Le carnet de Fritz

D'ores et déjà

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Transfert (s) ?

28juin

By Fritz
Rencontre réseau : Groupe de réflexion sur le 'Transfert'
avec Valérie Muller, Annie Bouhier, Bernadette Godmer, Geneviève Rosine et Didier Lambert
Parler de Transfert nous invite d’emblée sur le divan du psychanalyste qui utilise ce concept comme levier de travail, mais c’est dans les confortables fauteuils de l’IGTB que Didier, Annie, Geneviève, Bernadette et Valérie nous ont conviés à une causerie informelle autour de ce thème.

« Nous sommes toujours avec du transfert » a dit Marie Petit. Ces propos, qui peuvent paraître étonnants venant d’une gestalt-thérapeute, ont conduit à réfléchir à ce qui est référé lorsque nous parlons de transfert. La théorie psychanalytique a beaucoup évolué depuis Freud et évolue encore, et parler du phénomène de transfert ne peut se faire qu’en cohérence avec une théorie spécifique. Mélanie Klein, Jung, Lacan, Reik, Adler, Bion, Kohut, Winicott, Dolto et bien d’autres encore ont marqué leurs dissensions et adopté une position différente. Nous rencontrons par conséquent une polysémie terminologique qui requiert un long travail de recherches. Or l’ambition n’est pas là d’approfondir une notion de transfert que d’autres ont pensé avec érudition et pertinence, mais d’examiner la cohérence de parler de transfert dans une perspective de champ au regard de la théorie du Self et de tenter de cerner les analogies entre transfert psychanalytique et théorie gestaltiste.

 En tant que thérapeutes, il nous paraît à la fois incontournable, intrigant, énigmatique, voire symbolique de s’interroger à l’endroit du dit « transfert » ainsi que de son jumeau tout aussi célèbre, le « contre- transfert ». Non pas en vue de définir une réponse aux contours précis, d’épuiser le sujet, mais plutôt dans l’espoir d’ouvrir à quelques éclaircissements, quelques directions quant à son potentiel signifiant et ses conditions d’utilisation à visée thérapeutique, à quelle idée nous nous en faisons, à quelles sensations il nous convoque ?

Evoquer le transfert nous invite à du mouvement, à de la translation, à un aller-retour, mais sous quelle forme ? dans quelle mesure ? saine ou pathologique ? quelle est la part d’insu ? quelle serait sa fonction ? sa nature ? qu’en est-il de sa possible identification ? dans quel contexte ? de quel genre de représentations est-il porteur ? est-ce un phénomène humain toujours à l’œuvre ? quel est son alter-égo en gestalt-thérapie, lorsque nous évoquons les phénomènes de frontière tels que «  projection-introjection » ? qu’en est -il de la notion de temporalité et d’intentionnalité ? 

 Ces questionnements non exhaustifs illustrent en partie la complexité ainsi que l’inachevé de ce processus. Chaque question ouvre une autre interrogation. Il est délicat, dans ces conditions, de proposer une forme consensuelle et structurée, au gré de nos rencontres et l’hypothèse selon laquelle chacun traiterait d’une partie du sujet en vue de l’exposer s’est évanouie en même temps que son ballot de conformités. Nous avons donc pris en compte ce phénomène, en vue de l’ouvrir à la nouveauté. Le désir de partager notre « voyage » plutôt que d’en «  rendre contenu » s’est fait prégnant et a été le moteur de notre présentation.

Ce faisant, nous n’avons néanmoins pas réussi à transmettre tout le travail de recherches et de réflexion qu’a effectué notre groupe durant cette année de tâtonnements. Le compte rendu qui suit vise à mettre en forme non pas le déroulement de la soirée, mais le travail personnel de chacun partagé et mis ici en commun en une co-construction.

Pour lire l'ensemble du travail effectué par le groupe de réflexion sur le "transfert', cliquer ici  CR_Transfert_s_.doc

Et sur le thème, un point de vue qui ne manque pas d'intérêt, celui de François Roustang                                

Ecran-psy : Où sont nos fous ?

5juin

Fritz vous recommande vivement de visionner ce documentaire très édifiant Un monde sans fous ? ou les dérives de la psychiatrie (cliquer)

“En 2010 en France, la folie déborde dans les rues et dans les prisons. Faute d’avoir trouvé une prise en charge adéquate dans les services d’une psychiatrie publique en crise profonde, de moyens et de valeurs, ces malades psychotiques chroniques se retrouvent de plus en plus exclus de la société. La réponse des pouvoirs publics s’est jusqu’ici focalisée sur des questions sécuritaires, au grand dam des professionnels, des patients et de leurs familles, qui s’alarment de voir désormais remise en cause leur conception humaniste de la psychiatrie, née il y a cinquante ans. Au moment où le gouvernement s’apprête à réformer la psychiatrie au profit d’une nouvelle politique de “santé mentale” pour tous, avec des programmes de prévention, dans les écoles, dans les entreprises, quelle place notre société réserve-t-elle encore à la folie ? “

Réalisateur : Philippe Borrel
Diffusion : le 13 avril 2010 sur France 5.
Auteur : Philippe Borrel et Nathalie Angeard
Durée : 52’50 
Musique Originale : Jerôme Coulet 
Montage : Marion Chataing Son : Serge Richard, Jean-François Briand, Didier Codoul
Une production CINETEVE

En juin... à l'iGtb

27mai


En juin, à l’iGtb … 

(cliquer sur les images pour les voir en plus grand)

on questionne entre professionnels les distorsions possibles du rapport à l’argent, on rend hommage à la lecture et à l’écriture en jouant avec et sur les mots, et on célèbre joyeusement son troisième anniversaire… 


avec



  • un atelier pour professionnels
L’argent, métaphore de la relation ?
animé par Corinne Joussain et Dominique Michel
le vendredi 4 juin de 19h à 22h 
et le samedi 5 juin de 9h à 17h






  • un atelier lecture/écriture pour adultes
Eclats de lire et jets d’encre
animé par Laetitia Darricau et Dominique Michel
le lundi 14 juin de 19h à 22h







  • une soirée ludique et festive
pour célébrer le 3e anniversaire de l’iGtb
le jeudi 24 juin 2010
de 19h30 à 22h





Dura Lex... sed Lex

25mai

By Fritz

Voilà… ça y est…ça nous pendait au nez… c’est fait :  Le décret relatif au titre de psychothérapeute pour application de l’article 52 de la loi du 9 août 2004, modifié en 2009 (loi Hpst) a été promulgué le 20 mai 2010 et il est paru au Journal Officiel le 22 mai 2010 :

Il est … vous pouvez vérifier. 

Ecran-psy

15mai

Fritz vous recommande La méthode  (2005) de Marcelo Pineyro. Il s’agit de la méthode Grönholm, qui semble être la véritable héroïne de ce film hispano-argentin.
Alors, s’il ne doit en rester qu’un… : ” Ils sont sept réunis, les sept candidats restant en lice pour un poste de directeur au sein de l’entreprise Dekia, les sept derniers convoqués pour l’ultime épreuve de sélection, tandis que Madrid est secouée par les manifestations anti-FMI. Deux se connaissent, Carlos et Nieves, et semblent même s’être connus d’assez près, il y a quelques années. Tous vont découvrir la ‘fameuse’ méthode Grönholm, processus de sélection qui permet l’élimination progressive des candidats, soumis à d’implacables épreuves…
“Cela se passe sur fond d’horreur économique. Les manifestants, que l’on ne verra pas, scandent à l’extérieur « El puebo unido jamas sera vincindo », le vieux slogan des luttes chiliennes, en espérant ainsi empêcher le FMI de régenter de sa main impitoyable le destin des peuples, et les licenciements des non-rentables, et pendant ce temps-là les sept impétrants sont les jouets des manipulateurs invisibles de la multinationale Dekia, prêts à la servir sans états d’âme, et à se faire les instruments de l’élimination de leurs camarades.
“Le huis-clos résume métaphoriquement la compétition mondiale, les sept directeurs potentiels rivalisent par tous les moyens, et ne sont finalement que les jouets de la multinationale, un peu comme les nations sont manipulées par des groupes apatrides, plaçant leurs usines là où l’on se pliera le mieux à leurs volontés, incontestables par définition, la réunion des sept mercenaires potentiels cristallise en un lieu fermé les mêmes processus qui  se produisent à l’échelle mondiale.
“L’exercice est brillant. Le film pourrait constituer une pièce de théâtre, se déroulant presque uniquement dans la salle de réunion où a lieu la sélection, à part quelques escales techniques dans les toilettes, il se limite à huit acteurs, les sept participants et la secrétaire chargée de l’intendance, l’exercice semble a priori anti-cinématographique, réduit à ce décor unique et ces protagonistes pris dans une action purement verbale ou peu s’en faut, et pourtant le film est prenant, et le mécanisme fascinant.
“Agatha Christie avait écrit les dix petits nègres, Marcelo Pineyro utilise la même mécanique d’élimination successive des participants, de façon évidemment un peu moins physique que dans l’île de la reine anglaise du crime, mais le suspense est le même, le spectateur se prend à se demander qui sera le prochain sur la liste, et surtout le pourquoi et le comment du crime, les ficelles de la manipulation. Le film n’a évidemment rien de guilleret, vu sa trame, il constitue en tout cas un bel exercice de style, extrêmement prenant malgré son caractère particulier, qui pourrait rebuter les amateurs de cinéma purement distractif…
“L’interprétation est excellente. Le succès est d’abord choral, le film reposant sur une dynamique de groupe, sur l’interaction feutrée des échanges sournoisement assassins, et l’ensemble de la distribution est à louer, il n’y a point là de maillon faible. Eduardo Noriega est ici Carlos, et joue joliment de sa gueule d’ange, tandis que Najwa Nimri incarne Nieves, celle qu’il avait connue jadis, toute en nuance et en ambiguïté.
“Les autres candidats sont également bien campés, Eduard Fernandez (Fernando), Pablo Echarri (Ricardo), Adriana Ozores (Ana), Ernesto Alterio (Enrique) et Carmelo Gomez (Julio) incarnent chacun joliment leur rôle, du veule au macho, ils tous sont parfaits. Enfin Natalia Verbeke est plus anecdotique dans le rôle de Montse, la secrétaire, par définition moins important, quoique…
“Ce film hispano-argentin, assez discrètement sorti, est d’une portée générale, il se situe à Madrid mais pourrait aussi bien se dérouler à Paris ou Londres, tant les mécanismes de domination et d’exploitation qu’il présente sont universels. L’on pourra évidemment être dérouté par ce huis clos oppressant, ou par le caractère très verbal de ce film, mais ce serait dommage, c’est là une triste métaphore du monde comme il va, et de l’impitoyable compétition qu’y impose le capitalisme mondial.  Petit aperçu ici

En mai... à l'iGtb

1mai

En mai, à l’iGtb … 
(cliquer sur les images pour les voir en plus grand)

on se fait des films et on réfléchit, on s’aventure à découvrir ou redécouvrir la Gestalt-thérapie, et on s’intéresse à la lecture comme “besoin”, de réparation, d’affirmation de soi, de confirmation, de projection, de sublimation, d’exploration, d’identification, de création, de jeu…

avec

  • Une soirée écran-psy
projection et débat autour d’un film (thématique “l’égotisme”)   
le vendredi 14 mai 2010
de 20h à 22h

  • Une Journée -découverte de la Gestalt-thérapie
le samedi 15 mai 2010
de 10h à 17h
  • Un atelier lecture 
    animé par 
    Laetitia Darricau et Dominique Michel
    “De quelles lectures suis-je fait ?”

    le lundi 17 mai 
    de 19h30 à 21h30

Eloge du conflit

20avril

ou la conférence-atelier du vendredi 16 avril 2010, faisant partie du cycle “Formes de la relation ” animée par Bernadette Godmer et Dominique Michel

Le conflit… inhérent à l’être humain ?
Depuis Stevenson et son célèbre Mister Hyde, on sait qu’il y a une conflictualité (latente) dans le psychisme humain ; le conflit, quant à lui, est manifeste. Au XIXe, les médecins, tenants de l’hypnose, résolvaient les conflits en influençant les patients, par la soumission, la domination de l’un sur l’autre… Avec la psychanalyse, le conflit, lutte de la pulsion de vie et de la pulsion de mort, est pensé de manière dynamique ; il y a également renversement de la polarité de la relation thérapeutique (transfert) : le patient associe librement pour permettre le surgissement de sa propre conflictualité. La notion de clivage du moi (division  défensive avec dénégation d’une partie de la réalité) est intéressante, car elle permet de comprendre comment un conflit impossible à tolérer en soi, va être projeté à l’extérieur de soi…  Depuis M. Klein, l’existence des conflits infantiles précoces (bon et mauvais objet) est acquise. Par la suite, D. Winnicott déplace la zone conflictuelle sur la frontière du psychisme, entre le dedans et le dehors. Le lieu du conflit n’est plus intrapsychique, mais à la frontière entre le sujet et son environnement. La métapsychologie devient intersubjective.  En gestalt-thérapie, la pathologie n’est plus perçue comme perturbation du sujet, mais comme perturbation des modalités de contact.
Le mot conflit s’écrit en chinois, semble-t-il, avec deux idéogrammes dont l’un signifierait risque et l’autre chance. Et en effet, le conflit est bien porteur de cette ambivalence.
Un risque, car on a souvent tendance à confondre le conflit avec la violence. Il en résulte que cherchant à éviter la violence, on évite le conflit. Or on peut paradoxalement décrire le conflit comme une suspension de la violence, par des protagonistes capables d’intérioriser la position de l’autre, c’est-à-dire à même de freiner leurs pulsions de toute-puissance et de rejet du différent, pour prendre en compte, voire comprendre la position adverse. Intérioriser, c’est pouvoir suspendre la pulsion destructrice, et passer du combat au débat, et du rejet du différent à l’acceptation du différend. Et c’est en cela que le conflit devient une chance.

Dans les situations de conflit, plusieurs stratégies différentes sont mises en oeuvre. Certains individus vont préférer l’affrontement ou la provocation, d’autres subissent en victime, ou vont systématiquement éviter toute situation conflictuelle, d’autres enfin sont spontanément négociateurs… Ces différentes modalités peuvent dépendre d’un certain nombre de facteurs circonstanciels : ce ne sont pas les mêmes stratégies à l’oeuvre en famille ou sur le lieu professionnel, dans l’adolescence et à l’âge adulte, dans les périodes de fatigue ou d’énergie… mais cela tient aussi à l’éducation reçue -notamment aux manières de réagir dans les situations difficiles qui ont été proposées dans la culture familiale-, aux contextes dans lesquels on a grandi, aux expériences personnelles plus ou moins bien métabolisées. Ces stratégies ou modalités de réponse sont toutes élaborées à partir d’un jeu de forces constitutives de l’être humain… Une tendance à s’individuer, c’est à dire devenir soi en prenant consistance et en affirmant sa singularité, tendance qui vient s’opposer à une nécessité de s’adapter à l’autre, au groupe social,  ce qui exige souplesse et compromis. Tout être humain doit nécessairement négocier sur ces axes antagonistes, pour se différencier tout en restant social…
A l’extrémité de l’axe de l’individuation, si j’impose mon avis sans tenir compte de l’autre, sans pouvoir m’adapter à la situation, je suis dans une posture de domination, autrement dit dans une position autoritaire, qui peut aller jusqu’à l’autocratie. A l’opposé, si je m’adapte systématiquement au point de vue de l’autre quel qu’il soit, sans jamais m’affirmer moi-même, je me situe dans une forme de soumission. S’il n’y a ni affirmation, ni adaptation, si je n’ai rien à défendre et que je ne porte pas d’intérêt à la situation de l’autre, je suis dans une posture d’évitement, qui peut parfois être un retrait positif de protection dans des situations objectivement perdues d’avance, mais qui peut aussi être une attitude passive, une fuite ou un déni. Ces trois postures sont généralement spontanées.
D’autres postures résultent davantage d’un choix, et donc parfois d’un travail sur soi : la négociation, dans laquelle il s’agit de renoncer au rapport de forces, à la victoire de l’un sur l’autre,  et la coopération créative, où les diversités, les différences peuvent devenir des richesses pour les protagonistes.

Le conflit, c’est un peu, pour filer la métaphore, comme le courant électrique, deux flux (un positif et un négatif irréductibles) qui, s’ils s’affrontent, peuvent provoquer court-circuit et étincelles, ou qui, bien combinés, vont donner  lumière, mouvement, énergie. Même dans sa dimension positive ou créatrice, le conflit reste un choc (cf étymologie, heurter avec). Mais certains chocs peuvent être salutaires et faire progresser… 

Dans la société contemporaine, toute remise en cause est considérée comme une anomalie à corriger, tout conflit apparaît comme devant être maté, ou formaté… La méthode sécuritaire, dans sa propension à criminaliser toute forme de contestation, transforme tout conflit en affrontement, en rapport de forces : qui dit problème dit recherche de solution (définitive) et réduction de la pensée aux termes binaires pour/contre, gentils/méchants. Sortir de la logique pour/contre, c’est admettre une réalité véritablement complexe. Les réalités n’appellent pas forcément des solutions pour les éradiquer, mais  plutôt des manières de faire avec  elles…  Il est donc plus facile d’adopter la logique de l’affrontement que celle du conflit, qui elle, suppose d’inventer des hypothèses et des modes d’actions nouveaux par lesquels répondre aux défis de situations inédites toujours renouvelées.  Croire que le conflit réside dans l’affrontement, c’est croire qu’en éliminant l’ennemi, on résout quelque chose, sans comprendre que le problème que l’on cherche à résoudre englobe la situation dans laquelle on combat. Or c’est l’inclusion de ce qui résiste (versus l’exclusion) qui va permettre d’aller au-delà… Dans la logique de l’affrontement, la situation est amenée à rester identique, car enfermée dans un mécanisme d’opposition en miroir.  Un conflit, en revanche, ne se réduit pas à la logique manichéenne de l’affrontement et signifie qu’il n’y a pas de solution définitive, et que c’est cette absence même qui pousse à continuer d’inventer des solutions singulières, locales, ponctuelles, inédites… car comme le disait déjà Héraclite “tout devient dans la lutte et la nécessité”. 

Entrez dans la danse...

11avril

ou la conférence-atelier sur l’art-thérapie structuraliste du vendredi 9 avril, animée par Véronique Gontier 

Véronique Gontier a un parcours et une démarche originales. Voici comment elle évoque elle-même sa trajectoire et son choix de posture thérapeutique, qu’elle nomme art-thérapie structuraliste.

 J’avais vingt-huit ans lorsque je me suis orientée vers le domaine de la psychologie et de la connaissance de soi. J’étais alors à l’apogée d’une carrière comptable et juridique en qualité d’Expert-comptable et de Commissaire aux comptes.
Dès le départ, la place du corps en thérapie a retenu toute mon attention. Je ne parvenais pas à réduire l’humain à sa psyché ou à son histoire familiale ; l’apparente opposition des pensées occidentales et orientales m’est apparue comme un creuset fondamental de recherches et d’expérimentations. En termes de connaissance de soi, l’Orient privilégie les liens corps-esprit afin de tenir le moi-ego à distance, pendant que l’Occident favorise cette seule dimension au détriment des liens corps-esprit.
Après quinze années de recherches et d’explorations expérimentales mettant alternativement en jeu le corps, le psychisme, le mental et l’Esprit, j’en suis venue à considérer l’individu comme une structure à part entière composée de plusieurs parties interdépendantes.
Chaque partie influence le Tout au même titre que le Tout influence chaque partie. Les différentes dimensions de la structure doivent être orchestrées de concert afin de s’étayer, s’équilibrer et s’enrichir mutuellement. Ainsi, parallèlement au travail de thérapie classique, j’ai eu à coeur d’aborder l’humain par diverses portes : psychologique, anthropologique, ethnologique, philosophique, physiologique, anatomique, métaphysique. Cette richesse m’a amenée à expérimenter sur plusieurs années, diverses disciplines d’origines variées, tant orientales qu’occidentales ou encore ethniques primitives.
Enfin, mon propre travail de transmission m’a conduite à dépouiller ces pratiques et enseignements de leurs formes parfois encombrantes et exotiques pour n’en conserver que le fond à titre pédagogique et structuraliste, accessible à tous.
Ces ateliers privilégient l’avènement des potentiels du Sujet au-delà de son histoire familiale, même si celle-ci n’est pas niée. Le Sujet est invité à se considérer dans sa globalité structurelle, dans sa capacité à se remettre au monde à partir de ce qu’il est, ici et maintenant, dans sa sensibilité, dans sa corporéité vivante, dans sa créativité propre.
J’ai choisi de valider mon parcours par un diplôme d’art-thérapie, sous la direction de Jean-Pierre Royol, Docteur en psychologie clinique à Arles (PROFAC 2002).
L’art-thérapie à visée structuraliste, telle que je la pratique, offre un vaste espace d’expériences vivantes permettant de relier l’action et l’intention, le corps et l’esprit, la nature et la culture, le fond et la forme. L’alternance des stratégies thérapeutiques en appelle à l’ensemble de la structure du Sujet (corps-psychisme-mental-esprit) sans privilégier une dimension au détriment des autres.

Alors qu’appelle-t-on structure ?

Au sens littéral du terme, une structure représente une construction, et plus précisément la manière dont les parties d’un Tout sont agencées entre elles. Le Tout influence les parties, au même titre que chaque partie influence le Tout. Chaque être humain est un Tout composé de plusieurs parties, nécessairement interdépendantes : sur le plan anatomique, squelette, muscles profonds, muscles superficiels, tissus, organes, système sanguin, lymphatique, nerveux, hormonal, appareil respiratoire, etc.
sur un plan plus global, un corps physique, animal, sensoriel et pulsionnel.
un corps psychique, émotionnel, sensible.
une dimension mentale et intellectuelle, conceptuelle et imaginative.
un terrain initial, à la fois génétique et psychologique, inconscient, déterminant l’ensemble de sa structure et de ses réactions.
un plan inconscient, vaste, individuel et collectif, qui le meut malgré lui, un Absolu insaisissable.
Envisager l’être humain de façon structuraliste revient à tenir compte de toutes ses parties, et de leurs influences respectives sur le Tout. La connaissance de sa structure permet à l’individu de suivre le fil de sa thérapie, son fil propre. Elle est la carte d’orientation du vaste monde qu’il représente, la garantie de son autonomie à terme.
Autrement dit : «
Si je sais pourquoi je fais une chose, je sais comment la faire, avec qui, et combien de temps ».

L’atelier qui nous a été proposé nous a permis de goûter ce qu’est expérimenter le corps dans tous les « sens » possibles et notamment :
s’appuyer sur sa structure (squelette) pour une réelle confiance en son pas, en sa posture.
entrer dans sa « danse » en partant de sa densité propre.
le rendre intérieurement disponible au souffle qui l’anime.
l’aider à s’accepter dans sa nature propre, animale.
l’inciter à se débarrasser d’inhibitions, de réflexes conditionnés, d’ images négatives de lui-même.
lâcher quelques idéaux de formes et d’images au profit d’un corps réel, vivant, subtil, sujet et non objet.

La Gestalt-thérapie dans ses grandes lignes...

6avril

Le texte qui suit, qui est un résumé de ce qu’il convient de savoir sur la Gestalt-thérapie, émane conjointement des deux organisations principales de psychothérapies gestaltistes francophones, le CEGT et la SFG .

Les Gestalt-thérapeutes, un réseau professionnel sur lequel compter

Quelque 6OO thérapeutes exercent la Gestalt-thérapie en France, en cabinet libéral ou en institution.

Un réseau de professionnels dont la formation, la psychothérapie personnelle et l’adhésion à un code de déontologie affiché sont le gage d’une pratique rigoureuse et sans cesse remise à l’ouvrage par une supervision et une formation continues.

Eclairages sur un métier dont l’utilité n’est plus à prouver puisque quatre millions de personnes (soit 8% de la population française) ont eu recours à un psychothérapeute pour surmonter leurs souffrances psychosociales : dépression, stress, chômage, isolement, conflits conjugaux, familiaux ou professionnels, traumatismes…

Qu’est-ce qui caractérise la pratique d’un Gestalt-thérapeute ?

Une des caractéristiques du Gestalt-thérapeute est d’être présent et impliqué dans une posture rigoureuse qui s’appuie sur la conscience, d’instant en instant, de ce qui se passe dans la séance avec son patient. Le Gestalt-thérapeute accompagne la personne pour qu’elle acquière et développe elle aussi  cette conscience.

Prenons un exemple : un client nous rapporte une expérience difficile qu’il a vécue avec son patron au cours d’une réunion : « Il m’a parlé d’une façon que je trouve irrespectueuse… Mais… tout cela n’est pas très important, il s’agit d’être plus intelligent que lui ». Il accompagne son dire en se tordant les mains. Le thérapeute pourrait alors intervenir en lui faisant remarquer ce qu’il fait avec ses mains et l’inviter à explorer la sensation et l’émotion éventuelle  qui lui sont associées, ou encore il pourrait dire : « Selon vous, il s’agit d’être plus intelligent que lui… Je peux cependant imaginer que ce que vous avez vécu est difficile… » Par cette intervention, le thérapeute invite le patient à être attentif à  la tristesse ou la colère qu’il a pour habitude de ne pas considérer.

Dans cet espace, de rencontres en rencontres, en explorant ensemble les situations de sa vie passées toujours douloureuses et celles du présent source de difficultés, va se tisser une relation où la personne va  expérimenter de nouvelles façons d’appréhender le monde et de s’ajuster progressivement aux expériences multiples de la vie, avec le sentiment de « prendre ou de reprendre sa vie en mains ».

Comment se passe une séance de Gestalt-thérapie ?

Les séances se passent en face à face et le thérapeute dialogue avec son patient. La première fois qu’une personne vient consulter, le Gestalt-thérapeute explore avec lui sa demande, la clarifie et répond à ses questions. Ensuite, il pose le cadre de la relation thérapeutique: rythme  et durée des séances, durée, tarif, respect des rendez-vous et modalités de la fin de thérapie. Toutes ces informations sont énoncées au patient lors de la première séance. Si le thérapeute et la personne qui consulte sont d’accord, le travail thérapeutique peut commencer.

La personne est accueillie telle qu’elle est, avec ses zones de fragilité et d’insécurité sans jugement ni référence à un modèle de comportement. Le thérapeute invite son patient à exprimer tout ce qui est présent pour lui : ce qui occupe ses pensées, ses préoccupations, ses états d’âme, une intuition, un sentiment, une sensation, un rêve, une expérience heureuse, une satisfaction éprouvée, ou une situation : son travail, sa famille, un film qu’il a vu, …Tout sert de base de travail pour le thérapeute qui va aider son patient à prendre conscience des différentes facettes de son vécu, à mettre en mouvement ses représentations, à progressivement reconnaître et accueillir ses sensations et émotions, à identifier son « besoin ou aspiration du moment », puis à trouver de nouvelles formes d’interactions avec son environnement.

Au fil du travail thérapeutique, le patient prend conscience qu’en mobilisant ses ressources, il bénéficie d’une plus grande liberté et d’une plus grande autonomie dans ses choix de vie.

La gestalt-thérapie, pour qui ?

 La Gestalt-thérapie s’adresse à toute personne, adultes, adolescents ou enfants, selon la spécialisation du Gestalt-thérapeute, qui pourra proposer un travail en individuel, en couple, en famille, mais aussi un travail de groupe, en fonction des besoins exprimés. La Gestalt-thérapie peut accompagner chaque problème de la vie : timidité, séparation difficile, sentiment d’exclusion, troubles psychosomatiques, anxiété, troubles alimentaires, impasse existentielle, problèmes relationnels… Cette démarche peut donc s’adresser à toute personne en recherche de soi ou en souffrance ayant besoin d’une aide pour traverser un moment de crise ou de déséquilibre dans sa vie personnelle, sociale ou professionnelle.
Si la situation le nécessite, le gestalt-thérapeute travaille dans le cadre d’une prise en charge pluri-disciplianire, incluant le médecin généraliste ou un psychiatre, si par exemple, un soutien par anti-dépresseurs s’avère nécessaire.
                            L
e tout est différent de la somme des parties

En savoir plus sur la Gestalt-thérapie

1°) Qu’est-ce que la Gestalt-thérapie ?

Gestalt vient du verbe allemand « gestalten » signifiant « mettre en forme, donner une structure ».
Née dans les années cinquante aux Etats-Unis, elle est arrivée en Europe dans les années 7O.
S’inscrivant dans le courant de la psychologie humaniste, existentielle et relationnelle, elle vise à développer l’autonomie, la responsabilité et la créativité. La Gestalt-thérapie ne limite pas l’humain à une vision individualiste, mais s’intéresse aux interactions de l’individu avec ses environnements, qu’ils soient personnels, professionnels ou sociaux.
Elle a de l’Homme une vision holistique et favorise le dialogue constant entre pensées, émotions et sensations corporelles.
Il existe aujourd’hui plusieurs courants issus des travaux de recherche et des pratiques de la Gestalt-thérapie. Certains mettent l’accent sur la phénoménologie, la philosophie, l’existentialisme, la dimension corporelle et sa dynamique. D’autres font des passerelles entre la psychanalyse et la théorie de la Gestalt-thérapie.

2°) Formation du Gestalt-thérapeute
 Le cursus de formation dure 5 ans – 1000 heures réparties en 3 cycles – validé par un contrôle des connaissances et la rédaction d’un mémoire théorico-clinique. Cette formation longue – hors psychothérapie personnelle d’un minimum de 3 ans exigée – permet l’intégration des fondements de la Gestalt-thérapie, autant sur un plan théorique qu’expérientiel et vise à articuler pratique clinique et théorie. Parallèlement, l’étudiant doit valider une formation en psychopathologie et s’engager à suivre une supervision permanente.
Par ce long processus, le Gestalt-thérapeute va acquérir un savoir, mais aussi un savoir-faire et un savoir-être, compétences qu’il ne cesse de développer par une formation continue.

3°) Déontologie et Gestalt-thérapie

Le Gestalt-thérapeute diplômé s’engage sur un plan déontologique dans le but de protéger le patient et de favoriser le travail thérapeutique. Le code de déontologie exige du Gestalt-thérapeute de s’abstenir de tout abus de pouvoir vis-à-vis du patient, de continuer à se former et de reconnaître, le cas échéant, les limites de la prise en charge qu’il peut proposer.
Le Gestalt-thérapeute travaille selon les règles de la confidentialité et du secret professionnel. Son attention première est tournée vers son patient, sa dignité, son intégrité et sa liberté de choix.


4°) La Gestalt-thérapie en chiffres

Quelques 600  thérapeutes exercent la Gestalt-thérapie en France, en cabinet libéral ou en institution.
Une quinzaine d’écoles et d’instituts privés forment les Gestalt-thérapeutes : Bordeaux, Brest, Grenoble, Lille, Lyon, Nantes, Paris, Rennes, Toulouse auxquels s’ajoutent des instituts francophones avec lesquels la France collabore : en Belgique, au Québec et en Suisse.

5°) Où trouver un Gestalt-thérapeute ? 

- Organismes professionnels : CEG-T (www.cegt.org)  et  SFG (www.sfg-gestalt.com)

- Annuaires des Ecoles et Instituts de formation à la Gestalt-thérapie en France, Belgique, Canada, Suisse …


En avril ... à l'iGtb

1avril


En avril, à l’iGtb… 
(cliquer sur les images pour les voir en plus grand)

on essaie de faire renouer corps et esprit en entrant dans la danse,
on joue à recomposer le monde par l’écriture  
et on s’exerce à faire l’éloge du conflit, générateur de formes nouvelles

(la participation à ces soirées est de 5€, une collation est prévue)
avec

  • Une conférence- atelier 
animée par Véronique Gontier, art-thérapeute structuraliste 
“Entrez dans la danse…”

le vendredi 9 avril 2010
de 20h à 22h

  • Un atelier d’écriture

animé par Laetitia Darricau et Dominique Michel
“Il était une fois mon monde…”

le lundi 12 avril 2010
de 19h30 à 21h30

  •   Une conférence-atelier  
animée par Bernadette Godmer et Dominique Michel 
sur le thème des Formes de la relation
“Eloge du conflit … et de la confrontation” 
le vendredi 16 avril 2010 
de 20h à 22h