Le carnet de Fritz

En février... à l'iGtb

1février

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En février, à l’igtb,
(cliquer sur les images pour les voir en plus grand)

on continue de jouer avec le temps, celui qu’il fait, celui qu’on prend…

et on ne manque pas d’imagination pour traverser l’un et l’autre… 
on écrit, on colle… on savoure ensemble
on se demande aussi combien ça coûte le temps, parce qu’il est souvent bon de questionner les évidences…
on prend celui rituel, d’une assemblée générale annuelle
et on s’essaye tranquillement au Taï Chi Chuan avec un maître en la matière



      •                      un atelier d’expression ‘écriture - collage’
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un lundi par mois, 
de 19h30 à 22h30

animé par Dominique Michel 
et Laetitia Darricau

Participation 5 € la soirée / Petite collation
Prochaine rencontre le lundi 11 février






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  • un atelier thérapeutique ponctuel
    Le temps, c’est de l’argent ?
le vendredi  8 février  de 19h30 à 22h30
et le samedi 9 février de 9h30 à 17h30
animé par Dominique Michel 
et Pierre-André Beley, gestalt-thérapeutes

Renseignements/inscriptions 06 20 25 37 75



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  • une conférence-atelier 
    Taï Chi Chuan … être présent, être centré
le mardi  19 février  de 18h30 à 21h
animé par Thierry Schmidlin
fondateur de l’Ecole de Taï Chi Européenne

Renseignements/inscriptions 06 20 25 37 75

En janvier... crémaillage ou crémaillaison, c'est selon

28janvier

fritz_janvier_13-small.jpgEh oui, il l’a fait… le 25 janvier. C’est consommé.
L’iGtb a respecté cette vieille et sympathique coutume (médiévale, dit-on) qui consiste à fêter le premier repas pris dans un lieu parce qu’on a pu y accrocher, grâce à une ingénieuse crémaillère, une marmite au dessus du feu… c’est un peu technique, mais l’intéressant dans la crémaillère, c’est qu’elle permet d’amplifier l’effort (car lorsque le pignon fait une rotation, la crémaillère subit une translation… vous suivez ? eh oui, sans crémaillère, pas de funiculaire, ni de soupe)
Bref, l’occasion de réunir quelques amis, et de partager quelques mets, quelques rires et un peu de créativité…
ainsi se sont joyeusement cotoyés Merlin l’enchanteur, Thérèse Desqueyroux, Barbapapa, Mme de Maintenon, Victor Hugo, Blanche-neige, George Sand, Gaston Lagaffe… et d’autres … autour d’une soupe au gingembre, de quelques (euh, quelques ???) pommes de terre et d’une belle forêt noire

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Tant de temps ?

20janvier

ou l’atelier d’écriture-collage du 14 janvier à l’iGtb


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” … et à ce moment-là, c’est venu… quelque chose d’unique… qui ne reviendra plus jamais de cette façon, une sensation d’une telle violence qu’encore maintenant, après tant de temps écoulé, quand, amoindrie, en partie effacée elle me revient, j’éprouve… mais quoi ? quel mot peut s’en saisir ? pas le mot à tout dire : « bonheur », qui se présente le premier, non, pas lui… « félicité », « exaltation », sont trop laids, qu’ils n’y touchent pas… et « extase »… comme devant ce mot ce qui est là se rétracte… « Joie », oui, peut-être… ce petit mot modeste, tout simple, peut effleurer sans grand danger… mais il n’est pas capable de recueillir ce qui m’emplit, me déborde, s’épand, va se perdre, se fondre dans les briques roses, les espaliers en fleurs, la pelouse, les pétales roses et blancs, l’air qui vibre, parcouru de tremblements à peine perceptibles, d’ondes… des ondes de vie, de vie tout court, quel autre mot ?… de la vie à l’état pur, aucune menace sur elle, aucun mélange, elle atteint tout à coup l’intensité la plus grande qu’elle puisse jamais atteindre… jamais plus cette sorte d’intensité-là, pour rien, parce que c’est là, parce que je suis dans cela, dans le petit mur rose, les fleurs des espaliers, des arbres, la pelouse, l’air qui vibre… je suis en eux sans rien de plus, rien qui ne soit à eux, rien à moi.” Nathalie Sarraute, Enfance, 1983

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“ Il y a dans le présent quelque chose que nous ne voudrions pas échanger quand bien même on nous offrirait de vivre dans n’importe quelle époque passée, à notre choix. Et la littérature moderne, avec toutes ses imperfections, a la même prise sur nous et exerce la même fascination. (…) Elle a, comme notre époque, cette qualité qui nous la rend chère : d’être cela même que nous sommes, cela que nous avons fait, cela en quoi nous vivons, au lieu d’être quelque chose qui, bien qu’auguste, nous reste étranger et que nous contemplons du dehors. Et nulle génération n’a plus besoin que la nôtre de chérir ses contemporains. Nous sommes coupés net de nos prédécesseurs. Un changement d’équilibre – le brusque clivage des masses demeurées immobiles pendant des siècles – a ébranlé l’édifice de fond en comble, nous rendant étrangers au passé et peut-être trop intensément conscients du présent.   ” Virginia Woolf, Ce qui frappe un contemporain, 1925

Liens précoces, liens actuels...

1janvier

ou la soirée théorico-clinique du 14 décembre à l’iGtb
animée par Bernadette Godmer et Barbara Fourcade

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Dans l’après-coup de notre soirée du vendredi 14 décembre où étaient rassemblés quelques Gestalt thérapeutes en titre et quelques étudiants du 3e cycle de formation que Dominique Michel avait conviés, il m’est apparu sensé d’écrire quelques lignes synthétisées de l’article de Staemmler, psychologue et Gestaltthérapeute allemand contemporain.

En effet, l’enthousiasme débordant de Barbara avec qui j’ai passé de riches moments d’échanges précédant cette rencontre ne m’a pas laissé le loisir d’aller dans le sens que je voulais donner à mon intervention. S’agit-il d’un processus régressif ? Il est vrai qu’il était difficile de priver Barbara du plaisir qui semblait être le sien, nous présentant et nous expliquant le schéma novateur pour l’époque, de Daniel Stern, datant de 1985, relatif aux différents domaines du « sens du self », ce dont je la remercie.

Pour ma part, ce qui a motivé mon intérêt plus particulièrement pour cet article, c’est l’interpellation de quelques récits de patients qui m’ont amenée à entrevoir qu’il pouvait s’agir de quelques mouvements « régressifs » sans pour autant les affubler de quelconques diagnostics psychopathologiques ou de les faire rentrer dans des grilles de lecture théoriques ou autres conceptualisations a priori. Ma curiosité donc était de voir comment un professionnel Gestaltthérapeute contemporain avaient tenté de théoriser ce que la psychanalyse nomme « régression » et comment je pouvais faire des liens me permettant d’enrichir ma pratique et ma théorisation.

Staemmler fait paraître son article dans le Gestalt Journal en 1997 en anglais puis celui-ci est repris, traduit en français dans le Cahier n° 5 de 1999 du C.E.G.T. intitulé Plain Champ. L’article s’intitule « Vers une théorie des processus régressifs en Gestalt-thérapie. »

Ce qui me frappe en premier lieu, c’est que le concept de « régression » disparaît au profit de « processus régressifs », l’adjectif qualifiant ici des processus.

Outre le fait que son intérêt se soit porté sur ce sujet pour des raisons cliniques, Staemmler va chercher appui parmi d’autres, chez Balint, psychiatre et psychanalyste hongrois (1896-1970) qui a écrit Les Voies de la Régression, Lewin, psychologue américain d’origine allemande (1890-1947) qui s’est entre autres intéressé à la théorie du champ, Moser, psychanalyste et psychothérapeute allemand, né en 1938 dont le travail est axé sur le corps et Daniel Stern, pédopsychiatre et psychanalyste américain qui s’intéresse plus particulièrement aux enfants et qui écrit entre autres parutions, en 1985, Le Monde interpersonnel du Nourrisson.

Pour lire la suite de l’article, cliquez sur ce lien  STAEMMLER_IGTB.odt

En décembre... à l'iGtb

5décembre

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En décembre, à l’igtb,
(cliquer sur les images pour les voir en plus grand)

on s’essaye dans nos nouveaux locaux, ambiance légèrement scandinave, chaleur et lumières, pour tenir tête aux frimas qui s’installent… voire à la fin du monde qui s’annonce.

On s’éclaire de bien des manières, on se fait des films, on reste créatif, on partage des réflexions théorico-cliniques…
on se retrouve aussi pour


  • atelec1-small.jpgun atelier d’expression ‘écriture - collage’
un lundi par mois, 
de 19h30 à 22h30

animé par Dominique Michel 
et Laetitia Darricau
Participation 5 € la soirée / Petite collation
Prochaine rencontre le lundi 10 décembre





  • atelier_gpe13-small1.jpgun atelier thérapeutique de groupe
bi-mensuel, d’octobre à juin 
le jeudi soir de 19h30 à 22h30
animé par Dominique Michel, gestalt-thérapeute,
assistée de  Pierre-André Beley, gestalt-thérapeute

Tarif mensuel  120€ / Engagement pour l’année
Renseignements/inscriptions 06 20 25 37 75
Prochaine rencontre le jeudi 20 décembre
Le groupe est ouvert jusqu’à cette date… il reste quelques places



  • atelier_psychod1.jpgun atelier de psychodrame en groupe
mensuel, jusqu’en juin 
le jeudi soir de 19h30 à 22h30
animé par Dominique Michel
et Bernadette Godmer, gestalt-thérapeutes

Tarif mensuel  60€ / Engagement pour l’année
Renseignements/inscriptions 06 20 25 37 75
Prochaine rencontre le jeudi 13 décembre



  • des groupes de parole

  - Les relations familiales
animé par Bernadette Godmer
renseignements/inscriptions 06 11 08 45 27

Garder un lien avec son parent âgé
animé par Barbara Fourcade, 
Pierre-André Beley
et Valérie Muller
renseignements/inscriptions 06 03 88 90 55

En novembre... à l'iGtb

10novembre

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Changement d’heure, jours qui s’amenuisent, froid qui s’installe… voici, semble-t-il, sur la bruyère et les chrysanthèmes, le vent cornant novembre … Mais pas question de s’apitoyer… essayons plutôt de profiter de ce mois qui souffre d’une assez mauvaise réputation.

C’est justement ce mois-ci que l’iGtb a choisi pour faire un petit pas de côté et prendre, en quelque sorte, de la hauteur…c’est d’ailleurs pourquoi il a pris aussi un certain retard dans ses envois et vous prie de l’en excuser.
En effet, l’association s’installe au n° 11 de la place Zola, où elle continue de vous convier à rester inventif pour traverser les temps assombris.

Merci à Pierre-André, Laetitia, Bernadette, Claude, Jean, Frank, Nathalie, Robert, Francisco, Sylvanie, Sacha … et les autres, pour le prêt généreux de leurs bras ou de leurs compétences affutées
Quelques éléments de transfert  (cliquer sur les photos pour les voir en plus grand)

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et de transformation…

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Pendant ce temps...

20octobre

ou l’atelier d’écriture/collage du 15 octobre  

atelec_oct_2.jpegEléments de réflexion
“Il existe peu de choses auxquelles les êtres humains s’acharnent davantage qu’au malheur. Si nous avions été mis sur terre par un créateur malveillant dans le but exclusif de souffrir, nous aurions de bonnes raisons de nous féliciter de notre enthousiasme à entreprendre cette tâche. Les raisons d’être inconsolable abondent : la fragilité de notre corps, l’inconstance de l’amour, le manque de sincérité de la vie sociale, les compromis de l’amitié, l’effet anesthésiant de l’habitude. Face à des maux si persistants, nous pourrions tout naturellement nous attendre à ce qu’aucun événement ne soit attendu avec autant d’impatience que notre propre extinction…
(…) Au cours de l’été 1922, le journal l’Intransigeant proposa la question suivante : “Un savant américain annonce la fin du monde, ou tout au moins la destruction d’une si grande partie du continent, et cela de façon si brusque, que la mort serait certaine pour des centaines de millions d’hommes. Si cette prédiction devenait une certitude, quels en seraient, à votre avis, les effets sur l’activité des hommes entre le moment où ils acquerraient ladite certitude et la minute du cataclysme ? Enfin, en ce qui vous concerne personnellement, que feriez vous avant cette dernière heure ?”

atelec_oct1-small.jpegLa dernière personnalité consultée sur ses projets pré-apocalyptiques fut un romancier renfermé et moustachu, (…) un homme qui avait passé les quatorze années précédentes au fond d’un lit étroit sous une pile de fines couvertures de laine, à écrire un roman d’une longueur peu commune sans même le secours d’une lampe de chevet convenable. (…) Ravi d’apporter sa contribution à un journal, et en tout cas beau joueur, Marcel Proust adressa à l’Intransigeant la réponse suivante : “Je crois que la vie nous paraîtrait brusquement délicieuse, si nous étions menacés de mourir comme vous le dîtes. Songez, en effet, combien de projets, de voyages, d’amour, d’études, elle-notre vie- tient en dissolution, invisibles à notre paresse qui, sûre de l’avenir, les ajourne sans cesse. Mais que tout cela risque d’être à jamais impossible, comme cela redeviendrait beau ! Ah, si seulement le cataclysme n’a pas lieu cette fois, nous ne manquerions pas de visiter les nouvelles salles du Louvre, de nous jeter aux pieds de Mlle X…, de visiter les Indes. Le cataclysme n’a pas lieu, nous ne faisons rien de tout cela, car nous nous trouvons replacés au sein de la vie normale, où la négligence émousse le désir. Et pourtant nous n’aurions pas dû avoir besoin du cataclysme pour aimer aujourd’hui la vie. Il aurait suffi de penser que nous sommes des humains et que ce soir peut venir la mort.”

atelec_oct_3.jpegSe sentir brusquement arrachés à la vie lorsque nous découvrons l’imminence de la mort laisse penser que ce n’est peut-être pas de l’existence que nous avions perdu le goût tant que la fin n’apparaissait pas à l’horizon, mais de sa version quotidienne, que nos insatisfactions résultaient davantage d’une certaine façon de vivre que d’un élément irrémédiablement morose dans la vie humaine. Ayant abandonné la foi si répandue dans notre propre immortalité, nous nous rappellerions la multitude de possibilités inexplorées qui rôdent sous la surface d’une existence apparemment indésirable et apparemment éternelle.” Alain de Botton Comment aimer la vie aujourd’hui

Youpi... c'est la rentrée

2septembre

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L’été et son cortège d’occupations oisives s’acheminent inéluctablement vers leur fin… réjouissons-nous, voici revenu le temps du labeur …

 A l’iGtb, les propositions s’organisent pour la plupart autour d’un thème et cette année, ce sera  : L’or du temps

L’idée la plus spontanée que chacun se fait du temps est bien celle d’une puissance universelle et implacable : le temps passe, et vite… et au passage, il altère, corrompt, déforme, abîme, use, transforme tout ce sur quoi il passe.  Toute-puissance du temps donc, impitoyable et irréversible. Mais le temps est-il réellement cet ennemi à vaincre, à dominer, à éradiquer ?

Ne peut-on tenter de l’appréhender autrement ?

Si, au lieu de combattre le temps pour le « tuer », on le savoure, on le déguste, on s’en nourrit, on l’absorbe… si on le considère non plus comme un adversaire acharné, mais comme un allié… alors il ne passe ou ne coule plus trop vite comme nous le pensons souvent, mais, comme le suggère Michel Serres, il percole.

Les minutes, mortel folâtre, sont des gangues
Qu’il ne faut pas lâcher sans en extraire l’or ” Charles Baudelaire

avec (cliquer sur les images pour les voir en + grand)

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  • un atelier thérapeutique de groupe
bi-mensuel, d’octobre à juin 
le jeudi soir de 19h30 à 22h30
animé par Dominique Michel, gestalt-thérapeute,
assistée de  Pierre-André Beley, gestalt-thérapeute

Tarif mensuel  120€ / Engagement pour l’année
Renseignements/inscriptions 06 20 25 37 75
Première rencontre le jeudi 11 octobre 




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  • un atelier d’expression ‘écriture - collage’
un lundi par mois,
de 19h30 à 22h30

animé par Dominique Michel 
et Laetitia Darricau
Participation 5 € la soirée / Petite collation
Première rencontre le lundi 15 octobre





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  •  une Journée porte ouverte
 le samedi 6 octobre de 10h à 17h
animée par les Gestalt-thérapeutes de l’iGtb
T
out ce que vous avez toujours voulu savoir sur la Gestalt-thérapie
ou presque…
Des thérapeutes répondent à toutes vos questions.
Présentation de l’iGtb, de ses ateliers…





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* des groupes de parole


  - Les relations familiales
animé par Bernadette Godmer
renseignements/inscriptions 06 11 08 45 27




grouparol-small.jpgGarder un lien avec son parent âgé
animé par Barbara Fourcade,
Pierre-André Beley et Valérie Muller
renseignements/inscriptions 06 03 88 90 55









Mesclun balnéaire

20août

par Fritz, anadyomène*

avec

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  • une bande dessinée indémodable et savoureuse qui nous entraîne aux bains de mers à la suite de la famille Fenouillard, célèbre échantillon humain que l’on doit au génial précurseur de la bd, Christophe (1856-1945) et dont on ne se lasse pas… tant l’humour y est subtil, le style élégant, et la critique à la fois ironique et tendre…
dans ce passage, une observation très fine des relations de couple face à la nouveauté de la situation… Régalez-vous là La_famille_Fenouillard_aux_bains_de_mer___Christophe.doc

  • une intéressante réflexion sur le vif, à méditer
la_vague-small.jpg“Je sais nager … Formidable. Qu’est-ce que ça veut dire ? C’est tout simple : ne pas savoir nager, c’est être à la merci de la rencontre avec la vague. Alors, vous avez l’ensemble infini des molécules d’eau qui composent la vague ; ça compose une vague et je dis: « c’est une vague » parce que ces corps les plus simples que j’appelle « molécules », en fait, ce n’est pas les plus simples, il faudra aller encore plus loin que les molécules d’eau. Les molécules d’eau appartiennent déjà à un corps, le corps aquatique, le corps de l’océan, etc., ou le corps de l’étang, le corps de tel étang. C’est quoi la connaissance du premier genre ? C’est : aller, je me lance, j’y vais, je suis dans le premier genre de connaissance : je me lance, « je barbote » comme on dit. Qu’est-ce que ça veut dire « barboter » ? Barboter, c’est tout simple. Barboter, le mot indique bien, on voit bien que c’est des rapports extrinsèques. Tantôt la vague me gifle et tantôt elle m’emporte ; ça, c’est des effets de choc. C’est des effets de choc, à savoir : je ne connais rien au(x) rapport(s) qui se compose(nt) ou qui se décompose(nt), je reçois les effets de parties extrinsèques. Les parties qui m’appartiennent à moi sont secouées, elles reçoivent un effet de choc des parties qui appartiennent à la vague. Et alors tantôt je rigole et tantôt je pleurniche, suivant que la vague me fait rire ou m’assomme, je suis dans les affects-passion.” Gilles Deleuze, transcription du cours du 17 mars 1981 (Vincennes)
  • une très riche expo à la bnf sur le thème, La mer entre terreur et fascination, à consulter sans modération

La mer inspire à l’homme des sentiments qui oscillent entre terreur et fascination. La connaissance de l’élément marin a été progressive, faite de controverses et de théories successives, alimentées à la fois par les progrès scientifiques et par l’imaginaire. Pour Michelet, “c’est par la mer qu’il convient de commencer toute géographie”. Or l’océan est longtemps resté une énigme. Comment naît la mer ? A-t-elle un fond ? Quelle est son étendue ? Est-elle franchissable ? D’où viennent ces mouvements qui l’agitent telle une respiration ? 

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Pour répondre à quelques unes de ces questions et plonger au coeur du mystère de la mer, cette inconnue, c’est ici

  • un célèbre classique, à lire et relire encore, car toujours d’actualité, L’homme et la mer, de Baudelaire

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Homme libre, toujours tu chériras la mer !
La mer est ton miroir ; tu contemples ton âme
Dans le déroulement infini de sa lame,
Et ton esprit n’est pas un gouffre moins amer.

Tu te plais à plonger au sein de ton image ;
Tu l’embrasses des yeux et des bras, et ton coeur
Se distrait quelquefois de sa propre rumeur
Au bruit de cette plainte indomptable et sauvage.

Vous êtes tous les deux ténébreux et discrets :
Homme, nul n’a sondé le fond de tes abîmes ;
Ô mer, nul ne connaît tes richesses intimes,
Tant vous êtes jaloux de garder vos secrets !

Et cependant voilà des siècles innombrables
Que vous vous combattez sans pitié ni remord,
Tellement vous aimez le carnage et la mort,
Ô lutteurs éternels, ô frères implacables !

  • Allez, plouf
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* anadyomène qui sort de l’eau, qui émerge…

Mesclun vagabond

15juillet

By Fritz, qui fait son baluchon…

Partir…
Quand tu aimes, il faut partir.
Le monde entier est toujours là,
la vie pleine de choses surprenantes..
.
écrivait le poète, infatigable bourlingueur s’il en est, Blaise Cendrars.

L’importance de l’ailleurs… ah, l’Ailleurs ! mais au fait où se situe l’ailleurs ?
Aux Antipodes ? Au bout de sa rue ? Dans les livres ?
Dans sa propre tête, où se génèrent les images et les mots qui construisent les rêves des vrais voyageurs ?
Un petit mesclun, avec quelques éléments de réponse…

  • un guide de référence sur les mobilités contemporaines, Désirs d’ailleurs, du socio-anthropologue Franck Michel (Presses de l’Université Laval) qui nous conduit vers une anthropologie des voyages.

magritte-small.jpgLe voyage est à la mode, mais qu’est-ce que le voyage aujourd’hui ?
Les figures mythiques du découvreur, de l’explorateur et de l’aventurier planent au-dessus de nos têtes baladeuses et façonnent toujours notre vision de l’autre et de l’ailleurs, mais le monde change et nos manières de voyager évoluent : la vitesse et la rentabilité, entre autres facteurs de notre incontrôlable modernité, imposent de nouvelles formes de migrations qui sont aux antipodes du vrai sens du voyage.
Le voyage est d’abord une rencontre humaine, un cheminement vers soi et une quête de l’autre grâce au détour de l’ailleurs.
Voir le monde, c’est prendre le temps de le contempler. découvrir les richesses culturelles et naturelles d’une contrée, c’est accepter de se laisser toucher par elle. Ouvrir ses yeux et son coeur permet au voyage d’être autre chose qu’un simple déplacement dans l’espace.
Voyager… c’est réapprendre l’art de la flânerie, retrouver le sens du jeu et de la fête, s’immiscer dans l’espace-temps de l’autre. On voyage pour mieux se souvenir d’où l’on vient. A la fois mythe et rite, tout voyage cacherait en lui un pèlerinage.


  • un auto-portrait d’Erik Nordenankar, artiste suédois, qui a réalisé le plus grand dessin du monde grâce  à une valise GPS.
Le tracé virtuel s’étend sur 110 066 kilomètres et traverse 62 pays… la France a ainsi servi à dessiner l’oreille.
La valise est devenu mon stylo, et le monde mon papier” a joliment commenté l’artiste 
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  • un incontournable, L’art du voyage, du philosophe Alain de Botton (Pocket) 

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Qu’il nous conduise chez Proust, dans la campagne anglaise ou à travers les méandres du coeur humain, Alain de Botton est le meilleur des guides qui nous mène, avec une ferme douceur, de merveille en merveille. D’immenses plaisirs et autant de surprises nous attendent à Madrid, en Provence, à la Barbade ou Amsterdam. 

La poésie surgit partout où on ne l’attend pas, dans les gares, les aéroports, les stations-service, ou les plus tristes chambres d’hôtel. 

Baudelaire, Van Gogh, Flaubert sont nos compagnons de route et tout n’ont qu’une idée en tête : nous apprendre à mieux vivre, à mieux voir, à mieux aimer…

ainsi qu’une très bienvenue tente-livre pour lecteur-voyageur


  • un essai érudit sur l’art de (mal) voyager ou les voyages ratés, Le voyage était presque parfait, de Jean-Didier Urbain (Payot)

voyages_rates-small.jpgSans jugement, l’auteur épie l’Homo touristicus qui sommeille en nous et se réveille au moment où nous espérions trouver et renvoyer au monde le meilleur de nous-même. Car, même s’il adopte souvent la rassurante stratégie dite « du banc de poissons », le touriste rêve toujours d’être davantage que ce qu’il est.
Ce portrait est parfois ironique, souvent sans concession : l’échec du voyage n’est pas seulement dû aux accidents de parcours, il est aussi une prédisposition. Le voyageur qui reste emprisonné par ses certitudes oublie de douter. En refusant l’imprévu, il raye le disque d’un scénario trop strict. L’inadéquation entre lui et son décor creuse le lit de ses déboires.
Et pourtant, celui que Jean-Didier Urbain nomme le « mésaventurier » cherche toujours à se dédouaner, se perdant dans les méandres de courriers de doléances aux tours-opérateurs et éditeurs de guides. L’auteur dissèque la victimologie du voyageur : est-il trompé ou se trompe-t-il ?
Loin de la pratique épistolaire de la plainte, le retour est aussi le moment de briller en société. Impossible est alors tout aveu d’échec qui pourrait ternir le récit, assombrir la représentation idéalisée que ceux qui sont restés se font de la destination et du voyageur : un aventurier baroudeur dans un paysage dépaysant et idyllique. La déception, elle aussi socialement incorrecte, est dissimulée par l’Homo touristicus. Car le retour est aussi le moment de se confronter à la réalité de la destination et du lieu de départ : comme à la sortie d’une salle de cinéma, on réalise alors que rien n’a changé.

Le Voyage était presque parfait nous fait croquer les absurdités et frustrations de la société de consommation. Il ne s’agit pas ici de se moquer de ses victimes, mais de purger la hantise asphyxiante d’une aventure imparfaite.

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Cinq ans...

30juin

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Vers une écologie de la relation...

20juin

ou l’atelier-conférence de Maëlle Andriamanjay, le 15 juin à l’iGtb

maelle_1-small.JPGMaëlle nous a entraînés dans un voyage qui part d’une égologie, ou culte de l’individu, pour aller vers une écologie de la relation, ou co-individuation continue… dans la situation thérapeutique


Perspective individualiste ou égologie

Modèle très ancré dans notre culture par le legs cartésien et les orientations de la philosophie occidentale, depuis Platon. Le développement de la science s’est en grande partie fait dans une optique « positiviste ». La psychanalyse, qui se voulait fille de la science, s’est appuyée sur ce modèle. On le retrouve également chez Fritz Perls, qui a été psychanalyste, et chez les thérapeutes qui sont restés dans son sillage.

Dans cette perspective, le self est identifiable à une entité sujet, un soi. Il est premier, posé comme séparé de l’environnement et donc de l’Autre, qui est perçu comme compétitif avec le soi. La relation est secondaire et vue comme rapport sujet-objet ou rapport de deux objets. La réalité est comprise comme réalité objective, elle préexiste à la perception du soi. La communauté est perçue comme ce qui fondamentalement limite l’expression du soi. La santé est vue comme possibilité de concilier « un maximum d’expression de soi avec l’auto-préservation ». Il y a une conception du développement humain qui part d’une dépendance infantile et qui va vers plus d’autonomie à l’âge adulte. La thérapie intervient comme pouvant corriger ce qui dysfonctionne et permettre le « compromis entre pulsions naturelles et contraintes sociales ». Elle travaille à l’ajustement, à l’adaptabilité du self à l’environnement. Elle se centre sur le développement intra-psychique, et renforce l’autonomie du sujet. Le contact est compris comme lamaelle_2-small.JPG recherche de la satisfaction d’un besoin.

—> un modèle qui isole patient et thérapeute et encourage l’auto-suffisance. Le thérapeute est en position d’expert, il sait quelle sorte de soutien prodiguer à son patient, de façon à ce que cela puisse devenir de l’auto-soutien. 

Perspective dialogale ou je/tu

La philosophie de Martin Buber (1878-1965) est à l’origine des fondements conceptuels de l’approche dialogale. Le « je » y est toujours inscrit dans une relation, soit « je/cela », soit « je/tu ». Lorsque le thérapeute a un projet à l’égard de son patient et cherche à l’amener ici plutôt que là, il est dans un je/cela objectivant. Lorsque la rencontre thérapeutique est une rencontre de type existentiel de deux personnes engagées dans un dialogue, dans une attention à l’éprouvé, sans attente de résultats, on est dans la philosophie du je/tu. Le modèle est interactionniste. Le sujet ne peut exister seul.  La thérapie est abordée en termes de relation. Le thérapeute est dans une présence soutenante, qui tient à son authenticité, sa relative transparence, à l’opposé d’une neutralité bienveillante. Ce type de présence apporte des bords sécurisants à l’expérience du patient, à la fois corde, perche et filet. Pas de sujet en dehors de la relation à l’autre et au contexte, il s’agit d’une conception non individualiste de la subjectivité. Importance des interactions, de la co-affectation, de l’entre-deux, du tissage d’une trame commune.

maelle_3-small.JPG—>Un pas vers l’écologie de la relation : je ne peux changer que parce qu’il y a de l’autre, dont j’ai besoin. Mais un modèle qui reste dans le paradigme individualiste. Le self reste un soi intra psychique qui se tourne vers l’extérieur. Le modèle dialogal suppose deux  positions d’emblée différenciées.

Perspective de champ ou écologie relationnelle

La dynamique de champ repose sur une indissociabilité organisme/environnement. L’un ne peut se concevoir sans l’autre, qui sont tous deux dans un rapport touchant/touché. Le champ est à entendre comme champ d’expérience, champ pour une subjectivité ou une conscience, comme cela a été théorisé par les phénoménologues, notamment Merleau-Ponty (1908-1961). Il ne s’agit plus de penser en termes d’interactions, ce qui est premier, c’est la situation. La situation thérapeutique s’ouvre sur une indifférenciation. Un fond indifférencié et commun disponible pour qu’une forme, une Gestalt, advienne, de la rencontre des champs d’expérience. Ni le thérapeute, ni le patient ne sont d’emblée à considérer comme responsable de ce qui advient, ils en sont co-responsables. Le thérapeute est sensible à la façon dont il est touché par ce qui se passe : Mon ressenti en présence de l’autre est un indicateur de ce qui est dans le champ : ça parle de moi, ça parle de l’autre, ça parle de la situation, ça parle de l’atmosphère, ça parle de notre rencontre. JM Robine, in « S’apparaître à l’occasion d’un autre », Ed L’Exprimerie.

—> Le self n’est pas réductible au sujet, mais se déploie à la frontière entre moi et non-moi. Il est le système de contacts de tous les instants, qui s’actualise dans une prise de « forme ». Cela ne signifie pas qu’il n’y a pas d’individu, car la dimension intra psychique est englobée dans la perspective de champ, il y a bien un « je », une différenciation, mais elle n’est pas première, elle est continue. Le self est le processus de subjectivation lui-même. Le processus par lequel un je et un tu adviennent et se co-individuent par la rencontre. Il s’agit d’une co-dépendance constructive, la voie vers une écologie de la relation.

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En juin... à l'iGtb

1juin

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En juin, à l’igtb,
(cliquer sur les images pour les voir en plus grand)

on s’abandonne au temps des cerises et à la musique, car sans elle, “le monde, la vie serait une erreur, une fatigue, un exil” affirmait Nietszche, 

et puis elle « adoucit les moeurs»…  tiens, Aristote soutiendrait-il encore une telle idée politique, 24 siècles après l’avoir émise ?  L’autre est ce qui fait société, et le mode d’échange à l’autre, ce qui construit la qualité d’une société : soit des relations consuméristes, soit la recherche d’un mode de relations basé sur l’écoute, la participation, le don, la contribution… Se confronter à l’altérité, c’est se donner la liberté de la découverte d’un ailleurs insoupçonné, stimulée par une musique qui résonne au coeur de ceux qui désirent autre chose qu’un simple divertissement. C’est militer pour d’autres choix que ceux de la consommation culturelle massive.

 

De la musique avant toute chose, 

donc, 

Et pour cela préfère l’Impair 

Plus vague et plus soluble dans l’air, 

Sans rien en lui qui pèse ou qui pose

 

et on cherche toujours à définir et promouvoir la Gestalt-thérapie et sa démarche, avec

  

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  • une journée découverte

     

le samedi 2 juin 

de 19h à17h


des thérapeutes se proposent
de vous faire découvrir

goûter, voire  déguster…

les spécificités de la 

Gestalt-thérapie


Participation 5 €





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  • une conférence-atelier

     
Vers une écologie de la relation
La Gestalt thérapie, une thérapie du contact
le vendredi 15 juin 
à 19h30

avec Maëlle Andriamanjay

Participation 5 €
Petite collation





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  • et un anniversaire…

le 5e, eh oui, déjà !

Pour fêter ça, l’igtb, vous invite 
à passer la soirée
du vendredi 29 juin, 
avec lui

pour manger, boire,  jouer 

et souffler des bougies

en toute convivialité…

La Gestalt-thérapie... ?

28mai

Micro-extrait de la conférence de D. Michel sur la Gestalt-Thérapie
le 21 mai 2012 à Mérignac, organisée par l’Association Paroles-Bégaiement

DM___MC-small.JPG(…) Le fondement principal de la théorie de la Gestalt-thérapie est de considérer l’individu dans son interaction permanente et changeante avec l’environnement. Tout appréhension d’un individu est envisagé comme processus dynamique de contact du sujet à son environnement. Dans ce processus de contact, se créent en permanence des formes (gestalten)  dans une dynamique soi/non soi…

Quelle est la répercussion pratique de ce présupposé fondamental de notre théorie ?

Notre attention de thérapeute va donc se porter sur la manière dont le sujet contacte son environnement, comment il se meut, part à la découverte de l’inconnus’étonne, s’émeut, c’est à dire comment il est affecté par les circonstances dans lesquelles il est pris et qu’il transforme à son tour. Comment un individu met-il en forme son expérience à partir des situations dans lesquelles il est agi et qu’il contribue à créer en même temps ? Formes fluides, satisfaisantes pour celui qui les produit, ou formes répétitives, encombrantes, insatisfaisantes… 

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Ainsi, ce que nous pensons être la santé psychologique,c’est la capacité d’une personne à pouvoir continuer un processus de découverte et d’invention, de re-création d’elle-même et de l’autre, d’instant en instant,  dans chaque situation. C’est sa capacité à pouvoir continuer à se transformer au contact de ce qui n’est pas elle et de transformer ce qui l’entoure par la même opération.

Ce qui va être considéré comme pathologique, en revanche, ce sont les formes d’expérience figées, toutes les fois que ce processus de construction, destruction de formes se grippe, se crispe, se fige dans une forme qui se répète et insiste, pouvant aboutir à la création d’un symptôme, forme qui advient quels que soient l’environnement et les circonstances dans lesquels se trouve la personne et qui la fait souffrir. La pathologie est cette difficulté, voire cette incapacité, à créer des formes neuves, renouvelées et ajustées, en réponses aux situations qui sont toujours singulières. (…)

Mesclun philodendrique

18mai

…by Fritz, très “branché” 

boubichevat-small.jpgLes plus grandes civilisations humaines ont fait de l’arbre un symbole d’immortalité et de renouveau : celui de la végétation, celui des amours,  celui du pouvoir. C’est le sens du “Mai
”, cet arbre pavoisé que l’on dresse toujours aux nouveaux élus en Corrèze (…) et dans tout le sud-ouest. Des arbres en l’honneur des hommes donc, et c’est bien justice, des hommes mettant à l’honneur l’arbre… parce que, comme le dit Gaston Bachelard, L’arbre agrandit ce qui l’entoure” 

avec

  • un très beau texte de Christian Bobin, dans Autoportrait au radiateur, 1997

Hier après-midi, je suis tombé amoureux d’un arbre. Il passe ses jours au bord d’une route départementale, à une dizaine de kilomètres d’ici. Son feuillage surplombe une partie de la route. En traversant l’ombre qu’il donne, j’ai levé la tête, regardé ses branches. Comme à l’entrée d’une église, les yeux se portent d’instinct vers la voûte. Son ombre était plus chaude que celle des églises. Une des plus fines expériences de la vie est de cheminer avec quelqu’un dans la nature, parlant de tout et de rien. La arbre-small.jpgconversation retient les promeneurs auprès d’eux-mêmes, et parfois quelque chose du paysage impose le silence, impose sans contraindre. L’apparition de cet arbre a fait surgir en moi un silence de toute beauté. Pendant quelques instants je n’avais plus rien à penser, à dire, à écrire et même, oui, plus rien à vivre. J’étais soulevé à quelques mètres au-dessus du sol, porté comme un enfant dans des bras vert sombre, éclaircis par les taches de rousseur du soleil. Cela a duré quelques secondes et ces secondes ont été longues, si longues qu’un jour après elles durent encore. Je ne retournerai pas voir cet arbre - ou bien dans longtemps. Ce qui a eu lieu hier m’a comblé. Il me semblerait vain d’en vouloir la répétition. Vain et inutile : en une poignée de secondes, cet arbre m’a donné assez de joie pour les vingt années à venir - au moins.    

  • un poème de Jules Supervielle  qui remonte aux origines … Le premier arbre

 C’était lors de mon premier arbre,
 J’avais beau le sentir en moi
 Il me surprit par tant de branches
 Il était arbre mille fois
 Moi qui suis tout ce que je forme
 Je ne me savais pas feuillu,
 Voilà que je donnais de l’ombre
 Et j’avais des oiseaux dessus.
 Je cachais ma sève divine
 Dans ce fût qui montant au ciel
 Mais j’étais pris par la racine
 Comme à un piège naturel.
 C’était lors de mon premier arbre,
 piet-mondrian-lartiste-aimait-peindre-arbres--L-VLW2Ea-small.jpegL’homme s’assit sous le feuillage
 Si tendre d’être si nouveau.
 Etait-ce un chêne ou bien un orme
 C’est loin et je ne sais pas trop
 Mais je sais bien qu’il plut à l’homme
 Qui s’endormit les yeux en joie
 Pour y rêver d’un petit bois.
 Alors au sortir de son somme
 D’un coup je fis une forêt
 De grands arbres nés centenaires
 Et trois cents cerfs la parcouraient
 Avec leurs biches déjà mères.
 Ils croyaient depuis très longtemps
 L’habiter et la reconnaître
 Les six-cors et leurs bramements
 Non loin de faons encore à naître.
 Ils avaient, à peine jaillis,
 Plus qu’il ne fallait d’espérance
 Ils étaient lourds de souvenirs
 Qui dans les miens prenaient naissance.
 D’un coup je fis chênes, sapins,
 Beaucoup d’écureuils pour les cimes
 L’enfant qui cherche son chemin
 Et le bûcheron qui l’indique,
 Je cachai de mon mieux le ciel
 Pour ses distances malaisées
 Mais je le redonnai pour tel
 Dans les oiseaux et la rosée.

  • une exhortation de Pierre de Ronsard, déjà au XVIe siècle… dans Élégies

piet-mondrian-lartiste-aimait-peindre-arbres--L-8mh3RE-small.jpegEcoute, bûcheron, arrête un peu le bras !

   Ce ne sont pas des bois que tu jettes à bas ;

       Ne vois-tu pas le sang, lequel dégoutte à force,

            Des nymphes qui vivaient dessous la dure écorce ?

 

  • et un intéressant plaidoyer en faveur des arbres à l’intention des élus, énarques et autres hommes de pouvoir, de Francis Hallé, Du bon usage des arbres, paru chez Actes Sud, collection Domaine du possible… On y trouve par exemple ces dix commandements pour les arbres… A méditer

Respect. Les arbres sont des êtres vivants, aussi vivants que vous ou moi. Mieux : ils sont nos protecteurs. Accordez-leur le respect auquel ils ont droit en tant qu’êtres vivants et ne les traitez jamais par le mépris, comme s’ils n’étaient que du mobilier urbain.

 Anticipation. Avant de planifier un édifice ou un quartier neuf, faites appel à un urbaniste qui saura placer d’abord les espaces verts et les lignes d’arbres : le bâti viendra seulement par la suite.

 Du_bon_usage_des.-small.jpgCompétence. Sachez vous entourer des meilleures compétences pour le choix des essences, la plantation, les tailles de formation, l’élagage du bois mort et les diagnostics de sécurité.

 Prévoyance. Prévoyez, pour chaque arbre planté, un volume suffisant pour sa couronne et ses racines lorsqu’il sera devenu adulte : cela rend les tailles inutiles. N’oubliez jamais qu’un arbre non taillé n’est pas dangereux.

 Modestie. Ne plantez jamais de “gros sujets” destinés à faire impression : c’est à la fois une perte de temps et un gaspillage financier. La “frime” et les arbres ne vont pas ensemble.

 Honnêteté. Ne croyez pas - et ne tentez pas de faire croire - que dix jeunes arbres vont remplacer un grand et vieil arbre abattu : c’est une contrevérité sociale, écologique et financière.

 Non-violence. Ne taillez ni les branches ni les racines d’un arbre, sauf obligation absolue. Ce n’est pas esthétique et cela rend l’arbre dangereux.

 Civisme. Soyez intraitables avec les comportements laxistes et inciviques vis-à-vis des arbres en ville : chocs, mutilations, etc. Ils supportent très mal toute forme d’agression.

 Protection. N’oubliez jamais qu’abattre les arbres le long des axes routiers n’est en aucun cas une réponse adaptée aux problèmes de la sécurité routière.

 Gratitude. Aimer les arbres, c’est une autre façon d’aimer l’homme. Aimez vos arbres et vous aurez la satisfaction de constater que vos concitoyens vous en témoigneront de la gratitude

Au calme...

5mai

ou le printemps du poète
pom-small.jpgJ’étais autrefois bien nerveux.

Me voici sur une nouvelle voie :

Je mets une pomme sur ma table.

Puis je me mets dans cette pomme.

Quelle tranquillité !

 

Henri Michaux  

Plume  (Gallimard, 1963)

Eloge de la folie

1mai

… ou les écrans-psy de l’igtb

Monde-sans-fous-small.jpg

Si, comme l’affirmait Lucien Bonnafé, psychiatre désaliéniste, « on juge une société à la manière dont elle traite ses fous », on a vraiment de quoi s’inquiéter.

Un monde sans fous ? est un documentaire de Philippe Borrel (France - 2009 - 1h07 – Vidéo en poche),  qui va à la rencontre de ceux qui flirtent avec la folie : les patients, les soignants, mais aussi les experts qui analysent les signes de folie et pas toujours avec les mêmes critères … pour dresser un état des lieux des structures de prise en charge des personnes présentant des troubles mentaux, de l’hôpital psychiatrique aux équipes mobiles de rue, des centres médico-psychologiques en milieu ouvert jusqu’au milieu carcéral.

voir ici quelques intéressants entretiens issus de ce documentaire 

Le documentaire prend le parti de David contre Goliath …

Goliath : Comportementalistes et neuro-psychiatres, mus par une volonté hégémonique inquiétante, s’attaquent, grâce aux neurosciences et autres méthodes cognitivistes, aux troubles, qu’ils mesurent, soupèsent et quantifient grâce à des batteries de tests plus scientifiques les uns que les autres. L’objectif annoncé : réinsérer les patients au plus vite et de manière pragmatique dans la « vie ordinaire », les rendre “autonomes”.

pierre-de-folie-small.jpgCes « techniques » présentent sans doute l’intérêt d’améliorer dans quelques cas l’état des patients en supprimant certains « troubles », mais leurs défenseurs ont tendance à oublier de questionner les notions de pathologie et d’autonomie, et semblent se préoccuper moins de l’insertion sociale des patients que des contraintes gestionnaires de l’hôpital et de l’intérêt des lobbies pharmaceutiques… Une «psychiatrisation » générale (dépistage, contrôle et surveillance) de la société semble s’instaurer, dans laquelle on traque le symptôme en chacun de nous, et ce jusque dans les écoles : ( les classifications internationales, et autre DSM, recensent un nombre toujours croissant de troubles, pour certains fabriqués de toutes pièces pour répondre aux demandes des laboratoires) … pour mieux l’éradiquer. Et on découvre même, effrayé, l’existence d’un pacemaker cérébral qui rectifie les émotions et contraint au bonheur obligatoire : même plus moyen d’être tranquillement dépressif…!!!

David : Certains thérapeutes, conscients de la nécessité d’accompagner au long cours ces maladies chroniques souvent inextricablement liées à des difficultés sociales et familiales, tentent de maintenir une présence et une attention quotidienne, malgré le peu de moyens et contre la logique « industrielle » des dernières réformes de l’hôpital. La construction patiente d’une relation de confiance qui permet d’écouter et de rassurer, cette approche clinique qui nécessite du temps et de la présence humaine, qui crée une « contenance », est en train d’être remplacée par une comptabilité des soins : quantifier et  normaliser les actes thérapeutiques, pour mieux privilégier ceux qui sont les plus efficaces (?) et aussi les plus rentables, économiquement.

Or n’est-il pas difficile, voire impossible, d’évaluer ce qui fait le fondement du travail thérapeutique qui « n’est pas un champ réductible à un savoir constitué » ? La qualité de la relation humaine, qui constitue l’outil principal de toute action thérapeutique, ne se mesure pas…

jardintherapeutique-small.jpgIl y a donc à continuer de « jardiner » à la fois symboliquement et réellement, en réintroduisant de la vie là où elle est mise à rude épreuve. Quelques-uns s’y emploient.  Cf par exemple, Les jardins thérapeutiques (à ce propos voir ici et aussi ) : Le jardin et le jardinage stimulent les sens, les émotions, la mémoire, diminuent le stress, donnent une raison de vivre. Prendre soin  des jardins permet d’attendre les saisons avec jubilation, l’avenir avec joie…

 —> Un monde sans fous ? c’est aussi un livre de Philippe Borrel, aux éditions Champ Social

—> voir aussi le site du Collectif des 39  Contre la Nuit Sécuritaire

En mai... à l'Igtb

30avril

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En mai, à l’igtb,
(cliquer sur les images pour les voir en plus grand)

on franchit allègrement quelques ponts, parce qu’ils relient et rapprochent… 

“De quelles poutres, de quelles pierres, de quel béton bâtir les ponts pour qu’ils puissent unir des rives différentes ? Comment une même matière, bois ou fer, peut-elle toucher à la fois droite et gauche, France et Allemagne, terre et paradis ?(…)  Trait d’union matérialisé, le pont réunit des altérités. Sur le Bosphore, il met en court-circuit l’Europe et l’Asie. Je ne sais s’il convertit, traduit, transmute ou transsubstantie, reste que sa matière, sa substance, bois, pierre ou béton, s’adapte à des rivages sans rapport… 

Sans pont donc, pas de chemin ; entendez par là de connexion d’un point, tel, à un autre, tout autre. Sans pont donc, pas de méthode ; entendez par elle, un chemin du même à l’autre…”   Michel Serres, in L’art des ponts, homo pontifex, Ed Le pommier

… et on cherche aussi à savoir de quoi nous parlons quand nous parlons d’émotions, on explore un moyen créatif d’exprimer son agressivité, et on donne quelques clefs pour aborder la Gestalt-thérapie

avec

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      •    

            • Un atelier thérapeutique

            Les émotions, ça sert à quoi ?

            le vendredi 4 mai
            de 19h30 à 22h30
            et le samedi 5 mai 2012
            de 9h30 à 17h30

            animé par Pierre-André Beley et Dominique Michel

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        • Un atelier d’expression créatrice

        La mosaïque, dans tous ses états

        le samedi 13 mai 2012

        de 10h à 17h
        animé par Christine Artiga
        Gestalt-thérapeute

        Tarifs 60 € la journée

        Ouvert à tous


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  • Une conférence,
    en association avec
    APB, Association Parole Bégaiement

    • “La Gestalt-thérapie ?”

le lundi 21 mai à 20h30

animée par Dominique Michel

à la Maison des Associations 
Av. Mal de Lattre de Tassigny
Mérignac (face Pin Galant)


Vous avez dit convivialité ?

25avril

Compte-rendu de la soirée du 13 avril à l’IGTB  - La convivialité

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Bernadette Godmer et Dominique Michel nous ont réunis à l’IGTB le 13 avril dernier, autour de Paul Goodman et de Ivan Illich pour aborder le thème de la convivialité. Outre le fait que la soirée fut effectivement conviviale autour de tapas et d’une bonne bouteille de vin, nous avons appris  beaucoup de choses fort utiles en ces temps d’espoirs et de désespoirs électoraux…

Dans le dernier chapitre de Growing up absurd  écrit en 59-60 (Direction absurde, en français), Paul Goodman (1911-1972), n’utilise pas le terme de convivialité, mais parle de communauté, d’un manque de communauté.

goodman-small.jpgRegardant la société américaine des années 60, il montre que les changements  n’ont pas été radicaux.  Il  parle d’une « révolution manquée dont nous avons hérité ». Il évoque « les causes perdues de l’histoire » et montre comment celles-ci hantent nos esprits.  Son constat est sévère, mais il ne désespère pas de la possibilité d’un changement. « Ce n’est pas l’esprit des temps modernes qui rend la société difficile pour les jeunes, c’est que l’esprit ne s’est pas suffisamment réalisé ». Son utopie est « une direction de sens ».

Quelques éléments repris de son constat :  

« The rat race » d’après Goodman, c’est la  « course des places » du système organisé dans laquelle : « des jeunes gens brillants s’y donnent à fond, même s’ils n’y croient pas, trop effrayés à l’idée de s’arrêter ».

Les retombées sont néfastes pour les jeunes. La société n’est pas cohérente dans son ensemble. La culture est factice, elle est basée sur le sensationnel. Les ingénieurs sont incompétents. Les travailleurs sont indifférents. La religion est inutile. Les jeunes n’ont plus d’idéal, l’école est médiocre. D’une manière générale, le système organisé d’Etat est une abstraction, il ne prend pas en compte les besoins fondamentaux de la population en particulier ceux de la jeunesse et crée des êtres dépourvus de vitalité et de créativité.

Si les changements avaient eu lieu, on aurait pu :

Soutenir les progrès techniques. Penser le travail et les loisirs. Accorder des crédits pour les biens publics. Permettre aux ouvriers de gérer eux-mêmes leurs entreprises Permettre le développement de la créativité. Concevoir l’égalité des sexes. Promouvoir une culture populaire. Accorder le droit aux enfants de gagner de l’argent. Reconnaître la sexualité des plus jeunes. Leur permettre d’avoir des activités concrètes.

Comment cela pourrait encore être possible ?

En revenant à une échelle raisonnable (l’éco-niche). En décentralisant. En restaurant du lien social (intergénérationnel notamment). En restaurant l’esprit de communauté et le patriotisme. En permettant aux jeunes de devenir adultes. En se concentrant sur l’éducation.  En soutenant les vocations religieuses. En évitant l’enseignement et la médecine de masse. En libérant l’homme de la machine par rapport à laquelle, il doit s’adapter. En écoutant les ouvriers. En produisant utile. En accordant une aide financière aux immigrants et aux pauvres. En éliminant les grands ensembles, en développant les petits journaux, les petits théâtres…

La convivialité pour Ivan IIlich

A propos de la convivialité 

Au sens commun, le terme a perdu de sa force. Dire c’est convivial, c’est comme dire « c’est sympathique ». Le terme se rapproche d’autres adjectifs comme « immatériel », « léger ». Il annule ainsi le corps, la matérialité des corps. Le sens commun donnerait à cette notion une valeur plus post moderne qu’ humaniste.

Le mot a du succès : la convivialité apparaît désirable, même si elle est reliée à une forme de superficialité opposée à l’authenticité. Le terme semble désigner un état souhaité du lien social. Ce serait en fait la  promesse d’une communauté sans implication. Elle semble bien meilleure car débarrassée de la contrainte de l’engagement du corps et en quelque sorte purgée de toute parole parlante (cf Merleau-Ponty).

La convivialité pourrait ainsi être rapprochée de la « conversation » à la Renaissance, qui évoquait aussi la superficialité, l’évitement, l’échappatoire à la mort, mais qui regardait néanmoins l’homme (l’humain) en face. Aujourd’hui, la convivialité est indirecte, médiatisée. On pense à Internet, à cette convivialité qui n’implique aucun engagement ni avec la machine, ni avec les gens. On a pleins d’amis sans finalement en avoir aucun. C’est une communication privée de corporéité. La singularité incarnée est exclue, le corps et l’esprit sont disjoints.

Qu’est ce qui fait qu’une réunion apparaît comme conviviale aujourd’hui?

- l’égalitarisme des membres (situation proche de la fusion) – pas de présence singulière
- la situation, purgée de toute agressivité, de tout désir
- le dialogue, mais sans vraie parole – car la parole incarnée tranche et menace

 Qu’est ce qui pourrait faire une autre convivialité ?

illich-small.jpgC’est ici que nous trouvons la définition qu’en donne Ivan  Illich en 1973, penseur critique de sa société et disciple de Goodman. La convivialité pourrait être autre, si trois choses étaient réunies : le désir, la parole, le corps. La société conviviale serait le contraire d’une chosification généralisée.

Illich est né en 26 et mort en 2002. C’était un penseur éclairé, polyglotte, qui a fait de nombreux voyages en Europe centrale et au Mexique. Cet homme, à l’origine programmé pour être prêtre, est devenu un philosophe rebelle qui critique le progrès, et toute une société productive, non conviviale.

En observant la société « industrielle », il constate, entre autres, que : La médecine rend malade plus qu’elle ne guérit, l’automobile fait perdre plus de temps qu’elle n’en fait gagner et l’école déforme beaucoup plus qu’elle n’éduque.

Si l’on admet qu’il y a 2 modes de production, un premier, très longtemps pratiqué, dans lequel l’autonomie est de rigueur, et un autre, plus récent dans l’histoire humaine, où règne l’hétéronomie, il faut reconnaître que la société actuelle dans sa logique de la surenchère (trop grande abondance des produits), prive les individus de leur capacité propre à fabriquer. Elle tue l’autonomie et l’homme cesse d’être l’artisan de son devenir.

Dans cette société, les experts se sont multipliés privant ainsi les gens d’un savoir et d’un savoir-faire personnel.

La crise dans ce contexte est l’instant du choix. Le moment où les gens  prennent conscience de la cage dans laquelle ils se sont enfermés.

Pour Illich, les outils ne sont pas neutres. Ils modélisent les rapports sociaux.

Il définit une condition de vie authentiquement humaine où l’autonomie n’est pas dégradée.

Aujourd’hui, la pensée de Bernard Stiegler (voir l’association qu’il a fondée Ars Industrialis) apparaît dans la lignée des thèses d’Illich. Notamment lorsqu’il parle du concept de capacitation repris de l’économiste indien Amartya Sen. La capacitation est le fait d’être en prise directe avec les savoirs et les savoir-faire. C’est ce qui permet d’évaluer le degré d’autonomie d’un individu, d’un groupe, d’un peuple.

 En lecteur de Simondon qui parle d’une individuation collective, il est pour une croissance individuelle et collective et pour une co-individuation (croître chacun pour créer, nourrir, enrichir le groupe qui à son tour fait croître le sujet ).

Pour Stiegler, le remède à cette crise se résume dans l’application et l’approfondissement d’une technique de soi (très différente d’un développement personnel) qui comprend plusieurs axes qu’Illich aurait pu proposer dans le cadre d’une autre convivialité…

Il conviendrait ainsi de recourir à :

-       un travail de capacitation

-       des moyens d’individuation, et donc de co-individuation

-       une attitude non passive par rapport aux contenus

-       une activité réflexive

-       un développement davantage relationnel que personnel

En avril ... à l'iGtb

31mars

fritz_avril12-small.jpgEn avril, à l’igtb,

dans la logique du thème de l’année “Entre autres…”,
on se met en quête de convivialité

Bernadette Godmer et Dominique Michel 

ont réfléchi à cette thématique en s’appuyant sur les travaux de Paul Goodman et de Ivan Illich, et elles proposent de partager tout cela…

C’est le 13 avril à 19h30…

7, place Emile Zola
33400 Talence



conf_BG_DM-small.jpgPaul Goodman, essayiste, romancier, poète, dramaturge, sociologue, urbaniste… et anarchiste,  souhaitait mettre un terme au face  à face individu/état et  à l’excessif anonymat de la société contemporaine. Conscient des inconvénients de la communauté traditionnelle (close, tyrannique), il en soulignait cependant l’aspect convivial (chaleur et sécurité), c’est pourquoi il souhaitait réhabiliter une forme communautaire de vivre-ensemble…

Ivan Illich nous incite, quant à lui, à quitter le confort relatif de la société industrialisée pour entrer dans une ère nouvelle, celle de la convivialité. Une ère où l’argent perd de sa valeur et où le contact humain devient l’élément clé de l’organisation de la société. Une ère où la production et l’accumulation ne sont plus érigées en objectifs ultimes, mais où la poursuite d’une vie authentiquement humaine sur Terre pour aujourd’hui et pour demain devient le but recherché.