Le carnet de Fritz

On est injuste avec les oies...

5juillet

Ou l’atelier Lecture et Criture du 14 juin 2010

 On est injuste envers les oies. Les oies aiment lire et écrire  (n’ont-elles pas, pendant  des   siècles,   donné leurs plumes  et contribué ainsi, bien qu’avec discrétion et en toute humilité, à l’existence de la littérature ?) Elles aiment aussi, cela se sait peut-être davantage, le jeu.  Alors vous pensez  si  l’association des  trois leur plaît !

         Une oie, deux oies, trois oies, quatre oies, cinq oies, six oies , c’est toi ! Nous sommes justement sept participants ce lundi  de juin, au dernier atelier de la saison 2009 /2010. Pour commencer à jouer, nous n’avons pas eu recours à cette comptine bien connue des récréations, nous avons tout simplement lancé le dé et nous en sommes remis au hasard des chiffres.  Quoi qu’il en soit , il s’agit bien de progresser le long d’un parcours, un jeu de l’oie réinventé,  d’avancer de case en case et selon celle où le sort nous arrête, de se livrer à diverses activités : lectures de textes (apportés par soi, par d’autres, ou piochés dans une corbeille préparée à cet effet), exercices d’écriture menés de pair avec les autres joueurs et alimentant  une réserve de lecture susceptible de servir  ensuite, pour peu que la carte correspondant à la case sur laquelle on « tombe » (vous suivez ?) porte par exemple  la consigne : « Lire le dernier texte écrit par votre voisin de gauche ».

          Au lieu de prison ou de puits, des gages : lire une fable de La Fontaine d’une manière snob. Ou pressée. Ou encore avec l’accent marseillais : Le Coche et la Mouche prend alors une saveur très particulière, le chant des cigales se devine sous le  bourdonnement  de l’importune.

        D’abord  tranquille, le jeu s’accélère, prend  un rythme plus intense  et l’allure d’une exploration, joyeusement décousue,  des jeux littéraires les plus pratiqués : anagrammes, bouts rimés, logo rallies, textes à partir d’images, haikus à thèmes, poèmes à partir de mots librement associés, description de pays imaginaires, textes  anaphoriques…Foi d’oie, un vrai feu d’artifice ! Un bouquet final pour conclure une année où, au cours de ces ateliers d’écriture et de lecture réguliers, chacun a appris à mieux se connaître, à mettre au jour des goûts, des aspects de soi, des traits enfouis  dans la mémoire et qui, révélés, aident un peu à se comprendre. On se découvre à travers ce que l’on écrit, dans la littérature on s’explore et l’on s’ouvre  en même temps  à ce qui n’est pas soi.


         Passez-moi donc le sel, vous serez bien urbain

Et ne vous offusquez pas que ma main vagabonde

Sous vos frou-frou coquins vers votre arrière-train

Car Cupidon protège même ceux que Zeus gronde.

Si précieux pour ton âme que soit le vaste monde

Ne prends jamais l’avion qui donne l’air hautain

Voyage sur des rails, aie l’humeur vagabonde

Rêve au gré d’aiguillages, voyage par le train…

Quelques flocons volettent en boucle

Des rayons  de soleil comme des paillettes

Fin d’hiver ? Début de printemps ?


La feuille en haut à gauche

Crie plus vert que les autres

Eh bien, je la comprends !


Dans ce pays , le sol est élastique, on ne marche qu’en ayant l’air de danser, ce qui donne à tout le monde une allure extrêmement  dynamique et joyeuse. Car chaque pas en appelle irrésistiblement un autre et l’on ne se lasse pas d’avancer encore et toujours, égayé de peiner si peu, d’éprouver si peu de fatigue à projeter son corps dans la direction où l’on veut aller. On ne recule guère, comme transporté d’enthousiasme. Il ne viendrait à l’idée de personne de s’arrêter. On appelle « progrès » ce grand élan général.

Jérôme nous amuse et s’amuse à l’envi
Dans ce rassemblement où sa muse l’envie
Cette chorale étrange embarquée en coquille
Comme un navire oblong d’une petite flottille
Entourée d’oiseaux rares, de poissons improbables
Sur le mât, en vigie, des poulets consommables
Et au fond du plan d’eau l’orchestre à nouveau cloche
Dans le monde morbide et fou de monsieur Bosch.


Ne serait-ce qu’un moment

Ne serait-ce qu’un soupir

Ne serait-ce qu’un rempart contre l’ennui

Ne serait-ce qu’un chant de retour

Ne serait-ce qu’un vol de palombe

Ne serait-ce que le parfum d’un lilas

Ne serait-ce qu’un mot de trop

Ne serait-ce que la fin d’une histoire

Ce serait pourtant une sorte de paradis.

Transfert (s) ?

28juin

By Fritz
Rencontre réseau : Groupe de réflexion sur le 'Transfert'
avec Valérie Muller, Annie Bouhier, Bernadette Godmer, Geneviève Rosine et Didier Lambert
Parler de Transfert nous invite d’emblée sur le divan du psychanalyste qui utilise ce concept comme levier de travail, mais c’est dans les confortables fauteuils de l’IGTB que Didier, Annie, Geneviève, Bernadette et Valérie nous ont conviés à une causerie informelle autour de ce thème.

« Nous sommes toujours avec du transfert » a dit Marie Petit. Ces propos, qui peuvent paraître étonnants venant d’une gestalt-thérapeute, ont conduit à réfléchir à ce qui est référé lorsque nous parlons de transfert. La théorie psychanalytique a beaucoup évolué depuis Freud et évolue encore, et parler du phénomène de transfert ne peut se faire qu’en cohérence avec une théorie spécifique. Mélanie Klein, Jung, Lacan, Reik, Adler, Bion, Kohut, Winicott, Dolto et bien d’autres encore ont marqué leurs dissensions et adopté une position différente. Nous rencontrons par conséquent une polysémie terminologique qui requiert un long travail de recherches. Or l’ambition n’est pas là d’approfondir une notion de transfert que d’autres ont pensé avec érudition et pertinence, mais d’examiner la cohérence de parler de transfert dans une perspective de champ au regard de la théorie du Self et de tenter de cerner les analogies entre transfert psychanalytique et théorie gestaltiste.

 En tant que thérapeutes, il nous paraît à la fois incontournable, intrigant, énigmatique, voire symbolique de s’interroger à l’endroit du dit « transfert » ainsi que de son jumeau tout aussi célèbre, le « contre- transfert ». Non pas en vue de définir une réponse aux contours précis, d’épuiser le sujet, mais plutôt dans l’espoir d’ouvrir à quelques éclaircissements, quelques directions quant à son potentiel signifiant et ses conditions d’utilisation à visée thérapeutique, à quelle idée nous nous en faisons, à quelles sensations il nous convoque ?

Evoquer le transfert nous invite à du mouvement, à de la translation, à un aller-retour, mais sous quelle forme ? dans quelle mesure ? saine ou pathologique ? quelle est la part d’insu ? quelle serait sa fonction ? sa nature ? qu’en est-il de sa possible identification ? dans quel contexte ? de quel genre de représentations est-il porteur ? est-ce un phénomène humain toujours à l’œuvre ? quel est son alter-égo en gestalt-thérapie, lorsque nous évoquons les phénomènes de frontière tels que «  projection-introjection » ? qu’en est -il de la notion de temporalité et d’intentionnalité ? 

 Ces questionnements non exhaustifs illustrent en partie la complexité ainsi que l’inachevé de ce processus. Chaque question ouvre une autre interrogation. Il est délicat, dans ces conditions, de proposer une forme consensuelle et structurée, au gré de nos rencontres et l’hypothèse selon laquelle chacun traiterait d’une partie du sujet en vue de l’exposer s’est évanouie en même temps que son ballot de conformités. Nous avons donc pris en compte ce phénomène, en vue de l’ouvrir à la nouveauté. Le désir de partager notre « voyage » plutôt que d’en «  rendre contenu » s’est fait prégnant et a été le moteur de notre présentation.

Ce faisant, nous n’avons néanmoins pas réussi à transmettre tout le travail de recherches et de réflexion qu’a effectué notre groupe durant cette année de tâtonnements. Le compte rendu qui suit vise à mettre en forme non pas le déroulement de la soirée, mais le travail personnel de chacun partagé et mis ici en commun en une co-construction.

Pour lire l'ensemble du travail effectué par le groupe de réflexion sur le "transfert', cliquer ici  CR_Transfert_s_.doc

Et sur le thème, un point de vue qui ne manque pas d'intérêt, celui de François Roustang                                

Mesclun à ouïr...

21juin

By Fritz, très mélomane (c’est de saison)

avec, dans des genres assez différents :

  • Une magnifique improvisation, qui fait qu’on entend ce morceau comme si c’était la première fois : Elle, sensuelle et précise et lui, virtuose et généreux… a capella. Elle, c’est Aziza Mustafa Zadeh, dont le père pratique le « mugham-jazz fusion », mélange de jazz et d’un style d’improvisation traditionnelle d’Azerbaïdjan. Et lui, c’est Bobby MacFerrin, qu’on ne présente plus…  à ouïr sans modération
    ici, Carmen habanera by BobbyMc Ferrin &Aziza Mustafa Zadeh ou ci-dessous
 

  • un étonnant duo, né en Suisse vers 1996, composé de Christian Zehnder (voix, chant diphonique, yodle, accordéon, bandonéon, bandurria, tuyaux d’orgue, tire-lait, …) et Balthasar Streiff (cor des Alpes, alpophone, büchel, cornet, trompette baroque, tuba, shophar, voix, …), c’est Stimmhorn, un univers musical très inventif, à base d’expérimentations improbables… mais oyez plutôt, ici  Stimmhorn Triohatala ou là


  • Et pour finir, un peu de musique brisée, que l’on doit au tchèque Milan Knizak.  En 1963, Milan Knizak s’installe sur un trottoir, non loin du Pont Charles, à Prague. Il pose un tapis à même la rue et s’y s’installe avec des livres dont il arrache les pages avant de les brûler… et de partir. Spectaculaire et volontiers énigmatique, le happening ne peut qu’attiser la curiosité du spectateur. Ce but est d’ailleurs clairement revendiqué par ses chefs de file. ” Notre activité a pour but la prise de conscience : c’est un engagement public sans violence ” écrit Mlynarcik en 1965. Les thèmes politiques ne sont jamais abordés directement, mais l’intention est claire : il s’agit de réveiller le sens critique du public. Et pour cela, tous les moyens sont bons. Ecoutons Knizak en 1964: ” Nous devons utiliser les formes maximalement efficaces, c’est-à-dire : le naturalisme, la provocation… Choquer, convaincre, dehors, avec l’aspect agréable de l’art “. 
    Vers 1963, je me suis acheté un électrophone, mais je n’avais que quelques disques que je me suis mis à passer sans arrêt ; puis c’est devenu ennuyeux d’en avoir si peu… Et toujours la même musique ; alors j’ai cherché à la rendre plus intéressante : j’ai commencé à passer les disques au ralenti, en accéléré… Bientôt ça ne m’a plus suffi, je me suis mis à les casser et à les rayer. Ce fut le début de mon projet “broken music”. “   à bon entendeur  !    C’est là :


concert_dans_oeuf-small.jpg

La pelle du 18 juin...

18juin

By Fritz, mauvaise langue…

1. 18 juin : Sarkozy rend hommage à ceux qui “se batturent”…
En visite à Londres pour célébrer le 70ème anniversaire de l’appel du 18 juin 1940, le président Sarkozy a fait un dicours au Royal hospital Chelsea. L’occasion de faire fourcher sa langue. Après la bravitude de Ségolène, Sarkozy n’est pas en reste, avec un “ils se batturent”… que le Blog des correcteurs du Monde a relevé : ”Quelles qu’avaient pu être avant la guerre leurs opinions, ils se batturent tous au fond pour la même idée de la liberté, la même idée de la civilisation...” Grosse fatigue ou défaut de conjugaison ?

 2. 18 juin : Fritz rend hommage à L’internationale Hallucinex, revue-tract à détruire. Les cahiers noirs du soleil n°3, Paris, Le soleil noir éditeur, 1970, où l’on trouve en page 15, un traitement de l’Appel du 18 juin par la méthode oulipienne S - 5

« Les chebecs qui depuis de nombreux annalistes sont à la testostérone des armateurs français ont formé une gouttière. Cette gouttière, allégeant la dédorure de nos armateurs, s’est mise en rapinière avec l’enlumineur pour cesser le colvert.
Certes, nous avons été, nous sommes submergés par le forain mécanique, terrestre et aérien, de l’enlumineur.Infiniment plus que leur noli me tangere, ce sont les chapiteaux, l’aviation, les tacomeos des allegrettos qui ont surpris nos chebecs au point de les amener là où ils en sont aujourd’hui.
Mais le dernier mosaïste est-il dit ?  L’espalier doit-il disparaître ? La dédorure est-elle définitive ? Non !
Croyez-moi, moi qui vous parle en conjuguée de caudrette et vous dis que rien n’est perdu pour Fra Angelico. Les mêmes moutures qui nous ont vaincus peuvent faire venir un jour le vicomte.
Car Fra Angelico n’est pas seul ! Il n’est pas seul ! Il n’est pas seul ! Il a un vaste empiètement derrière lui. Il peut faire bleuissement avec l’empiètement britannique qui tient le ményanthe et continuer la lutherie. Il peut, comme Anglebert, utiliser sans limes l’immense induline d’Etampes.
Cette guérilla n’est pas limitée au terrien malheureux de notre pavot. Cette guerrilla est une guérilla mondiale. Toute la faune, tous les soufflets, n’empêchent pas qu’il y a dans l’unioniste, toutes les moutures pour écraser un jour nos enlumineurs. Foudroyés aujourd’hui par le forain mécanique, nous pourrons vaincre dans l’aveline par un forain mécanique supérieur.  Le dessous-de-table du monarque est là.
Moi, Martin Charles Gaudin, actuellement à Londerzeele, j’invite les offices et les sols français qui se trouvent en terrien britannique ou qui viendraient à s’y trouver, à se mettre en rapinerie avec moi. Quoi qu’il arrive, la flamberge de la résille française ne doit pas s’éteindre et ne s’éteindra pas.
Demain, comme aujourd’hui, je parlerai aux radiés de  Londerzeele.
 » 

3. 18 juin : match burlesque, que l’on doit aux Monty Python, celui-là !
Aller jusqu’au bout pour connaître l’incroyable score… regardez là le football de la philosophie
(et non l’inverse)
ou ci-dessous

Mesclun tendre ... et esthète

7juin

By Fritz  (voir la recette du mesclun) qui aime l’art ici ou là,… car “l’art est un moyen pour rendre la vie plus intéressante que l’art

  • A Bordeaux, en se baladant dans le quartier St Michel, le plus vivant et le plus coloré de la ville, Fritz a pu apprécier Arty-show, manifestation artistique, atypique et sympathique
    En créant Artyshow, l’association Bordeaux Caché a cherché à surprendre, provoquer, enthousiasmer les Bordelais. Ne peut-on rendre l’art plus accessible sinon en le présentant dans un lieu ouvert à tous, où aucune barrière psychologique, sociale ou culturelle n’est à franchir ? L’association Bordeaux Caché pense que l’art devient vrai quand il peut être vu et partagé par le plus grand nombre. Très loin de la sphère spéculative des Marchés et Foires d’Art Internationaux, loin des codes mondains et trop convenus des Galeries, Artyshow tente de redonner à l’Art un visage humain basé sur le partage et l’échange entre l’artiste et le Bordelais. Chaque année l’association Bordeaux Caché va plus loin dans la rencontre entre les visiteurs, les artistes et les marchands.

Au marché des Douves, Fritz s’est laissé étonner par l’énigmatique performance de Blanche Konrad
Une poule sur une mur,
Qui picore du pain dur
Picoti Picota,
Lève la queue
et puis s’en va…

Au 2e étage du passage St Michel, il a pu se sentir très touché par la première sortie d’atelier des monstres de Cécile Bobinnec, et leurs poignants cris muets…

  • A Lyon, à La Sucrière, il a déambulé, divagué même, parmi les rêveries végétales de l’architecte belge et visionnaire Luc Schuiten, auprès desquelles il s’est oxygéné… pour en savoir davantage
    A travers différentes perspectives futuristes, maquettes, films d’animation et scénographies d’architectures végétales, le visiteur s’immerge dans un monde cohérent et poétique, faisant appel à l’imaginaire. Il est interpellé par les propositions originales présentées et les visions d’un avenir positif à travers la création d’une nouvelle relation entre l’homme et son environnement naturel. Ces représentations originales d’un futur s’inspirant de multiples écosystèmes sont étayées par la collaboration étroite que l’artiste entretient avec les biologistes de l’association de Biomimicry Europa. Des nouveaux moyens de communication et transport sont montrés en complémentarité avec la cité végétale: chenillards, tractainers, cyclos et autres ornithoplanes à ailes battantes envahissent les rues et le ciel de la ville métamorphosée, en un ballet de véhicules légers, créatifs et ludiques. 

  • A Marseille, à l’Ecole des Beaux-Art, il s’est laissé séduire et attendrir par le silence pressé du jeune compositeur acousticien Jonathan Attar, qui propose des sons étonnants, à écouter ici… des sons en général abandonnés, oubliés, de ceux que l’on entend quand le 33 tours vinyle arrive au bout de ses sillons… voir également des vidéos qu’il a réalisées
  • A Paris, il s’est beaucoup amusé du Concours international de barbichette, organisé par Improvisons.com, le laboratoire du happening en France

Ecran-psy : Où sont nos fous ?

5juin

Fritz vous recommande vivement de visionner ce documentaire très édifiant Un monde sans fous ? ou les dérives de la psychiatrie (cliquer)

“En 2010 en France, la folie déborde dans les rues et dans les prisons. Faute d’avoir trouvé une prise en charge adéquate dans les services d’une psychiatrie publique en crise profonde, de moyens et de valeurs, ces malades psychotiques chroniques se retrouvent de plus en plus exclus de la société. La réponse des pouvoirs publics s’est jusqu’ici focalisée sur des questions sécuritaires, au grand dam des professionnels, des patients et de leurs familles, qui s’alarment de voir désormais remise en cause leur conception humaniste de la psychiatrie, née il y a cinquante ans. Au moment où le gouvernement s’apprête à réformer la psychiatrie au profit d’une nouvelle politique de “santé mentale” pour tous, avec des programmes de prévention, dans les écoles, dans les entreprises, quelle place notre société réserve-t-elle encore à la folie ? “

Réalisateur : Philippe Borrel
Diffusion : le 13 avril 2010 sur France 5.
Auteur : Philippe Borrel et Nathalie Angeard
Durée : 52’50 
Musique Originale : Jerôme Coulet 
Montage : Marion Chataing Son : Serge Richard, Jean-François Briand, Didier Codoul
Une production CINETEVE

Mesclun tout plein d'imagination...

3juin

 by fritz  (voir la recette du mesclun)

Aujourd’hui, Fritz cherche à savoir ce qu’est et à quoi peut bien servir l’imagination, avec

  • les échos d’un festival fin mai sur ce thème, Philosophia, à St Emilion
    L’imagination, qu’est-ce que c’est ?  “Imagination, faculté de se représenter un objet absent. On distingue l’imagination reproductrice, qui représente l’image de quelque chose que nous connaissons déjà, et l’imagination créatrice, par laquelle l’homme est capable de produire des oeuvres d’art, de faire progresser les sciences et les techniques.
    La psychologie, et en particulier la psychiatrie, étudie les perturbations de l’imagination, qui peuvent être un excès d’imagination (hallucinations, mythomanie, hystérie) mais aussi une carence imaginative (arriération mentale ou sottise pathologique). Entre l’imagination pathologique, qui est un frein dans la vie, et l’imagination créatrice qui combine des faits ou des données réelles pour inventer une solution concrète, il n’y a qu’une nuance, mais elle est fondamentale : dans le second cas, l’homme agit et réalise son action : dans le premier, ses rêveries ne sont pas suivies d’une réalisation concrète. ” Didier Julia / Dictionnaire de la Philosophie, Larousse

Imagination, imaginaire, construire des images…
Assembler raison et imagination. Comment l’imagination fonctionne-t-elle ? Elle est une activité de l’esprit, qui ne reproduit pas à l’identique des éléments réels, mais qui les articule et les combine de façon inédite. Bachelard prétend même que l’imagination « invente de la vie nouvelle, de l’esprit nouveau; elle ouvre des yeux qui ont des types nouveaux de vision” Dans le domaine des sciences et de la technique, l’hypothèse expérimentale est très souvent imaginée (à partir de l’analyse des phénomènes observés), et c’est bien elle qui anticipe et « imagine » le montage de l’expérience. L’opposition classiquement admise entre imagination et raison doit dès lors être transformée en complémentarité.Fuir la réalité ? Mais se constituer un univers imaginaire n’est-il pas fuir la réalité ? Ne risque-t-on pas de s’évader ou de se laisser emporter vers un monde par définition trompeur. Platon est affirmatif, ce n’est que le reflet et le plus bas degré du monde sensible. Spinoza de son côté prétend qu’entre l’imagination et l’illusion, la distance est très mince et chez Pascal, l’opposition est encore plus nette : l’imagination, cette « folle du logis », est “maîtresse d’erreur et de fausseté”. À notre époque, les représentations séduisantes de l’imagination font qu’en fuyant le réel, le citoyen s’interdit de le transformer.Vivre sans imagination ? L’imagination possède pourtant une double portée : elle est, d’une part (au moins implicitement), critique à l’égard de ce qui existe. D’autre part, elle correspond à un besoin de compenser ce que le réel peut avoir de décevant. L’imagination, dit André Breton, c’est “ce qui tend à devenir réel”, soulignant la relation qui existe entre le désir, sa production imageante et l’acte qui doit le réaliser. Concevoir une pensée privée d’imagination, c’est la condamner au ressassement du présent et à la stérilité. Les oeuvres d’art en sont une preuve suffisante : elles révèlent à quel point l’imaginaire est capable de se manifester dans les matériaux et les formes, pour ensuite modifier massivement la mentalité en diffusant une interprétation du monde qui sera de mieux en mieux partagée. L’imagination est sans cesse en évolution.

« Imaginer, c’est hausser le réel d’un ton ». 
« L’imagination n’est rien d’autre que le sujet transporté dans les choses ». 
« L’imagination trouve plus de réalité à ce qui se cache qu’à ce qui se montre »
. Gaston Bachelard

  • Un poème rose et totalement anxiolytique  

  • une audacieuse et réjouissante idée de détournement du matériel de bureau, bretelles et autres accessoires, et qui en plus  adoucit les moeurs, ici
  • et puis vous reprendrez bien une tasse de cafénon ?

En juin... à l'iGtb

27mai


En juin, à l’iGtb … 

(cliquer sur les images pour les voir en plus grand)

on questionne entre professionnels les distorsions possibles du rapport à l’argent, on rend hommage à la lecture et à l’écriture en jouant avec et sur les mots, et on célèbre joyeusement son troisième anniversaire… 


avec



  • un atelier pour professionnels
L’argent, métaphore de la relation ?
animé par Corinne Joussain et Dominique Michel
le vendredi 4 juin de 19h à 22h 
et le samedi 5 juin de 9h à 17h






  • un atelier lecture/écriture pour adultes
Eclats de lire et jets d’encre
animé par Laetitia Darricau et Dominique Michel
le lundi 14 juin de 19h à 22h







  • une soirée ludique et festive
pour célébrer le 3e anniversaire de l’iGtb
le jeudi 24 juin 2010
de 19h30 à 22h





Mesclun insoumis résolument...

26mai

by fritz  (voir la recette du mesclun )
Cette fois, Fritz s’interroge sur le concept de désobéissance, avec

  • Une expérience psycho-sociologique, dite de Milgram, rendue populaire par le film  I comme Icare (Henri Verneuil 1979), qui cherche à démontrer jusqu’à quel point un individu est susceptible d’obéir à un ordre contraire à ses valeurs et de quidam, se transformer tranquillement en bourreau…   lire la suite   milgram.doc

  • une réplique actualisée et télévisée de ladite expérience, qui fait froid dans le dos … 47 ans plus tard, combien d’entre nous, placés dans des conditions identiques, sont capables d’infliger jusqu’à 460 volts à un congénère ? C’est ce que France 2 a voulu tester, en s’appuyant sur l’équipe du professeur Jean-Léon Beauvois, chercheur en psychologie sociale, dans un documentaire intéressant, Le Jeu de la mort, réalisé par Christophe Nick, diffusé le 17 mars dernier. 
    “France 2 a légèrement modifié les paramètres de Milgram. Ici, il s’agit de vérifier l’impact de l’autorité quand celle-ci, au lieu d’être incarnée par un scientifique en blouse blanche, repose entre les mains d’une simple animatrice télé, en l’occurrence, Tania Young. L’équipe du professeur Beauvois a donc reproduit l’expérience de Milgram, mais en la transposant dans un faux jeu télévisé. Une petite annonce passée dans la presse a permis de sélectionner 80 candidats. Chacun d’entre eux pensait participer au pilote (non diffusé) d’un nouveau jeu télé pour le compte de France Télévisions. Leur participation est bénévole. Un public est présent, qui applaudit comme dans les vraies émissions de jeu…
    “Le jour du tournage, les personnes sélectionnées se voient expliquer la règle : elles devront questionner un autre candidat (en fait, un acteur de mèche avec les scientifiques), lequel devra retenir 27 associations de mots. À chaque mauvaise réponse, le questionneur devra, en guise de “punition”, pousser un levier et ainsi soumettre le candidat fautif à une décharge électrique de plus en plus importante. Le spectre du voltage part de 20 volts pour aller jusqu’à… 460 volts, en grimpant par tranche de 20 volts… Première surprise : aucun des 80 postulants ne conteste, à ce stade, le principe même du jeu. Comme chez Milgram, l’acteur n’est pas visible du questionneur. Il entre dans une capsule où on l’attache à une chaise électrique, puis on referme la capsule. Si bien que le questionneur est entretenu dans l’illusion que les décharges sont réelles, car il entendra les réactions à la douleur du faux candidat, mais ne le verra pas gigoter sur sa chaise. Et pour cause : l’acteur sort de la capsule par un petit passage secret, dissimulé à l’arrière. Ce qui va se passer à partir de là plonge dans une certaine horreur…
“Désobéir ? Visiblement, c’est difficile pour un individu isolé, soumis à la pression, même d’une simple animatrice. Ils ne sont donc que 17 sur 80 à avoir osé se rebeller contre l’autorité. La situation de l’expérience est, bien entendu, artificielle et mérite d’être relativisée. “Ceci ne se produirait pas dans le cadre d’une entreprise où un individu, soumis à un ordre contraire à ses principes, pourrait toujours s’appuyer sur, par exemple, ses collègues pour refuser d’obéir.” Ici, l’individu n’a aucun recours. Il passe pour la première fois à la télé. Les caméras, les lumières, le public, tout l’impressionne. Et puis, il a confiance dans la production qui, pour l’inciter à aller plus loin, lui fait savoir, par l’intermédiaire de l’animatrice, qu’elle le décharge de toutes ses responsabilités… Le cobaye subit cinq degrés d’injonction. Si, à la cinquième, il continue à résister, le jeu s’arrête. L’expérience le considère comme un désobéissant.
“L’équipe de Jean-Léon Beauvois a introduit des variantes sur un petit échantillon des cobayes. Dans la première d’entre elles, l’animatrice se retire et confie la maîtrise du jeu au seul questionneur. Dès lors, sans la pression de l’autorité, le taux de désobéissance monte à 75 %. Deuxième variante : introduire un conflit entre deux autorités légitimes. Le scénario est le suivant : à 180 volts, une personne de la production fait irruption sur le plateau sur le mode “On arrête tout, ça dérape, c’est une catastrophe !” Tania Young, au contraire, insiste pour poursuivre le tournage. Le questionneur observe donc que quelque chose cloche. Il doit choisir son camp : l’animatrice ou la chargée de production…
“C’est ici l’une des différences majeures avec l’expérience de Milgram, lequel avait lui aussi introduit ce conflit entre autorités : en 1963, la désobéissance était massive. Aujourd’hui, les questionneurs ont continué à pousser les décharges en se rangeant aux ordres de l’animatrice Tania Young ! “Des situations qui produisaient le désordre n’en produisent plus”, constate le professeur Beauvois, tandis que Christophe Nick, l’auteur du documentaire, en déduit que “la télévision est mûre pour accueillir un jeu où le but consiste à tuer son prochain”. cf Le point, 24 fév10
  • une autre expérience inquiétante autant qu’intéressante, et dont on a tiré un film : La Vague (Die Welle) est un film allemand réalisé par Dennis Gansel en 2008, très librement inspiré de « La Troisième Vague », étude expérimentale du fascisme, menée par le professeur d’histoire Ron Jones avec des élèves de première du lycée Cubberley à Palo Alto (Californie) pendant la première semaine d’avril 1967. Devant l’incrédulité de ses élèves de classe d’Histoire Contemporaine à comprendre l’asservissement de la population allemande devant les horreurs des nazis, Ron Jones décida d’en faire la preuve par la pratique et réalisa la Troisième Vague, expérience sur le fonctionnement de la dictature et la manipulation des foules. Durant la première semaine d’avril 1967, il décida d’instaurer des règles de discipline basées sur la communauté et de l’esprit de groupe. Il convainquit ses élèves de l’importance d’éliminer la démocratie en ce qu’elle peut stimuler les actes individuels. L’individualisme est une tare de l’esprit démocratique qui va à l’encontre de l’intérêt général résumé dans ces mots : « La Force grâce à la discipline, la Force grâce à la communauté, la Force grâce à l’action, la Force grâce à l’esprit de fierté ». L’expérience, prenant des ampleurs inattendues, a été arrêtée au bout de cinq jours.

  • Une attitude qui gagne du terrain, la désobéissance civile : La désobéissance civile est le refus de se soumettre à une loi, un règlement, une organisation ou un pouvoir jugé inique par ceux qui le contestent. Le terme fut créé par l’américain Henry David Thoreau dans son essai Résistance au gouvernement civil, publié en 1849, à la suite de son refus de payer une taxe destinée à financer la guerre contre le Mexique, à lire ici. Pour en savoir plus, consulter ce site


  • Un appel, et même un appel des appels, pour une nécessaire insurrection des consciences

    Nous, professionnels du soin, du travail social, de la justice, de l’éducation, de la recherche, de l’information, de la culture et de tous les secteurs dédiés au bien public, avons décidé de nous constituer en collectif national pour résister à la destruction volontaire et systématique de tout ce qui tisse le lien social.
    Réunis sous le nom d’Appel des appels, nous affirmons la nécessité de nous réapproprier une liberté de parole et de pensée bafouée par une société du mépris.
    Face à une idéologie oppressive qui promeut le culte de l’argent et la peur de l’autre,
    Face à la souffrance sociale que cette idéologie génère,
    Face à la multiplication de prétendues réformes aux conséquences désastreuses,
    Face au saccage de nos missions et de nos pratiques professionnelles,
    Face à la promotion du prêt-à-penser et de procédures managériales et sécuritaires,
    Face à la désignation à la vindicte collective de citoyens toujours plus nombreux,
    Face à l’abandon progressif des plus fragiles parmi nous…
    Nous entendons lutter contre toute politique qui liquide les principes de droit et les valeurs de notre démocratie, issus des Lumières et du Conseil National de la Résistance.
    Charte de l’Appel des appels, 24 février 2009              http://www.appeldesappels.org 

Dura Lex... sed Lex

25mai

By Fritz

Voilà… ça y est…ça nous pendait au nez… c’est fait :  Le décret relatif au titre de psychothérapeute pour application de l’article 52 de la loi du 9 août 2004, modifié en 2009 (loi Hpst) a été promulgué le 20 mai 2010 et il est paru au Journal Officiel le 22 mai 2010 :

Il est … vous pouvez vérifier. 

Mieux vaut en lire...

18mai

ou l’atelier-lecture du 17 mai 2010                   by Fritz

« Il y a dans lire une attente qui ne cherche pas à aboutir. Lire c’est errer. La lecture est l’errance » affirme Pascal Quignard. Et oui, il y a eu errance, ce soir-là… autour de quelques mots, et par équipes… de nombreux détours, dérives, glissements et autres associations d’idées…

et finalement des nuages, de merveilleux nuages de titres
Demain 
: Demain les chiens, Simak ; Demain, dès l’aube, à l’heure où blanchit la campagne… Hugo ; L’avenir commence demain, Asimov ; C’est arrivé demain, Richard Petit ; Fahreinheit 451, Ray Bradbury ; Je suis une légende, Matheson.

Roi / Reine : Les rois et les voleurs, Muriel Cerf ; Un roi sans divertissement, Giono ; Le roi se meurt, Ionesco ; Ubu roi, Jarry ; Roi de l’azur, prince des nuées… L’albatros, Baudelaire ; Prince d’Aquitaine à la tour abolie… El desdichado, Nerval ; Les obsèques de la lionne, La Fontaine ; Koenigsmark, Pierre Benoit ; Le roi Lear, Shakespeare ; La reine des pommes, Chester Himes ; La légende du roi Arthur…

Matin : Il y eut un soir, il y eut un matin... La Genèse ;Tous les matins du monde, Pascal Quignard ; Le petit matin, Christine de Rivoyre ; Les morsures de l’aube, Tonino Benacquista ; 37°2 le matin, Philippe Djian … L’aurore aux doigts de rose, Homère ; Le matin des magiciens, Bergier/Pauwels ; La promesse de l’aube, Romain Gary ; Matin brun, Franck Pavloff ; Matin perdu, Virgilio Ferrera.

Quelqu’un : J’aimerais que quelqu’un m’attende quelque part, Gavalda ; Quelqu’un d’autre, Benacquista ; Rastignac, Julien Sorel, Le capitaine Némo … Le bal des schizos, PK Dick ; Il, Collobert ; L’insoutenable légèreté de l’être, Kundera.

Ciel : Seigneur, faites s’abattre des grands cieux les chers corbeaux délicieux, Rimbaud ; Elévation… par delà les éthers, Baudelaire ; Le bleu du ciel, Bataille ; De la terre à la lune, Cinq semaines en ballon, Jules Verne ; Quand le ciel bas et lourd pèse comme un couvercle, Baudelaire ; Le ciel est par dessus le toit, si bleu, si calme, Verlaine ; Ce toit tranquille où marchent des colombes, Valéry ; Les racines du ciel, Romain Gary ; Les merveilleux nuages, Baudelaire ; Je suis hanté. L’Azur ! L’Azur ! L’Azur ! L’Azur ! Mallarmé ; La théorie des nuages, Audeguy ; Sur la terre comme au ciel, Belletto ; Le ciel de la Kolyma, Guinzbourg…

Et puis aussi des lectures, où il est question du Mal, du doux, des mots, des livres, de l’humour…
dont un extrait des Naufragés du Batavia de Simon Leys,  récit historique d’un naufrage au XVIIe siècle - digne de figurer dans les annales de la criminalité peu ordinaire - un livre sur le mal, la modernité du mal, et l’impérieux besoin d’éthique de toute aventure humaine. Le naufrage du Batavia (de la Compagnie hollandaise des Indes orientales) eut lieu en 1629, à proximité d’îlots de corail situés au large du continent australien. Les trois cents naufragés ne furent pas longs à tomber sous la coupe d’un des leurs : un psychopathe à la fois autoritaire, lâche et sanguinaire, qui, en trois mois, réussit à massacrer deux tiers des survivants, n’épargnant ni les femmes, ni les enfants. Les derniers rescapés ne durent leur salut qu’à la résistance d’un groupe d’hommes courageux qui refusèrent de se soumettre, et surtout à l’arrivée d’un navire parti de Java pour les secourir…Quelques “gloses” extraites de Glossaire : J’y serre mes gloses de Michel Leiris … De subtiles définitions basées sur des jeux avec les mots. Le langage y apparaît comme la préoccupation majeure de l’écrivain, l’objet même de son écriture. “Une monstrueuse aberration fait croire aux hommes que le langage est né pour faciliter leurs relations naturelles… En disséquant les mots que nous aimons, nous découvrons leurs vertus les plus cachées et leurs ramifications secrètes à travers tout le langage.”

Un bienvenu Petit éloge de la douceur de Stéphane Audeguy 
“J’entends déjà ricaner les cyniques, les habiles, les réalistes, tous les petits malins à qui on ne la fait pas, et qui vont dire : la douceur, combien de divisions ? S’il faut défendre la douceur, c’est contre ces faibles-là, parce qu’ils sont les plus nombreux, et partant les plus forts. Mais comment la défendrons-nous ? On n’imagine pas un Manifeste, ni même un Traité de la douceur : trop de bruit, trop de gestes. L’éloge ici convient, qui fera un livre aux contours incertains, mais que la gaieté continûment inspire ; je ne sache pas qu’elle exclue la fermeté, ou la force.”

Un émouvant passage de Mes bibliothèques de Varlam Chalamov,  “Les livres sont des êtres vivants. Ils peuvent nous décevoir, nous distraire. Il y a dans la vie de tout homme cultivé un livre qui a joué un grand rôle dans son destin (…). Les livres sont ce que nous avons de meilleur en cette vie, ils sont notre immortalité. Je regrette de n’avoir jamais possédé de bibliothèque.”

Et puis quelques bons morceaux, à la fois tendres et saignants, et néanmoins absurdes. Petit florilège où l’on vérifie que l’absurde remet les yeux en face des trous  :
J’ai soixante-dix ans ; ce n’est pas mal pour un homme de mon âge. ” Sacha Guitry 
“Ce sont toujours ceux qui auraient le plus besoin d’argent qui en ont le moins” Henri Monnier
Méfiez-vous de l’assassinat : il conduit au vol, et, de là, à la dissimulationHenry Somm 
Le baromètre est un ingénieux instrument qui nous indique le temps qu’il fait.Ambrose Bierce 
”- Seuls les idiots n’ont pas de doute. - Vous en êtes sûr ? - Certain !” Georges Courteline
Le désert ? On met du sable par terre pour que le chameau, animal maladroit qui tombe souvent, ne se fasse pas de nouvelles bosses” Alfred Jarry
Le cheval n’écrit jamais. Il parle peu et n’écrit jamais. Les mémoires d’un âne sont d’un âne (encore fût-il beaucoup aidé par la Comtesse de Ségur). Il n’y a pas de Mémoires d’un cheval. Pas même de fable express ou de description de bataille. En matière de littérature, il n’y a rien à tirer du cheval.” Alexandre Vialatte 
“La grippe dure huit jours si on la soigne, une semaine si on ne fait rien.” Raymond Devos 
“Moi l’épouser ? je t’assure que non ; c’est bien assez qu’il m’épouse !Marivaux
Sauf complications, il va mourir.Jules Renard

Enfin, pour rendre hommage à la lecture, une oeuvre étonnante, conceptuelle et touristique, de Max Sauze, L’homme qui marche, qui lit
Cette œuvre est un itinéraire poétique qui consiste à occuper l’espace en déposant des bornes le long d’une ligne virtuelle couvrant le territoire français. Cette ligne virtuelle est un dessin. 
Ce dessin représente un Homme qui marche en lisant. 
Son contour détermine un itinéraire de 3500 km. Une borne est déposée tous les 15 km environ. Il y a 250 bornes. 
Ces bornes, ponctuant l’espace, symbolisent chaque lettre d’un texte invisible et silencieux qui serait écrit tout le long de cette ligne. Elles mesurent 27 cm x 27 cm et sont constituées de livres, en partie scellés dans du béton. Pour en savoir plus, c’est ici

 

Ecran-psy

15mai

Fritz vous recommande La méthode  (2005) de Marcelo Pineyro. Il s’agit de la méthode Grönholm, qui semble être la véritable héroïne de ce film hispano-argentin.
Alors, s’il ne doit en rester qu’un… : ” Ils sont sept réunis, les sept candidats restant en lice pour un poste de directeur au sein de l’entreprise Dekia, les sept derniers convoqués pour l’ultime épreuve de sélection, tandis que Madrid est secouée par les manifestations anti-FMI. Deux se connaissent, Carlos et Nieves, et semblent même s’être connus d’assez près, il y a quelques années. Tous vont découvrir la ‘fameuse’ méthode Grönholm, processus de sélection qui permet l’élimination progressive des candidats, soumis à d’implacables épreuves…
“Cela se passe sur fond d’horreur économique. Les manifestants, que l’on ne verra pas, scandent à l’extérieur « El puebo unido jamas sera vincindo », le vieux slogan des luttes chiliennes, en espérant ainsi empêcher le FMI de régenter de sa main impitoyable le destin des peuples, et les licenciements des non-rentables, et pendant ce temps-là les sept impétrants sont les jouets des manipulateurs invisibles de la multinationale Dekia, prêts à la servir sans états d’âme, et à se faire les instruments de l’élimination de leurs camarades.
“Le huis-clos résume métaphoriquement la compétition mondiale, les sept directeurs potentiels rivalisent par tous les moyens, et ne sont finalement que les jouets de la multinationale, un peu comme les nations sont manipulées par des groupes apatrides, plaçant leurs usines là où l’on se pliera le mieux à leurs volontés, incontestables par définition, la réunion des sept mercenaires potentiels cristallise en un lieu fermé les mêmes processus qui  se produisent à l’échelle mondiale.
“L’exercice est brillant. Le film pourrait constituer une pièce de théâtre, se déroulant presque uniquement dans la salle de réunion où a lieu la sélection, à part quelques escales techniques dans les toilettes, il se limite à huit acteurs, les sept participants et la secrétaire chargée de l’intendance, l’exercice semble a priori anti-cinématographique, réduit à ce décor unique et ces protagonistes pris dans une action purement verbale ou peu s’en faut, et pourtant le film est prenant, et le mécanisme fascinant.
“Agatha Christie avait écrit les dix petits nègres, Marcelo Pineyro utilise la même mécanique d’élimination successive des participants, de façon évidemment un peu moins physique que dans l’île de la reine anglaise du crime, mais le suspense est le même, le spectateur se prend à se demander qui sera le prochain sur la liste, et surtout le pourquoi et le comment du crime, les ficelles de la manipulation. Le film n’a évidemment rien de guilleret, vu sa trame, il constitue en tout cas un bel exercice de style, extrêmement prenant malgré son caractère particulier, qui pourrait rebuter les amateurs de cinéma purement distractif…
“L’interprétation est excellente. Le succès est d’abord choral, le film reposant sur une dynamique de groupe, sur l’interaction feutrée des échanges sournoisement assassins, et l’ensemble de la distribution est à louer, il n’y a point là de maillon faible. Eduardo Noriega est ici Carlos, et joue joliment de sa gueule d’ange, tandis que Najwa Nimri incarne Nieves, celle qu’il avait connue jadis, toute en nuance et en ambiguïté.
“Les autres candidats sont également bien campés, Eduard Fernandez (Fernando), Pablo Echarri (Ricardo), Adriana Ozores (Ana), Ernesto Alterio (Enrique) et Carmelo Gomez (Julio) incarnent chacun joliment leur rôle, du veule au macho, ils tous sont parfaits. Enfin Natalia Verbeke est plus anecdotique dans le rôle de Montse, la secrétaire, par définition moins important, quoique…
“Ce film hispano-argentin, assez discrètement sorti, est d’une portée générale, il se situe à Madrid mais pourrait aussi bien se dérouler à Paris ou Londres, tant les mécanismes de domination et d’exploitation qu’il présente sont universels. L’on pourra évidemment être dérouté par ce huis clos oppressant, ou par le caractère très verbal de ce film, mais ce serait dommage, c’est là une triste métaphore du monde comme il va, et de l’impitoyable compétition qu’y impose le capitalisme mondial.  Petit aperçu ici

On n'arrête pas le progrès...

14mai

A y est…! Fritz, qui n’en rate pas une, est enfin facebooké… ! Comme tout le monde.
Enfin, une info digne de ce nom !

C’est

Mesclun... expérimental

8mai

by fritz  (voir la recette du mesclun
Cette fois Fritz se passionne pour des expérimentations tous azimuts
avec 

  • Un  film, Retour à Kotelnich (2003), et un livre, Un roman russe (2007 POL), d’Emmanuel Carrère :
    « Raconter une histoire en donnant corps avec des acteurs à des scènes déjà écrites, dont on connaît l’enjeu, ne m’attire pas… L’idée m’est venue de faire une sorte de documentaire, mais sans aucune feuille de route… Cette idée de retourner à Kotelnitch avec une équipe légère, et sans sujet, ou juste : « On est là, qu’est-ce qui se passe ? » me séduisait beaucoup. « C’est intéressant, mais on y verra quoi, dans votre film ? » J’étais obligé de répondre : « Je n’en sais rien, le seul moyen de le savoir, c’est de faire le film. » Ce qui a rendu l’affaire possible, c’est que j’ai obtenu l’Avance sur Recettes… (Merci, le C.N.C.) 
    L’hiver était rude, pas de chauffage, pas d’eau chaude, confits dans la gueule de bois de la veille. Pour tenir dans ces situations, il fallait picoler… Tous les matins, Philippe Lasnier (nouveau caméraman) me demandait : «Bon, alors, qu’est-ce qu’on fait aujourd’hui ? », et je ne savais trop quoi lui répondre… Un jour, pendant ce tournage, je me souviens d’avoir appelé Anne-Dominique Toussaint (la productrice) pour lui dire que cela ne se passait pas bien du tout, qu’on allait droit dans le mur… On est rentrés en France au bout d’un mois, avec une centaine d’heures de rushes, de quoi faire un documentaire classique… Le problème, c’est que je ne savais pas très bien ce que j’avais envie de faire… J’ai repoussé plusieurs mois le moment de me mettre au montage… Là-dessus, la rencontre avec Camille Cotte, ma monteuse, a été déterminante : on a commencé par tout visionner sans choisir. Pour cela, il aurait fallu savoir ce qu’on voulait raconter, et nous ne le savions pas et nous tenions même à préserver un peu cette ignorance, à rester aussi longtemps que possible dans ce que les psychanalystes appellent « l’attention flottante…».

    Envoyé en reportage en Russie à propos d’un Hongrois réapparu après cinquante-cinq ans passés dans un hôpital psychiatrique, le romancier Emmanuel Carrère va y rencontrer Ania qui parle français, chante et joue de la guitare, et est la compagne d’un gars du KGB local. Beaucoup plus tard, en France, E. Carrère apprend qu’Ania et son bébé ont été massacrés à la hache par un fou. Il décide alors de revenir à Kotelnitch, pour tenter de comprendre. Il filme longuement, obstinément, le repas qui suit la cérémonie funèbre, comme si sous ses yeux la réalité entrait dans la grande tradition romanesque russe, avec crimes, châtiment, passion, terreur, et … vodka. Entre reportage et autobiographie, ces divers voyages à Kotelnitch et cette rencontre avec une jeune femme  à la fin tragique entraînent E. Carrère vers ses origines… Retour à Kotelnitch est un étonnant et émouvant work in progress, un “chemin qui se fait en marchant “, et qui, de plus, fonctionne comme un palimpseste, car les strates du documentaire conduisent son auteur vers une vérité autobiographique. 

    Un roman russe se déroule pendant ces quelques mois –le temps qu’a duré la genèse et le tournage du film Retour à Kotelnitch… Cependant la trame narrative emmêle différents éléments : les voyages en Russie qu’a occasionnés ce projet de film ; l’histoire d’amour tumultueuse que l’écrivain mène à Paris, avec une jeune femme, Sophie ; l’enfance et les souvenirs plus ou moins fiables qu’il en garde, notamment sur sa relation avec sa mère, et par-delà les générations, le poids du roman familial (un grand-père émigré géorgien disparu dans des conditions énigmatiques en 1944). Un roman russe tisse sous nos yeux l’histoire d’un homme qui a reçu en héritage « l’horreur, la folie, et l’interdiction de les dire », et qui, défiant cet interdit, décide de devenir écrivain… 

  • Deux entretiens d’un psychanalyste à la trajectoire étonnante, François Roustang… dans le coffret de 14 DVD  [Etre psy], aux éditions Montparnasse 
    Entretien de 1983 
    [80 mn]: Cet entretien porte essentiellement sur la pratique de la psychanalyse : combien de temps dure une analyse, quelle est sa finalité, quelles sont les relations qui s’instaurent entre analyste et analysant, quelle doit être la durée d’une séance et que doit être le rôle de l’argent ? François Roustang compare psychiatres et psychanalystes, conteste fortement la pratique des séances « courtes » et rend compte de la situation de la psychanalyse après la mort de Lacan. Il aborde également son passage de l’état de prêtre à l’état d’analyste.
    Entretien de 2008  [51 mn] : François Roustang n’est plus psychanalyste en 2008 ; il a mis radicalement en question la psychanalyse et il est devenu hypnothérapeute. Il définit les principales différences conceptuelles et méthodologiques entre l’hypnose éricksonienne qu’il pratique et la psychanalyse.
    Si vous voulez entendre François Roustang évoquer quelques perspectives thérapeutiques à la fois provocantes et limpides,                                     
  • Et pour finir, un très sympathique  happening, au marché (magnifique par ailleurs) de Valencia, à l’automne dernier… quelques fragments de Verdi parmi les fruits et légumes, une sorte “d’opéra-bouffe” en somme… la surprise des gens, et leur émotion sont terriblement communicatives… cela donne une idée de ce qu’est le spectacle vivant, quand il est vivant. Voyez et savourez par vous-même ici

En mai... à l'iGtb

1mai

En mai, à l’iGtb … 
(cliquer sur les images pour les voir en plus grand)

on se fait des films et on réfléchit, on s’aventure à découvrir ou redécouvrir la Gestalt-thérapie, et on s’intéresse à la lecture comme “besoin”, de réparation, d’affirmation de soi, de confirmation, de projection, de sublimation, d’exploration, d’identification, de création, de jeu…

avec

  • Une soirée écran-psy
projection et débat autour d’un film (thématique “l’égotisme”)   
le vendredi 14 mai 2010
de 20h à 22h

  • Une Journée -découverte de la Gestalt-thérapie
le samedi 15 mai 2010
de 10h à 17h
  • Un atelier lecture 
    animé par 
    Laetitia Darricau et Dominique Michel
    “De quelles lectures suis-je fait ?”

    le lundi 17 mai 
    de 19h30 à 21h30

Bord de mer

26avril

ou les petites vacances de Fritz

Où sont les hommes
       sur quel navire

 

dégantés déchaussés

absents sur le silence du rivage

sur fond de houle

 

Quels os épars ramassés par

un naufrage par beau temps

 

Nous sommes les éphémères

les ombres qui ont habité

sous le soleil le croissant

 

immense entre la forêt nombreuse

et l’océan unique

 

Et

cependant

les gants

oubliés par la grève

dans le sable émouvants

 

Eloge du conflit

20avril

ou la conférence-atelier du vendredi 16 avril 2010, faisant partie du cycle “Formes de la relation ” animée par Bernadette Godmer et Dominique Michel

Le conflit… inhérent à l’être humain ?
Depuis Stevenson et son célèbre Mister Hyde, on sait qu’il y a une conflictualité (latente) dans le psychisme humain ; le conflit, quant à lui, est manifeste. Au XIXe, les médecins, tenants de l’hypnose, résolvaient les conflits en influençant les patients, par la soumission, la domination de l’un sur l’autre… Avec la psychanalyse, le conflit, lutte de la pulsion de vie et de la pulsion de mort, est pensé de manière dynamique ; il y a également renversement de la polarité de la relation thérapeutique (transfert) : le patient associe librement pour permettre le surgissement de sa propre conflictualité. La notion de clivage du moi (division  défensive avec dénégation d’une partie de la réalité) est intéressante, car elle permet de comprendre comment un conflit impossible à tolérer en soi, va être projeté à l’extérieur de soi…  Depuis M. Klein, l’existence des conflits infantiles précoces (bon et mauvais objet) est acquise. Par la suite, D. Winnicott déplace la zone conflictuelle sur la frontière du psychisme, entre le dedans et le dehors. Le lieu du conflit n’est plus intrapsychique, mais à la frontière entre le sujet et son environnement. La métapsychologie devient intersubjective.  En gestalt-thérapie, la pathologie n’est plus perçue comme perturbation du sujet, mais comme perturbation des modalités de contact.
Le mot conflit s’écrit en chinois, semble-t-il, avec deux idéogrammes dont l’un signifierait risque et l’autre chance. Et en effet, le conflit est bien porteur de cette ambivalence.
Un risque, car on a souvent tendance à confondre le conflit avec la violence. Il en résulte que cherchant à éviter la violence, on évite le conflit. Or on peut paradoxalement décrire le conflit comme une suspension de la violence, par des protagonistes capables d’intérioriser la position de l’autre, c’est-à-dire à même de freiner leurs pulsions de toute-puissance et de rejet du différent, pour prendre en compte, voire comprendre la position adverse. Intérioriser, c’est pouvoir suspendre la pulsion destructrice, et passer du combat au débat, et du rejet du différent à l’acceptation du différend. Et c’est en cela que le conflit devient une chance.

Dans les situations de conflit, plusieurs stratégies différentes sont mises en oeuvre. Certains individus vont préférer l’affrontement ou la provocation, d’autres subissent en victime, ou vont systématiquement éviter toute situation conflictuelle, d’autres enfin sont spontanément négociateurs… Ces différentes modalités peuvent dépendre d’un certain nombre de facteurs circonstanciels : ce ne sont pas les mêmes stratégies à l’oeuvre en famille ou sur le lieu professionnel, dans l’adolescence et à l’âge adulte, dans les périodes de fatigue ou d’énergie… mais cela tient aussi à l’éducation reçue -notamment aux manières de réagir dans les situations difficiles qui ont été proposées dans la culture familiale-, aux contextes dans lesquels on a grandi, aux expériences personnelles plus ou moins bien métabolisées. Ces stratégies ou modalités de réponse sont toutes élaborées à partir d’un jeu de forces constitutives de l’être humain… Une tendance à s’individuer, c’est à dire devenir soi en prenant consistance et en affirmant sa singularité, tendance qui vient s’opposer à une nécessité de s’adapter à l’autre, au groupe social,  ce qui exige souplesse et compromis. Tout être humain doit nécessairement négocier sur ces axes antagonistes, pour se différencier tout en restant social…
A l’extrémité de l’axe de l’individuation, si j’impose mon avis sans tenir compte de l’autre, sans pouvoir m’adapter à la situation, je suis dans une posture de domination, autrement dit dans une position autoritaire, qui peut aller jusqu’à l’autocratie. A l’opposé, si je m’adapte systématiquement au point de vue de l’autre quel qu’il soit, sans jamais m’affirmer moi-même, je me situe dans une forme de soumission. S’il n’y a ni affirmation, ni adaptation, si je n’ai rien à défendre et que je ne porte pas d’intérêt à la situation de l’autre, je suis dans une posture d’évitement, qui peut parfois être un retrait positif de protection dans des situations objectivement perdues d’avance, mais qui peut aussi être une attitude passive, une fuite ou un déni. Ces trois postures sont généralement spontanées.
D’autres postures résultent davantage d’un choix, et donc parfois d’un travail sur soi : la négociation, dans laquelle il s’agit de renoncer au rapport de forces, à la victoire de l’un sur l’autre,  et la coopération créative, où les diversités, les différences peuvent devenir des richesses pour les protagonistes.

Le conflit, c’est un peu, pour filer la métaphore, comme le courant électrique, deux flux (un positif et un négatif irréductibles) qui, s’ils s’affrontent, peuvent provoquer court-circuit et étincelles, ou qui, bien combinés, vont donner  lumière, mouvement, énergie. Même dans sa dimension positive ou créatrice, le conflit reste un choc (cf étymologie, heurter avec). Mais certains chocs peuvent être salutaires et faire progresser… 

Dans la société contemporaine, toute remise en cause est considérée comme une anomalie à corriger, tout conflit apparaît comme devant être maté, ou formaté… La méthode sécuritaire, dans sa propension à criminaliser toute forme de contestation, transforme tout conflit en affrontement, en rapport de forces : qui dit problème dit recherche de solution (définitive) et réduction de la pensée aux termes binaires pour/contre, gentils/méchants. Sortir de la logique pour/contre, c’est admettre une réalité véritablement complexe. Les réalités n’appellent pas forcément des solutions pour les éradiquer, mais  plutôt des manières de faire avec  elles…  Il est donc plus facile d’adopter la logique de l’affrontement que celle du conflit, qui elle, suppose d’inventer des hypothèses et des modes d’actions nouveaux par lesquels répondre aux défis de situations inédites toujours renouvelées.  Croire que le conflit réside dans l’affrontement, c’est croire qu’en éliminant l’ennemi, on résout quelque chose, sans comprendre que le problème que l’on cherche à résoudre englobe la situation dans laquelle on combat. Or c’est l’inclusion de ce qui résiste (versus l’exclusion) qui va permettre d’aller au-delà… Dans la logique de l’affrontement, la situation est amenée à rester identique, car enfermée dans un mécanisme d’opposition en miroir.  Un conflit, en revanche, ne se réduit pas à la logique manichéenne de l’affrontement et signifie qu’il n’y a pas de solution définitive, et que c’est cette absence même qui pousse à continuer d’inventer des solutions singulières, locales, ponctuelles, inédites… car comme le disait déjà Héraclite “tout devient dans la lutte et la nécessité”. 

Cartes du monde

13avril

ou l’atelier d’écriture du 12 avril 2010…         by Fritz

Ars Memoriae : empreintes, traces, vestiges
«  Le vestige et la mémoire sont situés hors du temps linéaire de l’histoire. À propos du souvenir d’enfance, Freud écrit : « Il ne fait de doute pour personne que les expériences vécues de nos premières années d’enfance ont laissé des traces ineffaçables dans l’intérieur de notre âme ; mais lorsque nous interrogeons notre mémoire ou bien elle ne livre rien, ou bien elle livre un nombre relativement restreint de souvenirs à l’état isolé, d’une valeur souvent problématique ou énigmatique ». Le souvenir d’enfance ne se conserve pas intégralement. Freud parle de « traces mnésiques » qui disent bien le caractère résiduel, partiel du souvenir, car des éléments sont oubliés ou plutôt « laissés de côté ». Le souvenir d’enfance possède aussi la faculté de se superposer à d’autres souvenirs et de se cristalliser en une forme mémorielle nouvelle que Freud nomme un « souvenir-écran ». Une des fonctions de l’analyse consiste à retrouver, à partir du souvenir d’enfance, forme de vestige, l’expérience vécue. Ainsi la théorie freudienne de la mémoire se fonde sur une durabilité, peut-être même une indestructibilité des traces. Corrélativement, un présent de l’infantile, ou de l’archaïque quand il s’agit du vestige, peut s’inscrire dans l’actuel. Pierre Fédida nomme ce retour un « présent réminiscent ».
Sur ce thème, lire le très bel article de Véronique Mauron, Les dimensions du vestige, ici

Il s’est agi ce soir-là de remonter ou de descendre le temps, un peu comme dans les livres du Fleuve de l’éternité de Philip José Farmer, ou de jouer à imaginer le passé comme des territoires, qui, en s’éloignant du présent, s’enfonçant dans la mémoire, prendraient l’aspect de contrées mythologiques.
Nous avons disposé 33 cartes, des cartes de mémoire. Chaque carte avait à son verso un mot porté, pareil à une indication de direction, qui montrait un point différent, plus ou moins lointain, plus ou moins profond pour chacun des voyageurs. Nous avons retourné au hasard les cartes : goûter, ami, mensonge, Dieu, enterrement, vélo, cadeau, voyage, collection…
Les mots ont tourné comme des clés, qui ouvraient sur quoi et même quoi ? des images, des sons, des souvenirs dont parfois on se demandait s’ils étaient totalement réels, si ces portes ouvertes n’avaient pas été inventées par les clés.

« Les processions du mois d’août en pleine nuit, dans le bourdonnement des conversations et les flammes des cierges promenés distraitement dans les rues. »

“Le premier, je crois, auquel j’ai assisté… celui du petit frère de ma camarade de classe de l’époque. L’enfant très jeune s’était noyé dans la rivière qui coulait en contrebas de la maison familiale. Nous avions une dizaine d’années, la classe a été conviée à assister à la cérémonie. Impression encore très persistante d’inquiétante étrangeté. Une atmosphère lourde, une dilatation du temps, des sons, des chuchotis, des attitudes compassées, énigmatiques, une attente, des crissements de gravier dans le silence, des pierres obscures, hostiles et comme jalouses de leurs secrets…

« Au collège, l’après-midi, vers 16 heures ou peut-être un peu plus tard, pour les demi-pensionnaires qui ne devaient pas avoir le droit de quitter l’établissement avant 17 ou 18 heures, je me souviens qu’était organisée une distribution de pain en tranches molles et de pâtes de fruits, rouges et vertes, très sucrées. » 

Contrainte plus forte,  combiner dans un même texte trois parmi les mots dévoilés :  cadeau, voyage, collection

 « Vers 10 ans, j’ai reçu en cadeau le livre de voyages de Marco Polo. Il faisait partie d’une collection d’ouvrages consacrés aux voyages : Bougainville, Cook, Amundsen, Livingstone et même Cousteau. Un peu plus tard, j’ai lu, ce n’était pas un cadeau cette fois-ci, toute une collection de romans de Jules Verne, dont 20 000 lieues sous les mers , De la Terre à la lune et bien sûr Le voyage au centre de la Terre.  Quelques années plus tard, je suis parti en Espagne avec Le voyage au bout de la nuit. Mon professeur  qui trouvait que j’écrivais un français un peu trop académique m’avait fait cadeau d’un dictionnaire d’argot et conseillé de lire Céline. Bien avant tous ces voyages, j’avais essayé de faire la collection d’images qu’on trouvait, je crois, dans des tablettes de chocolat, et qui représentaient les divers peuples de la Terre. Ma tante m’avait fait cadeau de l’album avec plusieurs images déjà collées, avant de partir en France. »

 « Deux frères, ou deux amis, peu importe… L’un Jean-Emilien et l’autre Jean-Baptiste, et deux postures si nettement dissemblables … L’un trimballait dans sa voiture, une DS break qui s’étirait interminablement, toute une série d’improbables collections entassées dans des cartons de toutes tailles superposés, bouteilles vides, objets divers glanés le long des rivières, chaussures dépareillées, vieux pneus, bouts de bois ou de plastiques, bouchons, et autres infinies bricoles pouvant toujours être utiles… au point d’en oublier de laisser dans la voiture pourtant grande la place nécessaire pour faire voyager l’enfant. L’autre arrivait à bord d’une modeste 2CV grise, toujours accompagné de chien, guitare, jeu d’échec, carnet à dessins, livre de Krishnamurti et surtout d’une vénérable boîte en bois vert sombre contenant victuailles et cadeaux… »

Et pour finir une citation éclairante du poète Louis Aragon
“Je n’ai pas toujours été l’homme que je suis.
J’ai toute ma vie appris pour devenir l’homme que je suis
mais je n’ai pas pour autant oublié l’homme que j’ai été.
Et si entre ces hommes-là et moi, il y a contradiction,
si je crois avoir appris, progressé, changé… ces hommes-là,
quand me retournant,  je les regarde, point honte d’eux, ils sont les étapes de ce que je suis,
ils menaient à moi…  je ne peux dire moi, sans eux”.  

Entrez dans la danse...

11avril

ou la conférence-atelier sur l’art-thérapie structuraliste du vendredi 9 avril, animée par Véronique Gontier 

Véronique Gontier a un parcours et une démarche originales. Voici comment elle évoque elle-même sa trajectoire et son choix de posture thérapeutique, qu’elle nomme art-thérapie structuraliste.

 J’avais vingt-huit ans lorsque je me suis orientée vers le domaine de la psychologie et de la connaissance de soi. J’étais alors à l’apogée d’une carrière comptable et juridique en qualité d’Expert-comptable et de Commissaire aux comptes.
Dès le départ, la place du corps en thérapie a retenu toute mon attention. Je ne parvenais pas à réduire l’humain à sa psyché ou à son histoire familiale ; l’apparente opposition des pensées occidentales et orientales m’est apparue comme un creuset fondamental de recherches et d’expérimentations. En termes de connaissance de soi, l’Orient privilégie les liens corps-esprit afin de tenir le moi-ego à distance, pendant que l’Occident favorise cette seule dimension au détriment des liens corps-esprit.
Après quinze années de recherches et d’explorations expérimentales mettant alternativement en jeu le corps, le psychisme, le mental et l’Esprit, j’en suis venue à considérer l’individu comme une structure à part entière composée de plusieurs parties interdépendantes.
Chaque partie influence le Tout au même titre que le Tout influence chaque partie. Les différentes dimensions de la structure doivent être orchestrées de concert afin de s’étayer, s’équilibrer et s’enrichir mutuellement. Ainsi, parallèlement au travail de thérapie classique, j’ai eu à coeur d’aborder l’humain par diverses portes : psychologique, anthropologique, ethnologique, philosophique, physiologique, anatomique, métaphysique. Cette richesse m’a amenée à expérimenter sur plusieurs années, diverses disciplines d’origines variées, tant orientales qu’occidentales ou encore ethniques primitives.
Enfin, mon propre travail de transmission m’a conduite à dépouiller ces pratiques et enseignements de leurs formes parfois encombrantes et exotiques pour n’en conserver que le fond à titre pédagogique et structuraliste, accessible à tous.
Ces ateliers privilégient l’avènement des potentiels du Sujet au-delà de son histoire familiale, même si celle-ci n’est pas niée. Le Sujet est invité à se considérer dans sa globalité structurelle, dans sa capacité à se remettre au monde à partir de ce qu’il est, ici et maintenant, dans sa sensibilité, dans sa corporéité vivante, dans sa créativité propre.
J’ai choisi de valider mon parcours par un diplôme d’art-thérapie, sous la direction de Jean-Pierre Royol, Docteur en psychologie clinique à Arles (PROFAC 2002).
L’art-thérapie à visée structuraliste, telle que je la pratique, offre un vaste espace d’expériences vivantes permettant de relier l’action et l’intention, le corps et l’esprit, la nature et la culture, le fond et la forme. L’alternance des stratégies thérapeutiques en appelle à l’ensemble de la structure du Sujet (corps-psychisme-mental-esprit) sans privilégier une dimension au détriment des autres.

Alors qu’appelle-t-on structure ?

Au sens littéral du terme, une structure représente une construction, et plus précisément la manière dont les parties d’un Tout sont agencées entre elles. Le Tout influence les parties, au même titre que chaque partie influence le Tout. Chaque être humain est un Tout composé de plusieurs parties, nécessairement interdépendantes : sur le plan anatomique, squelette, muscles profonds, muscles superficiels, tissus, organes, système sanguin, lymphatique, nerveux, hormonal, appareil respiratoire, etc.
sur un plan plus global, un corps physique, animal, sensoriel et pulsionnel.
un corps psychique, émotionnel, sensible.
une dimension mentale et intellectuelle, conceptuelle et imaginative.
un terrain initial, à la fois génétique et psychologique, inconscient, déterminant l’ensemble de sa structure et de ses réactions.
un plan inconscient, vaste, individuel et collectif, qui le meut malgré lui, un Absolu insaisissable.
Envisager l’être humain de façon structuraliste revient à tenir compte de toutes ses parties, et de leurs influences respectives sur le Tout. La connaissance de sa structure permet à l’individu de suivre le fil de sa thérapie, son fil propre. Elle est la carte d’orientation du vaste monde qu’il représente, la garantie de son autonomie à terme.
Autrement dit : «
Si je sais pourquoi je fais une chose, je sais comment la faire, avec qui, et combien de temps ».

L’atelier qui nous a été proposé nous a permis de goûter ce qu’est expérimenter le corps dans tous les « sens » possibles et notamment :
s’appuyer sur sa structure (squelette) pour une réelle confiance en son pas, en sa posture.
entrer dans sa « danse » en partant de sa densité propre.
le rendre intérieurement disponible au souffle qui l’anime.
l’aider à s’accepter dans sa nature propre, animale.
l’inciter à se débarrasser d’inhibitions, de réflexes conditionnés, d’ images négatives de lui-même.
lâcher quelques idéaux de formes et d’images au profit d’un corps réel, vivant, subtil, sujet et non objet.

La Gestalt-thérapie dans ses grandes lignes...

6avril

Le texte qui suit, qui est un résumé de ce qu’il convient de savoir sur la Gestalt-thérapie, émane conjointement des deux organisations principales de psychothérapies gestaltistes francophones, le CEGT et la SFG .

Les Gestalt-thérapeutes, un réseau professionnel sur lequel compter

Quelque 6OO thérapeutes exercent la Gestalt-thérapie en France, en cabinet libéral ou en institution.

Un réseau de professionnels dont la formation, la psychothérapie personnelle et l’adhésion à un code de déontologie affiché sont le gage d’une pratique rigoureuse et sans cesse remise à l’ouvrage par une supervision et une formation continues.

Eclairages sur un métier dont l’utilité n’est plus à prouver puisque quatre millions de personnes (soit 8% de la population française) ont eu recours à un psychothérapeute pour surmonter leurs souffrances psychosociales : dépression, stress, chômage, isolement, conflits conjugaux, familiaux ou professionnels, traumatismes…

Qu’est-ce qui caractérise la pratique d’un Gestalt-thérapeute ?

Une des caractéristiques du Gestalt-thérapeute est d’être présent et impliqué dans une posture rigoureuse qui s’appuie sur la conscience, d’instant en instant, de ce qui se passe dans la séance avec son patient. Le Gestalt-thérapeute accompagne la personne pour qu’elle acquière et développe elle aussi  cette conscience.

Prenons un exemple : un client nous rapporte une expérience difficile qu’il a vécue avec son patron au cours d’une réunion : « Il m’a parlé d’une façon que je trouve irrespectueuse… Mais… tout cela n’est pas très important, il s’agit d’être plus intelligent que lui ». Il accompagne son dire en se tordant les mains. Le thérapeute pourrait alors intervenir en lui faisant remarquer ce qu’il fait avec ses mains et l’inviter à explorer la sensation et l’émotion éventuelle  qui lui sont associées, ou encore il pourrait dire : « Selon vous, il s’agit d’être plus intelligent que lui… Je peux cependant imaginer que ce que vous avez vécu est difficile… » Par cette intervention, le thérapeute invite le patient à être attentif à  la tristesse ou la colère qu’il a pour habitude de ne pas considérer.

Dans cet espace, de rencontres en rencontres, en explorant ensemble les situations de sa vie passées toujours douloureuses et celles du présent source de difficultés, va se tisser une relation où la personne va  expérimenter de nouvelles façons d’appréhender le monde et de s’ajuster progressivement aux expériences multiples de la vie, avec le sentiment de « prendre ou de reprendre sa vie en mains ».

Comment se passe une séance de Gestalt-thérapie ?

Les séances se passent en face à face et le thérapeute dialogue avec son patient. La première fois qu’une personne vient consulter, le Gestalt-thérapeute explore avec lui sa demande, la clarifie et répond à ses questions. Ensuite, il pose le cadre de la relation thérapeutique: rythme  et durée des séances, durée, tarif, respect des rendez-vous et modalités de la fin de thérapie. Toutes ces informations sont énoncées au patient lors de la première séance. Si le thérapeute et la personne qui consulte sont d’accord, le travail thérapeutique peut commencer.

La personne est accueillie telle qu’elle est, avec ses zones de fragilité et d’insécurité sans jugement ni référence à un modèle de comportement. Le thérapeute invite son patient à exprimer tout ce qui est présent pour lui : ce qui occupe ses pensées, ses préoccupations, ses états d’âme, une intuition, un sentiment, une sensation, un rêve, une expérience heureuse, une satisfaction éprouvée, ou une situation : son travail, sa famille, un film qu’il a vu, …Tout sert de base de travail pour le thérapeute qui va aider son patient à prendre conscience des différentes facettes de son vécu, à mettre en mouvement ses représentations, à progressivement reconnaître et accueillir ses sensations et émotions, à identifier son « besoin ou aspiration du moment », puis à trouver de nouvelles formes d’interactions avec son environnement.

Au fil du travail thérapeutique, le patient prend conscience qu’en mobilisant ses ressources, il bénéficie d’une plus grande liberté et d’une plus grande autonomie dans ses choix de vie.

La gestalt-thérapie, pour qui ?

 La Gestalt-thérapie s’adresse à toute personne, adultes, adolescents ou enfants, selon la spécialisation du Gestalt-thérapeute, qui pourra proposer un travail en individuel, en couple, en famille, mais aussi un travail de groupe, en fonction des besoins exprimés. La Gestalt-thérapie peut accompagner chaque problème de la vie : timidité, séparation difficile, sentiment d’exclusion, troubles psychosomatiques, anxiété, troubles alimentaires, impasse existentielle, problèmes relationnels… Cette démarche peut donc s’adresser à toute personne en recherche de soi ou en souffrance ayant besoin d’une aide pour traverser un moment de crise ou de déséquilibre dans sa vie personnelle, sociale ou professionnelle.
Si la situation le nécessite, le gestalt-thérapeute travaille dans le cadre d’une prise en charge pluri-disciplianire, incluant le médecin généraliste ou un psychiatre, si par exemple, un soutien par anti-dépresseurs s’avère nécessaire.
                            L
e tout est différent de la somme des parties

En savoir plus sur la Gestalt-thérapie

1°) Qu’est-ce que la Gestalt-thérapie ?

Gestalt vient du verbe allemand « gestalten » signifiant « mettre en forme, donner une structure ».
Née dans les années cinquante aux Etats-Unis, elle est arrivée en Europe dans les années 7O.
S’inscrivant dans le courant de la psychologie humaniste, existentielle et relationnelle, elle vise à développer l’autonomie, la responsabilité et la créativité. La Gestalt-thérapie ne limite pas l’humain à une vision individualiste, mais s’intéresse aux interactions de l’individu avec ses environnements, qu’ils soient personnels, professionnels ou sociaux.
Elle a de l’Homme une vision holistique et favorise le dialogue constant entre pensées, émotions et sensations corporelles.
Il existe aujourd’hui plusieurs courants issus des travaux de recherche et des pratiques de la Gestalt-thérapie. Certains mettent l’accent sur la phénoménologie, la philosophie, l’existentialisme, la dimension corporelle et sa dynamique. D’autres font des passerelles entre la psychanalyse et la théorie de la Gestalt-thérapie.

2°) Formation du Gestalt-thérapeute
 Le cursus de formation dure 5 ans – 1000 heures réparties en 3 cycles – validé par un contrôle des connaissances et la rédaction d’un mémoire théorico-clinique. Cette formation longue – hors psychothérapie personnelle d’un minimum de 3 ans exigée – permet l’intégration des fondements de la Gestalt-thérapie, autant sur un plan théorique qu’expérientiel et vise à articuler pratique clinique et théorie. Parallèlement, l’étudiant doit valider une formation en psychopathologie et s’engager à suivre une supervision permanente.
Par ce long processus, le Gestalt-thérapeute va acquérir un savoir, mais aussi un savoir-faire et un savoir-être, compétences qu’il ne cesse de développer par une formation continue.

3°) Déontologie et Gestalt-thérapie

Le Gestalt-thérapeute diplômé s’engage sur un plan déontologique dans le but de protéger le patient et de favoriser le travail thérapeutique. Le code de déontologie exige du Gestalt-thérapeute de s’abstenir de tout abus de pouvoir vis-à-vis du patient, de continuer à se former et de reconnaître, le cas échéant, les limites de la prise en charge qu’il peut proposer.
Le Gestalt-thérapeute travaille selon les règles de la confidentialité et du secret professionnel. Son attention première est tournée vers son patient, sa dignité, son intégrité et sa liberté de choix.


4°) La Gestalt-thérapie en chiffres

Quelques 600  thérapeutes exercent la Gestalt-thérapie en France, en cabinet libéral ou en institution.
Une quinzaine d’écoles et d’instituts privés forment les Gestalt-thérapeutes : Bordeaux, Brest, Grenoble, Lille, Lyon, Nantes, Paris, Rennes, Toulouse auxquels s’ajoutent des instituts francophones avec lesquels la France collabore : en Belgique, au Québec et en Suisse.

5°) Où trouver un Gestalt-thérapeute ? 

- Organismes professionnels : CEG-T (www.cegt.org)  et  SFG (www.sfg-gestalt.com)

- Annuaires des Ecoles et Instituts de formation à la Gestalt-thérapie en France, Belgique, Canada, Suisse …