de verte manière…
La première
année … et le reste de la vie
de Ruella Frank et Frances LaBarre
Du travail
avec les nouveau-nés et les enfants, en passant par l’horreur des expériences
traumatiques massives, jusqu’aux pertes qui nous gagnent en fin de vie, nous,
cliniciens, sommes maintenant en train de redécouvrir que nous vivons,
apprenons, travaillons à travers nos corps pour accueillir et nous engager dans
les relations soignantes, quelle que soit la tradition de soins dans laquelle
nous nous inscrivons.
Ici, deux
maîtres cliniciennes, l’une gestaltiste, l’autre psychanalyste, nous montrent
la danse intriquée de l’intersubjectivité incarnée, tout d’abord pendant la
première année de vie, mais aussi dans la manière dont nous interagissons en
tant que parents, en tant que membre d’un couple, et en tant que thérapeute en
travail individuel. Malgré leurs facilités à développer de multiples points de
vue, elles ont chacune, de leur côté et ensemble, développé une extrême
sensibilité au mouvement. Elles nous
montrent comment les schèmes de mouvement corporel sont au fondement des éléments
les plus basiques de l’organisation psychologique et comment des expériences spécifiquement
corporelles deviennent des expériences de la relation et de soi, et vice versa.
Je pense que cet ouvrage représente la recherche sur les nouveau-nés la plus
utile que j’aie jamais vue.
Donna
ORANGE, Ph.D. psychanalyste
Emotions,
sentiments et besoins
Une
approche humaniste
de Myriam Muñoz Polit
C’est un livre pour les spécialistes des relations d’aide et de la psychothérapie, et aussi pour tous ceux qui cherchent à comprendre la vie émotionnelle, à comprendre leurs propres sentiments et à satisfaire leurs besoins de façon appropriée.
Découvrir ce que nous ressentons et ce dont nous avons besoin, c’est quelque chose d’essentiel pour la survie, pour la vie et pour un développement harmonieux, satisfaisant et plein.
A la lumière des avancées technologiques de notre société occidentale qui créent de périlleuses manières d’être, qui créent des êtres humains qui ne connaissent ni ne savent quoi faire de ce qu’ils sentent et de ce qui leur arrive, il devient nécessaire que le scientifique contemporain théorise et approfondisse le monde subjectif, qu’il éclaire ce que signifie “être humain” de façon à nous aider à être plus libres, éthiques et solidaires.
Après tant
d’années de rationalisme exacerbé apparaissent ,sous des formes diverses, des
expressions qui manifestent la façon dont les recherches scientifiques
finissent par donner une place importante à l’émotionnel dans leurs découvertes
sur l’humain. Le travail qui est présenté dans cet ouvrage tente d’y contribuer
à son tour.
Le changement social commence à deux
de Jean-Marie Robine
Sortir la
pratique et la théorisation de la psychothérapie de la seule référence à l’intrapsychique
pour les refonder, dans une perspective de champ, sur le concept de contact et
de formations de formes, c’est le changement de paradigme qu’introduit la gestalt-thérapie
dès 1951. Dans cet ouvrage, qui prolonge le précédent “S’apparaître à l’occasion
d’un autre”, l’auteur poursuit son
exploration des conséquences de cette mutation dont nombre de dimensions
restent à élaborer.
Il y sera
beaucoup question de la dimension relationnelle de la psychothérapie, des
formes qu’elle revêt, des références et appuis qu’elle met en jeu, des conséquences
sociales des modalités de présence à l’autre. Tournant résolument le dos aux
perspectives scientistes préconisées par les politiques évaluatrices, c’est par
la philosophie (en particulier d’orientation phénoménologique) et l’esthétique
(la formation de formes) qu’il ouvre des voies pour aborder l’expérience
humaine et ainsi contribuer à la co-construction de sa transformation. Dans les
mots d’Isadore From, il y est question de créer les conditions qui permettent à
l’homme de “transformer sa parole en poésie et sa marche en danse.”
En mars, à l’iGtb…
(cliquer sur les images pour les voir en plus grand)
on rend certes hommage aux femmes, “qui sont jolies dès que le printemps est là”et on “cultive aussi son jardin”…,
mais on se rassemble aussi en AG, on se fait des films, on s’intéresse aux propositions d’expressions créatrices d’une artiste vidéaste bilingue (français /langue des signes), Sylvanie Tendron (s), bref on expérimente allègrement…
avec
“Entre autres, entraves, entrelacs”
le samedi 17 mars 2012
de 10h à 17h
animé par Sylvanie Tendron (s)
artiste vidéaste
Tarifs 40 € la journée/ adulte, 20€ enfant/gratuit - de 5 ans
Ouvert à tous, de 2 à 102 ans/
Et toujours,
—> les ateliers d’expression , Ecriture/Collage
Corps et expression de soi (06 20 25 37 75)
Notes succinctes et petits commentaires après l’intervention de Pierre-Yves Goriaux à l’iGTb le vendredi 24 février,
A la
question la relation thérapeutique a t-elle un impact dans le champ social, la
réponse est oui.
C’est une
utopie… Et en tant
que telle, elle est exigible, légitime, et réalisable…
Cela amène
à une question fondamentale, la question du politique, au sens premier du
terme, qui porte sur l’essence de toute communauté, ce qui fonde l’être
ensemble ou l’être-avec, et comment cela se constitue et se pense.
Cette
utopie ? créer de l’individu.
Constat,
c’est toujours au « malade » de faire un effort d’intégration.
Comment
passer du malade-avec-symptôme au sujet ? Etant
entendu que le symptôme est la forme de quelqu’un qui essaye de dire quelque
chose à quelqu’un qui essaye de l’entendre….
D’abord,
interroger cette évidence : l’homme est un être social.
En fait,
nous ne sommes pas des êtres sociaux, nous le devenons…
Comme si
toute communauté véritable ne pouvait qu’être en devenir.
Nous ne
sommes pas de manière innée des êtres sociaux, cela se forme dans la rencontre,
dans la relation.
Et par
exemple, dans la relation thérapeutique, qui ne s’instaure et ne se déploie que
de et par la possibilité de créer l’autre, créer l’autre effectivement,
l’ouvrant à une possibilité de lui-même.
Créer de l’autre, de l’altérité, et ce
dans une réciprocité, dans une co-individuation, un mouvement d’individuation
en appui sur d’autres.
Substituer à un raisonnement en termes d’entités (individu et/ou société) un raisonnement en termes de processus (individuation et socialisation). Un individu est un verbe plutôt qu’un substantif, un devenir plutôt qu’un état, une relation plutôt qu’un terme et c’est pourquoi il convient de parler d’individuation plutôt que d’individu. L’individuation humaine est la formation, à la fois biologique, psychologique et sociale, de l’individu toujours inachevé.
Etre
thérapeute est un acte politique, au sens étymologique de ce terme.
Il s’agit
de l’expression d’une position éthique fondamentale qui consiste à reconnaître,
affirmer et manifester que l’on n’existe pas sans l’autre.
Cela confirme, s’il en était besoin, combien une telle pensée tournée vers l’homme souffrant est aujourd’hui nécessaire pour résister à la tendance scientiste d’appréhension de l’humain et parce que ce qui est fondamentalement en cause, c’est le rapport de l’homme à l’autre et à lui-même.
C’est beau, bon et poétique, la ville… by Fritz
Des preuves, avec
L’urbotanique
est une science naturelle naissante. L’auteur, en tant que
disciple assidue de cette nouvelle science, a très vite suspecté l’existence d’une nature insoupçonnée au coeur de
nos cités archi-bétonnées. C’est ainsi
que, équipée de tout le matériel nécessaire à une observation sur le
terrain, elle est partie explorer la ville comme un jardin en soi, avec sa
faune et sa flore spécifiques, durant toute une année.
Ce carnet regroupe, saison après saison, les observations effectuées et les notes prises lors de cette première étude d’urbotanique appliquée. Il était temps de sortir des sentiers battus, pour imaginer la ville autrement, comme un vaste jardin secret plein d’humour et de poésie…
Laissez-vous guider à travers la ville pour redécouvrir les objets du quotidien grâce à un regard sacrément décalé !
«Regardons
Ici, là,
en haut ou en
bas,
à
gauche, à
droite,
Contemplons.
Amusons
nous.
Se poser
sur un banc même 2 minutes.
S’arrêter
un peu de courir et de regarder autre chose que ses
pieds.
Prendre
le temps de contempler ce qui nous entoure.
Le
redécouvrir.
Attendre.
Voir
plus que regarder.
Créer un
travail sensible,
ludique, positif et décomplexé.
Mais surtout
et avant tout :
Imaginer
des images spontanées
qui font du bien,
qui font sourire
où l’on observe et
redécouvre
le quotidien de façon
joyeuse.
Voilà ce qui m’intéresse, ce qui m’amuse.
Pour consulter le site de cette artiste du détournement urbain, c’est ici
Avec l’abeille pour témoin, ses installations dans l’espace public questionnent nos relations à l’environnement urbain, ses flux, ses tensions, ses densités et son organisation sociale, et favorisent la perception par le public des enjeux associés à une lecture de la ville différente, critique et constructive, au croisement des champs politiques et culturels.
Et en plus, on y trouve du miel
, du miel de Paris, et même différentes variétés, le Miel Béton, Trésor
public, Kapitaal…
Au coeur des «zones de butinage» de l’abeille urbaine, le Parti Poétique met en place une équipe interdisciplinaire d’artistes, de botanistes, d’urbanistes, d’anthropologues, de marcheurs, d’apiculteurs, d’habitants, de curieux… pour interroger le genre urbain et humain, dans cet espace commun à tous, l’agglomération urbaine: «la ruche des hommes».
Depuis la rue, entre terre et ciel, cette pratique singulière ouvre un terrain qui lie un geste artistique à des questionnements politiques, culturels, économiques et écologiques, par l’expertise scientifique d’un milieu, la ville, et de ses hôtes.
Conclusion : « La ville, ça a un goût ! »
Pour en savoir plus sur ce joli parti, c’est ici
Les cercles restauratifs, qu’est-ce que c’est ?
Le 3 février dernier, Nathalie et Dieudonné Dard nous ont initiés à la pratique d’une justice restaurative, qui s’avère une intéressante alternative à la justice punitive plus familière.
Origine
Dominic Barter, formateur anglais en CNV, a installé des systèmes restauratifs et a animé des cercles dans certains bidonvilles de Rio de Janeiro où il vit. Cette pratique a engendré peu à peu une telle baisse de la violence que ce système restauratif est maintenant un service reconnu, intégré au ministère de la Justice brésilien, en parallèle avec le système judiciaire conventionnel.
Pratique des Cercles restauratifs
La spécificité
des cercles restauratifs est de rassembler l’auteur et le récepteur d’un acte,
ainsi que des membres de la communauté qu’ils choisissent d’inviter pour
soutenir la résolution du conflit. Le cercle est mené par un facilitateur qui
utilise un processus de dialogue pré-défini.
Ce
processus de dialogue, guidé par le facilitateur,
- favorise
une compréhension mutuelle entre individus,
- invite
chacun à reconnaître sa responsabilité,
- suscite
la recherche d’actes réparateurs.
Ce
processus éducatif, qui favorise écoute et respect mutuels, offre une
alternative intéressante aux punitions, sanctions et autres peines, en privilégiant
la piste réparatrice et en contribuant à rétablir les relations entre les protagonistes d’un conflit.
Parce que ce processus met en contact l’auteur et le receveur de l’acte, il permet une prise de conscience par l’auteur des conséquences de son acte. Ce type de dialogue favorise une telle compréhension mutuelle qu’il entraîne au fil du temps, non seulement un changement de comportement, mais il diminue fortement le risque de récidive chez les auteurs.
Cette pratique améliore les relations entre les personnes, elle offre de gérer les conflits de façon durable. Dans le moyen et le long terme, les personnes prenant part à des cercles acquièrent peu à peu des compétences pour gérer elles-mêmes les conflits. Les responsables voient leur tâche nettement facilitée et allégée.
La pratique des cercles permet de réguler le climat social et d’humaniser les relations. Elle contribue également à l’éducation, à la responsabilisation, à l’autonomie, à la diminution des risques de récidive.
Objectifs
de la mise en place d’un système restauratif
- Soutenir le
groupe à vivre les conflits de façon positive, à en tirer des enseignements et à
favoriser un climat de bien-vivre
-Développer
le respect mutuel
-Encourager
la prise de responsabilité des actes commis
-Eveiller la
conscience par rapport à l’impact des actes posés ou non
-Apprendre à
être empathique, à rejoindre l’autre dans son intention positive
-Développer
des ressources pour la gestion des conflits et la capacité de trouver des
alternatives plus acceptables socialement que les actes posés
-Nourrir et
restaurer les liens dans la communauté
-Stimuler la
prise de parole, l’affirmation de soi, notamment des personnes qui ont des
difficultés à s’affirmer
-Renforcer
la créativité et la prise de décision dans le choix de plans d’actions
restauratifs.
Résultats
-Co-éducation
par les membres de la communauté
-Amélioration
des relations entre les membres de la communauté
-Diminution sensible de la récidive et des conflits
-Moins de
travail de gestion de la vie ensemble car la pratique des Cercles restauratifs
favorise la prise de conscience de l’impact de sa façon d’être et d’agir, la
prise de responsabilité et ainsi davantage d’auto-discipline
-Occasion de
croissance pour tous
En février, à l’iGtb… (cliquer sur les images pour les voir en plus grand)
on fait certes sauter des crêpes et on boit du cidre, et on s’offre aussi, of course, quelques beaux serments d’amour…
« Voici des fleurs, des fruits, des feuilles et des branches,
Et puis voici mon coeur
Qui ne bat que pour vous
Ne le déchirez pas avec vos deux mains blanches… Et qu’à vos yeux si beaux, l’humble présent soit doux (Verlaine)
mais en lien avec notre thématique du moment, “Entre autres”, on s’intéresse aux autres, à tous les autres, à la qualité de la relation que l’on est susceptible de co-construire, à ce que cela signifie de s’engager dans le contact et à quelques conséquences sociales que cela pourrait avoir…
avec
le vendredi 3 février de 19h30 à 21h30
animé par Nathalie et Dieudonné Dard
Ouvert à tous/ Petite collation
Participation 5 €
le vendredi 24 février de 19h30 à 21h30
animé par Pierre-Yves Goriaux
directeur de l’Institut Français de Gestalt-thérapie
Ouvert à tous/ Petite collation
Participation 5 €
Et aussi,
—> les ateliers d’expression , Ecriture/Collage, le lundi 13 février à 19h30
// Corps et expression de soi (06 20 25 37 75)
Atelier écriture/collage border line du 19 janvier à l’iGtb
Pour un parcours transfrontalier…
Commencer le voyage en s’exposant à l’étrangeté d’une autre langue. Une langue inventée, comme celle du Sonnet en langue inconnue de Marc Papillon, seigneur de Lasphrise (1597)
Cerdis zerom deronty toulpinye,
Purois harlins linor orifieux,
Tictic falo mien estolieux,
Eulfiditons lafar relonglotye.
Gerefeluz tourdom redassinye;
Ervidion tecar doludrieux,
Gesdoliou nerset bacincieux,
Arlas destol osart lurafirie. (…)
Que nous disent ces mots jamais entendus ? Quelles significations leur prêter ?
Se peuvent-ils traduire ?
Parfois l’impression d’opacité est telle qu’on éprouve un sentiment d’exclusion, on est comme laissé à la frontière (passage ou limite ?). Parce que le sens se dérobe, inatteignable - existe-t- il seulement ?- on cherche à se raccrocher à des sonorités familières, à identifier une origine, à ramener de l’inconnu à du connu.
Ou bien on se laisse entraîner sans résistance : le texte devient matière sonore, tout désir d’interprétation s’abolit. Ne reste de la langue que sa présence musicale, si souvent secondaire, occultée par le sens dans l’ordinaire de la communication, quand la fonctionnalité prime.
Projeté vers l’inconnu par ce premier « bain de langue » qui agit comme une préparation un peu magique au dépaysement, partir pour un périple encore mystérieux, dont l’itinéraire est à découvrir, dont les chemins s’offriront selon leur bon vouloir.
Comme « l’enfant amoureux de cartes et
d’estampes », s’imaginer par exemple
- un jet de dé sur un planisphère nous y transporte - en Mer de Norvège.
Evoquer l’atmosphère, rendre compte de nos sensations, les écrire. Et constater
qu’il est bien difficile de s’abstraire des clichés, de ces lieux communs d’un monde partagé, comme si aucune terre n’était
vraiment inconnue pour notre imagination nourrie de représentations déjà là.
(Hypothèse : le voyage
n’est-il pas aujourd’hui la confrontation de ces images avec le
réel ? )
La mer de Norvège charrie avec elle tout un lot de clichés…
des sons, gémissements du vent dans les haubans d’un chalutier rustique, craquements, grincements, coques, poulies, chants rauques de marins, aboiement de chiens de mer, glapissement des mouettes
des sensations, air glacial, froid mordant, glaçons agrippés aux moustaches, odeurs âcres, fortes, poissons, saumure, des noms de poissons, harengs, flétans, et autres morues
des visions, mer d’un bleu profond, icebergs hautains qui dérivent, halo vert des aurores boréales
bref, je parle le poncif couramment
Langue inconnue 2
Ecouter un chant, sans accompagnement, d’une simplicité extrême.
Cette fois, la langue inconnue existe, elle se parle, elle se chante en un certain lieu du monde. Par le truchement d’images à associer dans un collage, dans un autre langage donc, tenter de l’interpréter.
Puis proposer cette composition, traduction visuelle d’impressions sonores, pour une nouvelle interprétation. D’abord textuelle : dire à l’aide de mots ce qu’évoque chaque collage

Le monde est
plein d’énigmes indéchiffrables. Fleurs montrées du doigt qui poussent dans les
déserts jaune d’or, éclaboussures de sang dans l’herbe des pelouses
géométriques et, sous les crânes, les rêves d’amitié éternelle. Dans
l’écriture illisible du temps, singe et sphinx racontent des histoires
rectilignes et pourtant pleines de bruit et de fureur.

Musique, danse, classique
Chant, chute, classieux
Envolée de neige prussique
Autour de ces beaux messieurs
Bulles de vert posées sur le dessin
Vaporeux nuages, tels un essaim
C’est sans doute un instantané d’un concert de la mano negra en terre oromo. D’un côté la jeune Lamano, perplexe, de l’autre sous les feux croisés et violacés des projecteurs, Negra avec toutes ses mains mimant le refus de la mondialisation et la fin des frontières en même temps. Comme il est assez énervé, il emploie toutes ses mains, ce qui crée à la fois un spectacle assez dérangeant et significativement digital. N’empêche, tout ça se démène comme de beaux diables survitaminés (on voit des restes d’oranges et de citrons parsemer la scène). C’est certainement une soirée incompréhensible et inoubliable pour les oromos.
Quelque chose dans cette composition d’assez tragique dans le fond. Homme nu un peu décharné, visage creusé, hurlant, ou homme obèse, pistolet sur la tempe, visage renversé, désespéré… et entre les deux, les multiples regards, interrogateurs, inquiets, intrigués, réprobateurs, dubitatifs, lucides du chien dupliqué sur fond de billets de banque. Freud domine et observe la situation drapé dans sa neutralité dont on ne sait pas vraiment dire si elle est bienveillante.
Musicale ensuite : laisser l’image « appeler » une musique. Et tenter de la décrire à défaut de pouvoir la composer.
Correspondances… Fluidité des transferts, truchements à n’en plus finir… Au cœur de cette circulation qui abolit les séparations, les frontières, nous sommes interprètes du monde.
En janvier, à l’iGtb…
(cliquer sur les images pour les voir en plus grand)
on célèbre l’épiphanie (manifestation de la lumière), avec cette galette dont on gardait dans le temps une part pour les déshérités, et en cette période dévolue aux voeux et autres résolutions, on continue de réfléchir à comment cultiver une “écologie” des relations et prendre l’option d’autrui …
avec un cycle de 3 ateliers, thérapeutiques et expérimentaux, ouverts à tous, et dont la vocation sera d’interroger quelques évidences… le premier (voir ci-dessous) cherchera par exemple à définir avec ses participants la valeur de l’argent, et donc le tarif d’un atelier expérimental tel que celui-ci. Le deuxième (en mars) questionnera ce que nous savons ou croyons savoir de nos émotions, et le dernier (en mai) essaiera d’explorer le fait qu’écouter l’autre, c’est aussi s’écouter soi…
et un cycle de conférences : “Entre autres”
(de 19h30 à 21h30 environ / IGTB 7 place Emile Zola, Talence / participation 5€)
Le vendredi 3 février : Nathalie et Dieudonné Dard nous feront découvrir les “cercles restauratifs” comme moyen de résolution des conflits
Le vendredi 24 février : Pierre-Yves Goriaux évoquera l’impact de la posture thérapeutique dans le champ social
En Avril (date à définir) : Dominique Michel et Bernadette Godmer tenteront de définir ce qu’est ou ce que pourrait être la convivialité
En Juin (date à définir) : Maëlle Andriamanjay montrera comment s’acheminer d’une EGOlogie vers une écologie des relations
le vendredi 27 janvier de 19h30 à 21h30
et le samedi de 9h30 à 17h30
animé par Pierre-André Beley
et Dominique Michel
Ouvert à tous
Et toujours, —> les ateliers d’expression , Ecriture/Collage // Corps et expression de soi (06 20 25 37 75)
Complainte
que chantait le bœuf à l’âne Moi je suis
le boeuf. Je suis boeuf c’est vrai.
Un enfant a
dit un jour Maman regarde le boeuf
J’ai su que
j’étais boeuf.
Je suis
intelligent comme un boeuf.
C’est
confortable d’être boeuf.
On est à
l’aise dans une grande peau.
Je ne suis
pas mécontent d’être boeuf.
On tient
sur ses quatre pattes
et on n’a
qu’à baisser la tête pour manger.
Parfois
je rêve.
Je rêve
en marchant
en
marchant de long en large comme un gendarme
qui se
promène.
Alors je
rêve que je suis oiseau.
Ça doit
être drôle d’être oiseau.
On a des
plumes on a des ailes.
Un
oiseau ça vole. C’est tout dire.
Une fois
j’étais déjà boeuf
- mais pas
autant que maintenant -
il y a très
longtemps
il y a bien
deux cents boeufs depuis
de père en
fils
- s’il m’est
permis de m’exprimer ainsi
mais il y a
des secrets dans toutes les familles
bon j’étais
déjà bœuf
et j’ai vu
quelque chose de pas banal pour un boeuf.
Il faisait
nuit. Il y avait une étoile qui jouait
comme une
grosse mouche d’or
entre mes
cornes.
Parfois
je rêve.
Je rêve
en mangeant.
Je rêve
que je suis mouche.
Ce doit
être drôle d’être mouche.
Une
mouche ça vole c’est tout dire.
On peut
embêter les bœufs.
Tandis
que quand on est bœuf
on ne
peut pas embêter les mouches.
Je suis
intelligent.
Forcément
je suis boeuf.
Il faisait
nuit oui nuit nuit.
Je me
promenais sur mes quatre pattes
une après
l’autre.
J’ai vu une
porte ouverte.
J’ai passé
ma tête de boeuf.
Il y avait
là une jeune femme brune
un homme et
sa barbe
et un petit
enfant.
Pourquoi je
suis entré je ne sais pas.
Cela m’a
fait comme si une voix ordonnait :
entre donc
front de boeuf
une voix
comme qui dirait d’un Grand Boeuf.
Parfois
je rêve.
Je rêve
en mangeant avec mes cinq estomacs.
Je rêve
que je me promène dans le ciel.
Ça doit
être drôle d’être étoile.
Une
étoile ça vole c’est tout dire.
C’est
bête les rêves.
Ça vous
vient quand on a trop mangé d’herbe à boeuf
ou de
trèfle
ou de
luzerne
ou de
simples.
Je me
souviens bien. J’ai une mémoire de bœuf.
J’étais
déjà bœuf et j’étais entré dans la crèche
et là il y
avait un enfant nu.
C’est petit
tout petit
petit comme
une tête de boeuf
un enfant
nu.
C’est rose
un enfant nu.
C’est une
rose.
C’est plus
nu qu’un poussin qui sort de l’oeuf
plus nu
qu’un colchique d’automne
quand ça a
froid.
Parfois
je rêve.
Je rêve
entre mes cornes.
Chacun
sait que j’ai l’air songeur.
Je rêve
que je suis oeuf.
J’éclate
en petits morceaux
blancs
et je sors de l’oeuf
boeuf
avec mes
quatre pattes
ma queue
qui balance
et mes
cornes qui avancent
quand je
fais semblant
de n’être
pas content.
Je me
souviens. Moi bon boeuf
couleur des
colchiques.
Je baisse
la tête vers l’enfant
et je
souffle. Comme un boeuf:
bien
doucement.
Parfois
je rêve.
Je rêve
que je suis souffle.
Je
flotte dans l’air du soir
au-dessus
de la mare
à la
hauteur des peupliers
et du
rouge soleil couché.
Alors je
fais meuh.
Les
enfants de l’école
qui
cassent du bois
pour le
premier feu
disent
entre eux :
c’est le
bœuf
Ils ne
se trompent pas :
je suis
le boeuf.
Mais je me
souviens. J’ai soufflé tendrement
sur l’enfant
comme un
bon boeuf
veuf
et l’enfant
a ri.
Et la mère
a souri.
Et le père
a dit :
Marie.
Moi je suis
le boeuf
dont la tête brille en or
sur la
boutique rouge du boucher
- et qui se
demande bien pourquoi
parfois.
Armand Lanoux
c’est la hotte de Fritz
ou un petit mesclun paternatalofatatlste…
Quelques cadeaux tout de même émergent du tas, toujours plus anapurnesque à cette période pourtant dite de crise, de marchandises à consommer
Cultiver une vraie bague végétale,
pourvoyeuse d’une réserve personnelle de chlorophylle
et donc d’oxygène,
et que l’on doit au designer islandais Hafsteinn Juliusson…

Sportif et poétique
Ah, chevaucher ce fringant et poétique hippo-vélo,
que l’on doit au designer Eungi Kim
Ou alors adopter un nuage,
qui vous suivra partout comme un animal de compagnie
c’est le Pet Cloud de Michael Casker
Mais bon sang, c’est vrai ça au fait, c’est qui, ce gros barbu habillé de rouge qu’on voit partout ?
Absolument rien à voir avec moi, Fritz, même si nous avons vaguement quelques points communs…
Parce que s’il y a une icône, à ne surtout pas abîmer en cette période, c’est la représentation omniprésente d’un bon gros bonhomme à bonnet rouge, bottes noires et barbe blanche… distribuant abondamment des cadeaux, il semble en effet au-dessus de tout soupçon. Et pourtant, nous sommes en présence d’un imposteur, voire un usurpateur, bref une sorte d’escroc… et bien sûr nous ne voyons rien, endormis que nous sommes par son air débonnaire et jovial… Mais ce n’est pas parce que c’est Noël qu’il faut croire n’importe quoi, quand même… Lisez plutôt cette reconstitution de la vérité historique avant de vous faire un avis.
Les fêtes
du solstice d’hiver ou saturnalia
A l’époque de la Rome
antique, les romains célébraient la fin du solstice d’hiver. La fin de l’année
solaire (solaire, pas scolaire) était fêtée, à grand renfort de libations et de réjouissances, pendant
les « saturnales », en référence à Saturne, dieu des semailles et de la
fertilité, et qui préside aux choses du temps… Et ces « saturnales » se déroulaient du 17 au 24
décembre. En famille ou entre amis, revêtus de tuniques blanches, les
romains se réunissaient alors pour faire la fête, dans des décors de guirlandes
de végétations,faisaient bombance et s’offraient des figurines ou des statuettes en
terre, des pains ou de la nourriture. Bon, mais il ne semble y
avoir aucun lien avec un bonhomme rouge à barbe blanche… Alors ? Continuons…
Des années plus tard (tâchons d’être précis avec la chose historique … d’ailleurs, d’après de récents calculs, Jésus-Christ serait en fait
né entre -5 et -7 avant JC… !), l’Eglise chrétienne instaure son
calendrier, afin notamment de détrôner les fêtes et les rites romains et
païens. Ainsi pour remplacer les saturnales, l’église décrète que le
25 décembre sera la fête de la naissance du Christ ! Non seulement l’Eglise christianise une fête païenne, mais en plus elle ancre dans
la tradition chrétienne un évènement majeur, qui n’était pas encore célébré :
la naissance de l’enfant –dieu !
Ceci donne donc l’explication
de la création du jour de Noël, mais toujours pas du Père Noël ! Quoique en Russie et en Finlande,
on raconte que le père Noël serait un quatrième roi mage qui offre des
cadeaux aux enfants car, trop au nord de la planète pour voir l’étoile du
Berger à l’époque, il n’aurait jamais atteint Bethléem.
Saint Nicolas (ayant vécu entre 270 et 343
environ), saint assez méconnu, bien que devenu très populaire dans le nord et
l’est de la France et en Belgique, voyageait à dos d’âne et aurait réalisé en
son temps quelques miracles, notamment ressusciter trois enfants, ce qui en a fait le protecteur des enfants. Vers le 16ème siècle, la réforme protestante
met fin à la tradition de fêter Saint Nicolas en Europe, mais les Hollandais parviennent à conserver leur « Sinter Klaas » et la distribution
de cadeaux qui va avec. Ceux qui migrent vers l’Amérique emportent là-bas cette
tradition où, après quelques adaptations culturelles, Sinter Klaas devient
Santa Claus et change progressivement d’apparence…
On situe ensuite en 1821, une
des grandes étapes de la transformation du bonhomme… A cette date,
un pasteur nommé Clément Clarke Moore rédige un conte de Noël pour ses enfants,
qu’il intitule « The night before Christmas » (la nuit d’avant Noël), dans
lequel le Père Noël fait son apparition, dans son traîneau, tiré par des
rennes. Ce même auteur rédigera également un autre texte, intitulé « A visit
from St Nicholas » (la visite de Saint Nicolas), dans le journal « Sentinel »
de New-York le 23 décembre 1823, où il était question de lutins distribuant des
cadeaux en les jetant par les cheminées et d’une carriole tirée par huit
rennes. Ce récit a été traduit et diffusé dans le monde entier…
En 1863, le journal «
Harper’s Illustrated Weekly », par son dessinateur Thomas Nast, va diffuser
pendant plusieurs décennies un Santa Claus se rapprochant de l’image actuelle
de notre Père Noël accompagné de ses fidèles rennes: costume rouge à fourrure blanche, ceinturon de cuir sur un
large ventre, barbe blanche, aspect jovial.
En 1865, l’illustrateur apporte une précision importante : Santa Claus vient du
Pôle Nord…Ce détail sera d’ailleurs
repris en 1866 par l’écrivain américain George P. Webster, qui dépeindra
l’atelier et la maison du « Père Noël », enfouis sous les neiges du long hiver
au Pôle Nord…
Bien que couramment répandue, l’idée que la firme Coca-Cola soit à l’origine de la création du Père Noël dans sa configuration actuelle n’est pas exacte. Il reste certain que, dès 1931, Coca-Cola participe largement à la popularisation de l’image du Père Noël grâce à ses campagnes publicitaires montrant le débonnaire personnage rouge buvant la fameuse boisson, entouré d’enfants.
On voit donc que notre sacré
Père Noël revient finalement d’assez loin… !
l’atelier d’écriture/ lecture/ collage expérimental du 14 novembre,
ou l’art d’apprivoiser le chaos, by Fritz
« On
ne peut plus approcher notre univers
de manière linéaire avec des a priori, des dogmes et des concepts ;
ce chaos-monde
imprévisible, il faut l’approcher avec les forces de l’imagination. » E. Glissant
Ça a commencé par le chaos de Glissant et l’ordre que l’on devine après (toujours après) dans le cours désordonné des temps de Queneau.
Après le chaos et l’avalanche, le calme de l’atelier : on dessine, on déchire, on noircit, on colle. Sur le tableau qui les expose, les traces des contacts comme qui dirait des plaques tectoniques de la maîtrise et de ce qui n’a pas de maître.
Puis il y a eu du son. Parfois désagréable à entendre, quelque chose entre le bruit et la musique, de la bruisique qui, lorsqu’on finissait par ne plus s’attendre à rien, ressemblait aux mouvements violents de l’air sur un paysage disons inhumain.
Ensuite
de la peinture de Bacon. Moi, lorsqu’il est question de Bacon, je revois cette
photographie où l’artiste est dans son atelier. Il y a dans ses tableaux
quelque chose qui fait penser à des personnages surpris dans un mouvement –ils
sont, même immobiles, agités de spasmes, de convulsions- au moment où ils sont
pour ainsi dire désossés. Comment écrire la danse (horrible ? fascinante ?
érotique ? agonisante ? ) de ces corps, de ces muscles, alors que les
mots charpentent tant bien que mal notre parole, notre souffle.
Puis
du Lautréamont. Chacun y va de ses souvenirs de lecture. Moi, c’est le « tu
ne connaîtras jamais bien les Mayas » qui accompagne les Chants. J’avais
oublié la frénésie, le grotesque, le massacre joyeux de la littérature molle.
Le scarabée qui pousse la femme morte, les remparts de Saint Malo, le combat que se livrent dans le
ciel les deux rapaces, c’est le dessin beau comme un graffiti précipité sur un
mur écaillé d’asile.
Encore
du son. Cette fois-ci, c’est une musique qui a voyagé, qui voyage encore, qui
porte les traces audibles et silencieuses du trajet, depuis on ne sait quelles
vallées, quelles clairières, quelles berges de fleuve jusqu’aux fins de terre
atlantiques et méditerranéennes, qui ne cesse de nous parvenir, une musique
nomade qui trimballe des morceaux de rite.
Enfin il y a eu l’architecte de Topor. Si on s’identifie aux corps entassés dans la sorte de cuve, l’idée de se faire fouler aux pieds par des types en chapeau melon est désagréable, surtout (?) pour qu’un autre type en chapeau boive on ne sait quel liquide (innommable ?) tiré par ces vendanges très politiques. Mais pourquoi faut-il que nous soyons les victimes ? Si nous savourions ce liquide, et que nous en ayons conscience, le sentiment de culpabilité que nous ressentirions ne serait-il pas encore plus désagréable ?
“Il faut beaucoup de chaos en soi pour accoucher d’une étoile qui danse.” F. Nietzsche