Le carnet de Fritz

Jadis et naguère

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Vous avez dit communiquer ?

28mars

Ou la conférence-atelier sur la Communication non-violente, animée par Nathalie Dard, le 26 mars, à l’iGTb
Les mots sont des fenêtres … ou bien des murs                       by Fritz

En exergue, cette citation d’André Malraux “Le plus étonnant n’est pas l’incompréhension entre les individus, mais que, compte tenu des espaces infinis qui les séparent, ils parviennent parfois à se comprendre. 

En effet un certain nombre d’éléments semblent devoir distordre assez volontiers la communication entre les humains et altérer la qualité de leurs relations. Pour y remédier, la Communication non-violente propose quelques solutions… que nous avons testées, grâce à Nathalie Dard, qui nous a explicité tout cela avec beaucoup de générosité.

 La Communication non violente (ou CNV) est une méthode, mise au point au milieu des années 1960, par Marshall B. Rosenberg, docteur en psychologie clinique, élève de Rogers, visant à créer entre les êtres humains des relations fondées sur l’empathie, la compassion, la coopération dans le respect de soi et des autres. Il s’agit d’un outil de communication, principalement verbal, qui peut servir à la résolution de problèmes de communication entre deux personnes ou au sein de groupes. La pratique de la Communication non violente permettrait également d’être en meilleure relation avec soi-même, de mieux comprendre ses besoins profonds et de prendre en charge, de manière autonome et responsable, les divers aspects de sa propre vie. Il ne s’agit donc pas d’une thérapie, mais elle peut avoir des retombées thérapeutiques intéressantes.

La Communication non violente repose sur deux prémisses fondamentales :
->Tous les êtres humains ont des besoins fondamentaux semblables
->Chacun est naturellement capable d’accéder à un état de compassion et de montrer de la bienveillance à l’égard de ses propres besoins et de ceux de ses semblables.
De ces prémisses découle le modèle de communication de cette méthode, en 4 temps :1. Observation objective de la situation (en mettant de côté jugements et évaluations)
2. Identification des sentiments qu’éveille la situation (en les différenciant des interprétations et des jugements)
3. Identification des besoins liés à ces sentiments (aspirations profondes, motivations, etc.)
4. Formulation d’une demande en vue de satisfaire ces besoins (présentée de façon positive, concrète et réalisable).
Pour nous faire apprécier tout cela, ces deux marionnettes ont entamé un dialogue animé :

Ne dites plus, à la manière du chacal, c’est à dire en utilisant un langage fondé sur l’attente, l’exigence, le contrôle et la culpabilisation : “Tu n’es jamais à l’heure !”. Dites à la manière de la girafe, emblême de la CNV, c’est à dire en utilisant un langage bienveillant, empreint d’empathie et par lequel on se met à l’écoute de ses propres besoins et de ceux de son interlocuteur : ” Je dois souvent t’attendre quand je viens te chercher !” En disant cela, je peux me sentir ennuyé, contrarié, chagriné, ou résigné… je cherche ensuite à cerner le besoin qui a éveillé ce sentiment. Une fois le besoin identifié, la demande sera plus facile à formuler et à recevoir : “Je souhaiterais que tu sois à l’heure quand je viens te chercher car cela m’ennuie de perdre mon temps.”

Quelques questions critiques ont été formulées à l’égard de cette méthode
-Sa dénomination, faisant référence malgré elle à Gandhi… certains lui préfèrent communication vivante ou consciente.
-La définition très spécifique de la notion de”besoins” a été interrogée.
-Son efficacité, non prouvée scientifiquement à ce jour, ainsi que la relative difficulté de son application.Vouloir à tout prix énoncer les quatre éléments (observation, sentiment, besoin, demande) peut rendre effectivement la communication laborieuse, et attendre des autres qu’ils s’y conforment peut également devenir pesant. 
-Et dernier point, défaut ou qualité, c’est selon… : la dimension de spiritualité à la base de la CNV. Marshall Rosenberg explique dans un document mis en ligne par le Centre pour la CNV, appelé « Bases spirituelles de la Communication NonViolente », que la CNV est née de sa propre « tentative de devenir conscient de ce qu’est l’Énergie Divine Bien-Aimée et de la façon de se mettre en lien avec elle » : “Il est important de voir que la spiritualité est au coeur de la CNV, et de garder cela à l’esprit quand on apprend les étapes du processus. L’art de vivre que j’essaie d’enseigner est véritablement une pratique spirituelle.”

En mars... à l'iGtb

2mars

En mars, à l’iGtb… 
(cliquer sur les images pour les voir en plus grand)

on s’intéresse à la lecture comme “fabrique de temps et d’identité narrative”, on cherche à communiquer sans violence en distinguant les fenêtres et les murs, et on s’exerce à l’art de trouver ce qu’on ne cherche pas grâce au p’tits papiers et au plasticien Pierre Touron

avec

  • Un atelier lecture
    animé par
    Laetitia Darricau et Dominique Michel
    “De quelles lectures suis-je fait ?”

    le lundi 15 mars 
    de 19h30 à 21h30



  • Une conférence-ateliersur le thème des Formes de la relation  
    animée par Nathalie Dard
    Communication non violente : “Les mots sont des fenêtres… ou des murs”
    le vendredi 26 mars 2010
    de 20h à 22h


  • Un atelier d’expression pour adultes
    animé par le plasticien Pierre Touron
    “Laissez parler les p’tits papiers !”
    le samedi 27 mars 2010
    de 10h à 17h

AG... à l'iGtb

5février

Le vendredi 29 janvier 2010  s’est tenue au 7 place Emile Zola à Talence, l’Assemblée générale annuelle de l’iGtb  … association loi 1901, qui compte à ce jour une trentaine d’adhérents, et dont la vocation est de promouvoir la Gestalt-thérapie  et l’expression créatrice en Aquitaine.

Le rapport moral 2009 a été voté à l’unanimité des présents, le rapport financier a été approuvé à une abstention près. Le bureau est constitué cette année d’un secrétaire (Pierre-André Beley), d’une présidente (Dominique Michel) qui persistent dans leurs fonctions et il accueille une nouvelle trésorière  (Françoise Grand). Le CA comporte 6 membres, dont le Bureau, et se réunit tous les 2 mois. La cotisation d’adhésion pour l’année 2010 est toujours à 30€. Le prix d’entrée aux soirées organisées par l’iGtb demeure à 5€ pour les adhérents, les étudiants et les demandeurs d’emploi, et à 10€ pour les non-adhérents.

L’association cherche à améliorer son mode de communication. Sa vocation continue d’être expérimentale : expositions, ateliers divers (Le prochain thème envisagé autour duquel proposer des ateliers et des rencontres serait Les émotions), soirées-discussions, travaux théorico-cliniques, espace -ressource pour thérapeutes, débutants et confirmés… 

Le blog vous tient au courant de tout ce qui se trame à l’iGTb… et il vous en rend compte aussi en mots et en images.

Merci de votre intérêt.

CEGT : Collégiales 2010

2février

Fritz est partout où la Gestalt s’agite et il était aux Collégiales de Bruxelles organisées par le Collège Européen de gestalt-thérapie les 16 et 17 janvier derniers

Le projet social de la Gestalt-thérapie

 Cette année le thème des collégiales était la gestalt-thérapie dans le champ social. L’occasion de nombreuses interrogations : de quelles valeurs la gestalt-thérapie est-elle porteuse et comment celles-ci sont incarnées dans notre pratique notamment. 
Laura Perls aimait à répéter que pratiquer la gestalt-thérapie était un acte politique.
Il est vrai que le changement social commence à deux et que le rapport patient-thérapeute contribue aussi à modéliser les rapports sociaux. 
Après une séquence « de la gestalt-thérapie à travers les âges » au cours de laquelle il apparaît clairement que le contexte s’étant largement transformé la pratique n’a pu qu’évoluer. Ou comment les aspirations libertaires initiales peuvent-elles coexister dans une logique capitaliste de l’avoir.
« Une société avec des peurs de plus en plus présentes. Une société qui engendre de fausses réassurances stérilisant ainsi le vivant» nous dit Alain Gontier.
Une société de violences où l’individualisme prend le pas sur l’individuation avec une présence accrue d’un monde virtuel.
N’y a-t-il pas actuellement dans la société une perversion avec l’absence de frontière entre le virtuel et le réel, notamment pour les enfants ? Pour autant peut-on opposer réel et virtuel, le virtuel étant bien une modalité du réel…
Une société de transgressions… alors se pose aussi la question de l’éthique et comment est-elle façonnée par l’histoire.
Au départ la morale et l’éthique étaient confondues considérant liberté et dignité. Aujourd’hui elles sont scindées. La morale examine le bien et le mal, quant à l’éthique, elle procède d’une approche plus singulière considérant une situation donnée dans un contexte particulier.
La conscience de l’éthique naît d’une conscience croisée avec des regards multiples Sommes-nous, thérapeutes, suffisamment clairs pour voir le patient indépendamment de la société ?
A titre d’exemple, au 19ème siècle l’homosexualité était considérée comme une perversion sur le plan psychiatrique… Comment aujourd’hui fonder une réflexion éthique ? A-t-on assez d’audace pour ce faire?
De quelles transgressions parle t-on ? De celle consistant à refuser de se conformer à une loi injuste. De la transgression adolescente défiant l’interdit pour toucher ses limites. De celle qui cherche à se confronter à la mort pour tenter d’échapper à la finitude. De celle qui veut contacter le vide pour être au seuil de sa limite, pour trouver un espace de vie où on trouve ses propres limites et à l’intérieur desquelles on se sent exister ?
La transgression interroge quant à la sanction. Mais quelle sanction ? Celles qui permettent de réintégrer la société des hommes ou celles qui les destituent de leur humanité.
Enfin, en parallèle à ces questions, l’évocation de notre statut dans le contexte actuel.
Jean-Marie Robine souligne l’importance pour tout thérapeute d’être dans la marge : ni où le client l’attend, ni où la société l’attend.
Pourtant la fameuse question du choix  se pose : avons-nous cette liberté aujourd’hui ou devons-nous subir la marginalisation faute d’alternative ? 
Bruxelles les 16 et 17 janvier 2010 

En Février...à l'iGtb

31janvier
En février … à l’iGtb
(cliquer sur les images pour les voir en plus grand)

on rend compte de travaux de réflexion collectifs, on cherche sa voix, et on jette quelques traits d’encre sur ce que l’on croit être son identité…



  • Une soirée théorico-clinique sur le thème duTransfert’ 
    animée par  Annie Bouhier Bernadette Godmer, Didier Lambert, Valérie Muller et Geneviève Rosine
    le vendredi 12 février
    de 19h30 à 22h

  • Un atelier voix pour adultes 
    animé par Marie-Hélène Deschamps
    le samedi 13 février
    de 10h à 17h


  • Un atelier d’écriture 
    animé par Laetitia Darricau et Dominique Michel

    “Qui suis-je ?”
    le
    lundi 15 février
    de
    19h30 à 21h30



La Scénothérapie... qu'est-ce que c'est ?

17janvier

Conférence-atelier du vendredi 15 janvier 
animée par Martine Cotton, orthophoniste, scénothérapeute    

Martine Cotton a d’abord évoqué l’historique de cette méthode, quelques uns de ses champs d’application notamment en cas de bégaiement, puis elle nous a ensuite invités à expérimenter quelques propositions de textes.

L’expression scénique ou scénothérapie est une thérapie médiatisée qui a été créée dans les années 1960 par Emile Dars, comédien, metteur en scène, directeur de théâtre… Celui-ci avait été frappé par l’influence du rôle sur les comédiens. « Ce n’est pas le comédien qui se met dans la peau du rôle mais bien le rôle qui se met dans la peau du comédien, provoquant chez lui une suite d’états émotionnels souvent violents, engendrés par l’intensité des situations qu’il est amené à vivre. » En1966, il crée la société française d’expression scénique. Il a eu l’intuition que les textes, quand ils sont porteurs d’une forte charge émotionnelle, pouvaient être utilisés dans un but thérapeutique. Il a donc rassemblé  et classé un corpus de textes brefs et évocateurs.

L’expression scénique a un champ d’application assez vaste. Elle peut en effet être utilisée favorablement
- avec des patients présentant des problèmes de voix (dysphonies dysfonctionnelles, spasmodiques…)
- avec des patients cérébro-lésés
- avec des personnes âgées
- avec des adolescents (en cas de difficultés de lecture, afin de « déscolariser » le rapport au texte)
- avec certains patients présentant un bégaiement

Cette méthode peut être utilisée en situation duelle ou en groupe.

Le scénothérapeute propose au patient 4 ou 5 textes qu’il a préalablement sélectionnés. Le patient en choisit un et est invité à le lire à haute voix. Puis il est conduit à parler de ce choix et du ressenti du texte. « Lire à haute voix, c’est s’autoriser des effets sur l’autre. » A la séance suivante, le scénothérapeute propose un autre choix de textes, et ainsi de texte en texte, patient et thérapeute cheminent-ils. Il ne s’agit pas d’enfermer le patient dans un projet thérapeutique, en effet le scénothérapeute n’a pas le pouvoir d’anticiper le vécu émotionnel du patient, ni de libérer le patient  de son affect, mais de lui offrir, à travers tout ce cheminement de textes, la possibilité de lier l’affect angoissant à des représentations mentales acceptables par lui.

Les textes, empruntés au  répertoire classique, jouent donc un rôle fondamental dans cette thérapeutique
-   le texte est à la fois un élément médiateur (une sorte de masque qui protège et permet)
-   un objet transitionnel (au sens de Winnicott)
-   un contenant
-   un espace de pensée
-   une surface projective
-   un fragment de culture
-   un objet esthétique

Outil privilégié dans tous les champs de la communication, la scénothérapie quitte le théâtre pour explorer “l’autre scène” (au sens psychanalytique). Elle permet et facilite les processus de liaison et la recherche d’identité, dans un travail spécifique à chaque individu, y ajoutant un élément ludique qui vient soutenir celui-ci dans son cheminement.

Martine nous propose alors  de faire l’expérience de la scénothérapie. Plusieurs textes sont mis à notre disposition. Leur choix se fait dans une certaine effervescence, avec rapidité ou lenteur. Une fois les textes lus à voix haute devant le petit groupe, Martine nous invite à explorer les raisons de notre choix, en quoi ce texte parle de nous, en quoi il résonne. 

Parmi les auteurs des extraits proposés : Kawabata, Prévert, Buzzati, Duhamel, Bobin… et aussi ces deux-là   

“Je me souvins d’un matin où j’avais découvert un cocon dans l’écorce d’un arbre, au moment où le papillon brisait l’enveloppe et se préparait à sortir. J’attendis un long moment, mais il tardait trop, et moi j’étais pressé. Enervé, je me penchai et me mis à le réchauffer de mon haleine. Je le réchauffais, impatient, et le miracle commença à se dérouler devant moi, à un rythme plus rapide que nature. L’enveloppe s’ouvrit, le papillon sortit en se traînant, et je n’oublierai jamais l’horreur que j’éprouvai alors: ses ailes n’étaient pas encore écloses et de tout son petit corps tremblant il s’efforçait de les déplier. Penché au-dessus de lui, je l’aidais de mon haleine. En vain. Une patiente maturation était nécessaire et le déroulement des ailes devait se faire lentement au soleil; maintenant il était trop tard. Mon souffle avait contraint le papillon à se montrer, tout froissé, avant terme. Il s’agita, désespéré, et, quelques secondes après, mourut dans la paume de ma main.Ce petit cadavre, je crois que c’est le plus grand poids que j’aie sur la conscience. car, je le comprends bien aujourd’hui, c’est un péché mortel que de forcer les grandes lois. Nous devons ne pas nous presser, ne pas nous impatienter, suivre avec confiance le rythme éternel.”   
“Alexis Zorba”  
Nikos Kazantzaki

“Dans le chant de ma colère il y a un oeuf,

Et dans cet oeuf il y a ma mère, mon père et  
mes enfants,

Et dans ce tout il y a joie et tristesse mêlées, et
 vie.

Grosses tempêtes qui m’avez secouru,

Beau soleil qui m’as contrecarré,

Il y a haine en moi, forte et de date ancienne,

Et pour la beauté on verra plus tard.
Je ne suis, en effet, devenu dur que par lamelles;

Si l’on savait comme je suis resté moelleux au
 fond.

Je suis gong et ouate et chant neigeux,

Je le dis et j’en suis sûr.
”

“Je suis gong” Henri Michaux

 Pour en savoir plus

GUILHOT Jean, LE HUCHE Sylvie, PERCEAU Josette, RADIGUET Chantal
Expression scénique, parole, plaisir et poésie,
Paris, Editions ESF, 1989

www.sfes.net

 

En chair ... ou en os

12janvier
Rencontre réseau du vendredi 8 janvier 2010
animée par Maëlle Andriamanjay, Annie Bouhier et Bernadette Godmer
Groupe clinique sur les 'Troubles alimentaires'
Au départ, l’envie pour ce groupe clinique de travailler sur les troubles alimentaires. Ensuite, cela s’est précisé autour du thème de la boulimie. En raison des éléments de l’histoire de chacune et des cas cliniques rencontrés qui ont chaque fois suscité des questions.

Intérêt de comprendre la boulimie mais aussi de trouver des réponses pour la thérapie des personnes en souffrance. Atelier qui a été l’occasion d’un va et vient théorie et pratique. Occasion d’éclaircissements, d’ouverture de sens …

A propos de la théorie, une question préalable se pose : quelle psychopathologie adopter lorsque l’on est Gestalt-thérapeute ? Peut-on travailler à partir des définitions de la psychopathologie classique, de la nosographie en vigueur dans le cadre d’un paradigme intrapsychique et individualiste alors que nos fondements phénoménologiques nous tournent vers une perspective de champ ? En quoi notre théorie du self peut elle avoir de la pertinence ?

Là n’est pas le lieu d’un débat sur quelle psychopathologie. Nous renvoyons sur le Cahier n°19 qui rend bien compte de ce problème. Au regard de nos parcours et de nos intérêts, nous avons bien remarqué que nous pouvions naviguer dans les diverses perspectives (psychanalytiques et autres) pour accroître notre compréhension sans renier notre identité.

Dans l’approche de ce groupe clinique, nous prendrons à notre compte les propos de Patrick Colin (cf  revue Cahiers n°19 p. 31 et 32 ). A la question la psychopathologie classique est-elle un outil adapté au diagnostic des situations ?«  A l’évidence pas trop, pour ne pas dire pas du tout. La psychopathologie classique est totalement fondée sur une vision close de l’individu dans une intériorité psychique, elle ne peut que décrire des modèles d’organisation du sujet, décrire des propriétés plus ou moins permanentes de ce sujet »

… mais il ne faut pas la jeter … « elle ne reste pas seulement un outil de communication plus ou moins commun à tous les psychothérapeutes, psychiatres et psychanalystes de la planète, elle est surtout, une invitation à la réflexion sur ce que sont l’homme et ses devenirs multiples. Et il serait dommage de se passer de cette masse de connaissances, de ces réflexions en tous sens qui ont tissé d’Hippocrate à nos jours une compréhension de l’humain qui est, aujourd’hui, la nôtre ». 

Patrick Colin précise que la psychopathologie en elle -même n’est pas le problème : « Soit elle est ouvrante à différentes manières de voir … soit elle est fermante quand elle cherche à définir une fois pour toutes ce qui est normal et ne l’est pas, ce qu’est un sujet sain ou malade … la psychopathologie est (finalement)  notre os à ronger,  dans la mesure où elle est un fondement à partir duquel nous pouvons user de notre critique, par rapport auquel nous avons à nous définir, et ce faisant nous la faisons évoluer ».

Lire l’ensemble du travail effectué par le groupe clinique sur la thématique de la boulimie


En janvier... à l'iGtb

24décembre
En janvier 2010… à l’iGtb
(
cliquer sur les images pour les voir en plus grand)

on rend compte de travaux de réflexion collectifs, on s’exerce à la photo numérique sous la direction d’une artiste, on s’intéresse à la thérapie émotionnelle par le texte littéraire, on lance quelques éclats de lire, on interroge son rapport à l’argent et on prépare une AG festive…


  • Une soirée théorico-clinique sur le thème des Troubles alimentaires
    animée par Maëlle Andriamanjay, Annie Bouhier et Bernadette Godmer
    le vendredi 8 janvier
    de 19h30 à 22h
  • Un atelier d’expression pour adultes
    animé par l’artiste photo-graphiste Catherine Lacuve
    le samedi 9 janvier 
    de 10h à 17h


  • Une Conférence-atelier
    animée par Martine Cotton, orthophoniste
    à propos de la ‘scénothérapie’ 
    le vendredi 15 janvier
    de 20h à 22h


  • Un atelier-lecture
    animé par Laetitia Darricau et Dominique Michel
    “De quelles lectures suis-je fait ?”
    cette fois , on apporte des textes courts (contes, nouvelles…)
    le
    lundi 18 janvier
    de19h30 
    à 21h30
  • Un atelier de groupe  
    animé par Corinne Joussain et Dominique Michel
    sur le rapport à l’argent
    ”Comptes à régler ?”
    le samedi 30 janvier
    de 10h à 17h


  • L’Assemblée Générale annuelle  de l’association se tiendra
    le vendredi 29 janvier 2010
    à 19h30 
    à l’iGtb, 7 place Emile Zola

Inclus, exclus...

14décembre

Conférence-atelier du vendredi 11 décembre, animée par Laurence Gateau-Brochard
L’exclusion, on en cause ou ça nous cause ?

Au cours de cette soirée, nous avons tenté, avec l’aide de Laurence, une définition de cette notion d’exclusion, assez facilement consensuelle, tout à la fois chargée de sens, de non-sens et de contresens, mais ceci en passant davantage par l’éprouvé de chacun que par le discours sur… Comment cette notion nous touche-t-elle ou nous implique-t-elle personnellement ?
Rien de facile et nous avons même pu constater que le thème génère volontiers ses manifestations de résistances…

Quelques remarques émergent de tout ce qui s’est dit, partagé, confié même, ce soir là, sur cette thématique là… 

-        un constat sensible. Vulnérabilité, stigmatisation, insécurité, isolement, humiliation, précarité, disqualification, désaffiliation, honte, culpabilité… des expériences partagées, personne n’est “immunisé” contre l’exclusion

-  un constat psychologique. Par un phénomène projectif, un jeu de miroir déformant, on exclut, on rejette ce que l’on ne peut tolérer en soi. La projection consiste en effet à percevoir des points communs chez l’autre, mais à rejeter celui-ci parce que ces points communs sont inassimilables (vulnérabilité, misère, fragilité, vieillesse, étrangeté…) Comme le rappelait Simone de Beauvoir dans Le Deuxième sexe, il suffit que quelques personnes réunies par hasard dans le compartiment d’un train sympathisent pour considérer tous les autres passagers d’un œil méfiant, voire vaguement hostile. Ainsi commence tout sectarisme : que quelques hommes parlent entre eux, et les voilà misogynes ; que des Français se reconnaissent quelque part, et les voilà xénophobes… la normalisation engendre l’intolérance.

 - un constat politique. ” Nous vivons en ce moment le passage d’une société verticale, que nous avons pris l’habitude d’appeler une société de classes, avec des gens en haut et des gens en bas, à une société horizontale où l’important est de savoir si l’on est au centre ou à la périphérie. (…) L’affaire n’est plus d’être up ou down, mais bien in ou out. ” (Alain Touraine, Face à l’exclusion, Esprit, février 1991). Cette représentation, car c’en est une, du fonctionnement social semble ériger les valeurs et les pratiques culturelles de la classe dominante en pratiques naturelles… la société génère les boucs-émissaires dont elle a besoin pour se rassurer sur son état de santé. L’exclusion permet la cohésion. L’exclusion n’est pas un état, mais bien un processus. Maisondieu (La fabrique des exclus, Bayard 97) décrit ainsi un syndrome spécifique “C‘est la dure loi du marché qui est la cause des malheurs. Mais comme la crise n’atteint pas tout le monde de la même façon, on peut imaginer aisément que la chute dans l’exclusion est peut-être bien liée à quelque petite faiblesse ou maladresse, voire à une maladie, qui interdisent à certains de participer pleinement à la vie sociale. Le syndrome d’exclusion est un mélange de honte et de désespérance qui conduit l’exclu à la mise en panne de son affectivité et de ses facultés cognitives pour survivre à défaut de vivre” qu’il caractérise comme étant une réponse pathogène à une situation pathologique.

 - un constat social. Définir l’exclusion et les exclus comme la situation et les personnes qui ne sont pas (ou plus) inscrites dans le cadre de ceux qui se sentent inclus colle aux ‘exclus’ une image de passivité, en les situant hors champ. Ce qui conduit à élaborer des politiques et des pratiques où l’on fait certes de la place à ces personnes, mais sans elles, sans tenir compte de leurs désirs, en présupposant leurs besoins et leurs attentes, et en évitant de les considérer comme des sujets actifs. Ainsi l’assistance est préférée à l’aide et à la réhabilitation, ce qui maintient les exclus dans une position de dépendance par la confiscation de leur liberté   

 - un constat philosophique. Tout ceci n’est pas sans rappeler ce que l’on nomme la « dialectique du maître et de l’esclave » (cf analyse hégélienne de la conscience) :    l’homme pense et se pense, en cela il est conscience de soi. Mais la conscience de soi n’est pas donnée à l’homme d’emblée, elle résulte d’un cheminement. C’est là qu’intervient le désir ( pris dans le sens large de besoin animal ) qui nous ramène à nous-même, à notre propre corps (notre estomac, par exemple). Le désir est alors foncièrement destructeur (de l’objet désiré) et constructeur (de soi-même), il nie (ou agresse) l’objet convoité (en le consommant) tout en affirmant celui (homme ou animal) qui désire (le désir est donc affirmation de soi). Le désir devient humain au moment où il porte sur un autre désir (il se distingue alors du besoin animal). Mais en désirant le désir de l’autre, je désire que l’autre reconnaisse en moi quelque chose de désirable (un bien que je possède ou une valeur que j’incarne…). Le désir est alors  « désir de reconnaissance » qui aboutit ainsi à une asymétrie entre celui qui est reconnu (le « maître », l’idée de maîtrise est associée à celle de liberté), et celui qui est forcé de reconnaître (« l’esclave », celui qui a préféré la vie à la liberté). Voilà pourquoi le « vaincu » doit survivre pour satisfaire le désir de reconnaissance du vainqueur.   Le maître (ou inclus) semble donc avoir gagné cette difficile reconnaissance conférant vérité et objectivité au savoir qu’il prend ainsi de lui même. Mais voilà… il n’est reconnu que par des esclaves (ou exclus) que lui-même ne reconnaît pas comme pleinement humains. Or la reconnaissance n’est satisfaisante que si il y a reconnaissance réciproque et donc égalité entre les protagonistes du conflit… Le maître est dans une impasse !   C’est l’esclave qui finira par accomplir sa propre humanité. Du coup le rapport de servitude s’inverse, puis disparaît (renversement dialectique et dépassement de la contradiction). L’esclave devient le maître de la nature et par là maître du maître, alors que le maître devient l’esclave de l’esclave dont il est devenu dépendant. L’esclave devenu maître, n’est plus le maître d’un esclave mais le maître de lui même reconnu dans sa maîtrise par ses alter ego… le conflit maître-esclave est le moteur d’un processus voué au dépassement du conflit lui même. Ceci n’est pas sans évoquer le devenir historique de l’humanité où l’esclave, mais c’est aussi l’exclu ou le pauvre, renverse tôt ou tard le joug de sa servitude, non pour en inverser simplement les termes (où l’esclave devenu maître perpétuerait l’esclavagisme) mais pour en abolir le principe (la maîtrise de l’esclave abolit l’esclavagisme). 

  • Sur cette thématique de l’exclusion, je recommande au passage le dernier livre - très touchant- de Sylvie Germain “Hors champ”.  Vous pouvez écouter ce qu’en dit l’auteur elle-même en cliquant ici

C’est une étrange histoire, effrayante et poignante que celle de la disparition progressive d’Aurélien. En l’espace  d’une semaine, Aurélien va s’estomper, disparaître peu à peu et retourner au néant. Cela débute banalement avec la panne de son ordinateur et l’annulation d’un gros travail de transcription du journal de son frère. Mais il va ensuite disparaître progressivement de l’attention de ses collègues, de celle de sa fiancée, et même de celle de sa mère… sans parler de tous ceux qu’ils croisent dans la rue. Sentiments d’injustice, de colère, d’incompréhension… la perception est subjective. Au fil des jours, le processus s’accentue. On ne pense plus à lui. Il perd de sa consistance. “C’est vrai que tu as le teint flou.” Il va ainsi perdre son odeur, sa voix, son ombre. Il devient évanescent, fantomatique. Même d’anciennes photos de lui ne retiennent plus son image. Il est de plus en plus hors champ. Et l’on ne peut s’empêcher, comme l’auteur, de penser à tous ces gens que l’on ne voit plus, qui ne comptent plus pour personne. Elle nous interroge sur notre place dans le monde, au sein de l’humanité. Qui sommes-nous finalement ? Pour qui avons-nous un tant soit  peu d’importance ? Comme Aurélien, on tente dérisoirement de se consoler en se disant que l’on ne meurt pas tout à fait tant qu’il reste au moins un vivant pour se souvenir de soi …

En décembre ... à l'iGtb

24novembre
En Décembre à l’iGtb
(cliquer sur les images pour les voir en plus grand)
  • Une conférence-atelier, sur le thème des Formes de la relation
le vendredi 11 décembre 09 de 20h à 22h
Laurence Gateau-Brochard vient évoquer l’Exclusion
On en cause ou ‘ça’ nous cause ?


  • Un atelier d’expression pour adultes
les 12 et 13 décembre 09 de 10h à 17h
Impro et Gestalt
animé par Marie Drouart

sur le thème Qui je suis …
le lundi 14 décembre 09 de 19h30 à 21h30
animé par Laetitia Darricau et Dominique Michel
Pour cet atelier, apporter quelques photographies familiales anciennes (une dizaine, si possible)

"Souffler sec"

20novembre

ou le vernissage-présentation de l’exposition d’Agnès Torrès

Agnès Torrès  expose “Souffler sec ” à l’iGTb, jusqu’en janvier 2010.
Le mardi 17  novembre, autour d’un verre et de quelques grignotages, Agnès Torrès a présenté son travail d’artiste, ainsi que la vocation de Diffractis, l’association d’artistes qu’elle anime. Agnès, qui a été danseuse, s’attache à traduire plastiquement ce qu’elle nomme le rythme. 
Voici comment elle explicite sa démarche :

« Compter, décompter les instants, les gestes et les traces de la vie. .
Aligner, ranger, nouer l’espace et raconter.
Le temps s’échappe goutte à goutte, indifférent, mais par une loi de symétrie, s’inscrit point par point dans la mémoire du monde.
Cette loi implacable dépose des empreintes dont je tente de répertorier
les traces infimes, les restes indélébiles et diffus.
Depuis la coupure originelle, la matrice perdue, le textile m’enveloppe.
Peau de substitution, surface d’inscription, plan d’expression, le tissu donne à voir, propose une version, et prépare la rencontre inéluctable et nécessaire avec le monde, autant qu’il m’en protège.
Symbole du lien qui retient la vie, du souffle qui fait de chacun un passant
parmi d’ autres, d’une parole qui conte une histoire unique,
il se prête à tous les jeux, les désirs, autant qu’à nos peurs.
La navette des jours tisse la trame du monde sur laquelle
chaque histoire singulière est brodée patiemment.
Orner sans tomber dans l’ornière des effets de style, tel est l’enjeu
de la bordure brodée : mettre en valeur, enrichir de détails et surtout,
marquer la limite en cachant la rupture.

Exploration topologique du monde, je propose par l’entrelacs, une manière de s’inscrire dans un univers qui peut sembler trop connu ou inconnu.
La main voyage. Dans le silence, je raconte  une histoire pour chacun :
Mais toute broderie n’est pas broderie d’or :au fil des jours, appliqué,
pas à pas, point par point : avant, arrière, comme en zigzags, il faut parfois
simplement agrémenter les jours, quand prisonnier du filet d’Arachné,
s ‘égrène à petits points le temps scandé de la vie rêvée :

 repriser, ravauder, rapiécer , raccommoder , raccorder , reborder, rebroder, compter et recompter, découdre et recoudre, recouvrir, recréer, récurrent, récursif, refaire et redéfaire, redorer, redoubler, regretter, rehausser, recommencer, répéter, relief, rembourrer, renouer, repasser, repli, répliquer, reprendre, reporter, représenter, reproduire, réseau, réserve, retors, retroussis, revers, revêtir, et reprendre….

Structure répétitive du temps rythmé, qui retrouve malgré elle le champ
mythique des origines. Voyage de la main, voyage au  « point d’esprit ».
Les pensées vagabondent en « surfil », s’enchaînent en « point de chaînette »,
ou prudemment à « points comptés ». Fils de lin, de laine, de coton ou de soie
brodent hardiment récits, contes et mythes.
Dessiner à l’aiguille, au crochet, au crayon, en boucles successives ou à petits points semés, en des aires magiques, c’est pour moi habiter le monde que je parcours dénombre et nomme.
Le mouvement des doigts, des yeux, de l’esprit devient danse.
Toutes les techniques plastiques et les modes opératoires susceptibles de rendre compte de cette perception sont les bienvenues, aussi je n’en dédaigne aucune: photographies, dessin, collage, broderie, tressage, assemblage, installations, estampes, etc. “ 

Sur cette thématique du rythme, un très beau texte, L’esthétique des rythmes, du philosophe Henri Maldiney, lisible ici
L’art est la vérité du sensible, parce que le rythme est la vérité de l’aesthesis” H. Maldiney

En novembre... à l'iGtb

4novembre
En Novembre… à l’iGtb
(cliquer sur les images pour les voir en plus grand)
  • un atelier lecture bi-mestriel   (en alternance avec un atelier d’écriture)
    animé par Laetitia Darricau et Dominique Michel 
le lundi 16 novembre, de 19h30 à 21h30

Montaigne voyait dans les livres plus qu’un médicament : ” La meilleure munition que j’aie trouvée à cet humain voyage… “ 

  • une exposition “Souffler sec”et ce jusqu’en janvier 2010,  des oeuvres d’Agnès Torrès,plasticienne 
Et le mardi 17 novembre 09 à 19h30, un grignotage-vernissage-discutage  (ben oui…) avec l’artiste plasticienne, qui sera là pour évoquer son travail et “souffler sec” avec nous
  • un atelier ponctuel de groupe Gestalt-thérapie “Formes de la relation“ 
animé par Pierre-André Beley et Hélène Chauveau

le samedi 21 novembre , de 10h à 17h

sur le thème Intimité /Extimité

  • un atelier  “jeu de société”, 
proposé par Nathalie Dard et Dominique Michel
atelier ouvert de développement personnel, visant à se découvrir soi-même et à découvrir l’autre de manière ludique

Soirée-Débat

22octobre

Psychothérapie et société...    by Fritz

Le Vendredi 16 octobre de 20 à 22h, en présence de Brigitte Lapeyronnie-Robine, psychiatre, psychothérapeute et directrice de l’iFGt (Institut Français de gestalt-thérapie), et de Pierre-Yves Goriaux, psychothérapeute et directeur adjoint de l’IFGT, les participants ont débattu sur les rapports actuels qu’entretiennent psychothérapie et société… Cela a suscité bien sûr beaucoup plus de questions que de réponses… 

La psychothérapie, pour qui ? des usagers, des patients, des clients, des malades, des bien-portants? lesquels ? Est-ce élitiste ? quelle inscription sociale ? Quid des personnes les plus défavorisées, y ont-elles accès, comment ?

 La psychothérapie, pour quoi ? quelle conception de la psychothérapie ? un soin (cure ou care ) ? quelles représentations de la santé / maladie, du normal / pathologique  ? s’agit-il de guérir, d’aller vers un mieux-être, une autonomie ? et qui décide de l’être-mieux, le patient, le thérapeute, la société ? à partir d’un diagnostic, ou non ?

Quelle psychothérapie ? pourquoi un engouement pour les TCC (thérapies comportementales ? béhaviorisme, scientisme ?) ? la psychothérapie relève-t-elle de la médecine, de la psychologie, de la philosophie appliquée ?  comment en évaluer les effets, et faut-il les évaluer ? Pratiques codifiables ou relation singulière patient -thérapeute ? quel est le rôle politique de la thérapie ?

Quel statut pour les thérapeutes privés de leur titre par la nouvelle règlementation ? Psychothérapeutes, ni psychiatres, ni psychologues, ni psychanalystes… quelle place sociale occuper et comment ? quelles compétences suppose cet exercice ? quelles formations indispensables ? quels en sont prescripteurs ? comment les atteindre ?

 A toutes ces questions, vous trouverez des éléments de réponse dans le livre : Psychothérapie et société Françoise Champion (dir.), éd. Armand Colin, coll. « Sociétales », janvier 2009. Françoise Champion est sociologue de la santé mentale, chargée de recherche au Centre de recherche « Psychotropes, santé mentale, société » (Cesames, CNRS / Inserm), et voici sur ce thème quelques uns de ses propos : 

Plusieurs évènements semblent être à l’origine de ce premier état des lieux historique et socio-anthropologique sur la psychothérapie en tant que phénomène social. Quels sont-ils ?

Disons d’abord que depuis le début du XXe siècle, ce phénomène social qu’est la psychothérapie n’a cessé de prendre de l’ampleur et qu’il n’y avait, jusqu’ici, en France, aucun travail sociologique sur le sujet. Ensuite, depuis les années 1990, des volontés administratives et politiques se sont manifestées pour contrôler la psychothérapie, sans, d’ailleurs, avoir su lancer d’appels à études pour connaître les usagers des psychothérapies ni les psychothérapeutes (à peine quelques enquêtes réalisées par Psychologie magazine, la MGEN, des psychothérapeutes eux-mêmes, analysées, bien sûr, ici). Ces projets de réglementation et de contrôle ont abouti à une loi en 2004 portant sur le titre de psychothérapeute et à une expertise de l’Inserm sur l’évaluation des méthodes psychothérapeutiques. Ces deux entreprises ont déclenché une violente « guerre des psy ». Les conflits se poursuivent, les décrets d’application de la loi ne sont toujours pas là…

 Ces conflits interviennent-ils sur un fond quelque peu miné ?

En effet, des « déchirements » n’ont cessé de caractériser l’espace psychothérapeutique. Tout d’abord, parce que la psychothérapie est une pratique et une discipline mal définie depuis l’origine et exercée, de fait, aujourd’hui, par quatre catégories de professionnels : psychiatres, psychologues, psychanalystes et, enfin, psychothérapeutes qualifiés de « ni, ni, ni » (parce que n’appartenant à aucune de ces catégories), qui, à partir de 1990 ont revendiqué la création d’un titre de psychothérapeute. Ce faisant, ils ont mis en effervescence le milieu de la psychothérapie (psychanalyse comprise). Cette opposition entre médecins et psychologues renvoie à un désaccord quant à la nature de ce que prendrait en charge la psychothérapie : une maladie, un mal-être, une « souffrance psychosociale » ? Le conflit porte aussi sur la formation des praticiens de la psychothérapie : les psychiatres et les psychologues, dont le cursus universitaire ne comporte pas de formation spécifique à la psychothérapie peuvent-ils être psychothérapeutes ? Autre « déchirement » sur la conception des troubles psychiques : sont-ils circonscrits et isolés les uns des autres ou renvoient-ils à un « mal-être » global ? Enfin, la psychothérapie peut-elle être une pratique standardisée et codifiée ou bien repose-t-elle fondamentalement sur la relation entre le « psy » et son « patient », « client »… ?

Quel est l’avenir de la psychothérapie ?

 Je pense qu’elle est appelée à se développer car les questions de santé mentale sont devenues un problème de santé publique majeur (en octobre 2007 a eu lieu la première campagne d’éducation et de prévention sur la dépression), avec un véritable coût économique que l’on chiffre désormais. Si nous ne sommes plus à l’heure du « tout psy », on s’oriente actuellement vers des prises en charge combinant médicaments et psychothérapies, et leurs usagers ont vite saisi les opportunités données par l’ouverture du marché psychothérapeutique. Si l’essentiel du livre porte sur les transformations du domaine de la santé mentale, nous terminons par une perspective anthropologique sur les changements de fonctionnement de l’individualisme : la norme de l’autonomie d’aujourd’hui consiste pour chaque individu à devoir choisir sa vie – jusqu’à être responsable de sa santé mentale.                                                                                                              Propos recueillis par Léa Monteverdi   Source : le journal du cnrs

”Personnellement, je considérerais que la thérapie comportementale est une insulte, même pour les grands singes, et même pour les chats.” D.W. Winnicott

Et aussi ceci..., en octobre, à l'iGTb

9octobre
… dans l’agenda de Fritz

  • Une soirée-débat sur le thème d’actualité
 ’Psychothérapie et société’  
le vendredi 16 octobre, de 20h à 22h

en présence de Brigitte LAPEYRONNIE-ROBINE, psychiatre, psychothérapeute, directrice de l’iFGT, institut français de Gestalt-thérapie

et de Pierre-Yves GORIAUX, psychothérapeute, directeur-adjoint de l’iFGT

  • Des ateliers d’expression 
—-> un atelier d’écriture bi-mestriel   (en alternance avec un atelier-lecture)
animé par Laetitia Darricau et Dominique Michel 

première séance, lelundi 12 octobre, de 19h30 à 21h30


—-> un atelier chant

animé par Marie-Hélène Deschamps

les samedi 17 et dimanche 18 octobre , de 10h à 17h

En octobre... à l'iGtb

11septembre


En octobre… à l’iGtb,

  • une Journée Porte ouverte, 
le samedi 3 octobre 2009
à partir de 10h le matin 
ou de 15h l’après-midi
Vous pourrez visiter l’iGtb, connaître ses différentes activités, 
rencontrer des thérapeutes et savoir tout … ou presque
sur la thérapie en général et la Gestalt-thérapie en particulier
                                                     (cliquez pour voir en  plus grand)
  • des Ateliers de groupe  Adultes bi-mensuel, 

2 jeudis par mois de 20h à 22h30 (hors vacances scolaires)

Premier groupe le jeudi 8 octobre

Thérapeutes : Dominique Michel & Didier Lambert

Contact : 06 20 25 37 75


                                               Retraités mensuel, Se livrer.. se délivrer…

un samedi par mois de 9h à 12h30

Premier groupe le samedi 10 octobre 2009

Thérapeutes : Bernadette Godmer & Dominique Michel

Contact : 06 20 25 37 75


  • des Groupes de parole  
Naître mère, 2 rencontres par mois

le mercredi de 14h30 à 16h

Première rencontre, le mercredi 14 octobre 09

Animatrice : Maëlle Andriamanjay

Contact : 06 8746 26 16


Personnes âgées et leur famille

Groupe de parole pour personnes âgées valides souffrant de maladies dégénératives liées au vieillissement et/ou leur famille

le samedi après-midi de 14h à 17h

Animateurs : Barbara Fourcade & Pierre-André Beley

Contact, renseignements :  06 82 14  02 99


  • un Atelier d’expression adultes Voix
les samedi 17 et dimanche 18 octobre 09
Voix du corps, corps en voix…  
avec Marie-Hélène Deschamps
                                                    (cliquer pour voir en  plus grand)

  • dans le cadre d’A propos… 
qui cherche à rendre la littérature évidente et contagieuse

des ateliers lecture / écriture adultes 
un lundi soir bi-mestriel, en alternance 
de 19h30 à 21h30

Animatrices : Laetitia Darricau & Dominique Michel

Vous trouverez plus de renseignements en consultant le site de l’iGtb

En septembre ... à l'iGtb

3septembre



Oui, oui, voilà, voilà, on arrive…

Alors, en septembre à l’iGtb, 

la petite fabrique 

propose des ateliers d’expression créatrice pour enfants de 8 à 12 ans

le démarrage d’un premier parcours (5 séances de 2h, 15 €/séance) sur le thème, Fables et bestiaires, est prévu 

le mercredi 23 septembre, de 17h à 19h

Ces ateliers hebdomadaires, co-animés par 2 enseignantes, proposent des parcours ludiques et créatifs. A chaque séance, il s’agira pour l’enfant de s’immerger dans une thématique par quelques lectures et recherches, puis de rédiger lui-même un petit texte lié à ce thème, et enfin d’y associer une production plastique et/ou culinaire

Sur le parcours Fables, les productions pourront être des masques, des personnages et un théâtre en papier, des marionnettes…etc. Le matériel est fourni.

Renseignements au 06 20 25 37 7ou consultez le site

Deux ans... dignement fêtés

4juillet

by Fritz  (cliquez sur les photos pour les agrandir et sur la flèche à droite des photos pour les faire défiler)

      

      

      

   

ha… ça a été un bel anniversaire !

Gestalt-thérapie et Urbanisme : l'homme et ses environs

30juin

by Fritz  (cliquez sur les images pour les voir en plus grand)

     Au cours de la soirée du 26 juin dernier à l’iGtb, dernière des 3 soirées consacrées cette année aux questions de formeétaient donc invités à dialoguer Jean-Marie Robine, fondateur et ex-directeur de l’Institut français de Gestalt-thérapie, et Christian Sallenave, sociologue spécialisé en architecture, ethnologie urbaine et anthropologie de l’espace. 

Hélène Chauveau, qui anime la rencontre, rappelle d’emblée la richesse de sens du mot « urbanité » ( du latin « urbs » : la ville), qui  renvoie à la civilisation  et au vivre ensemble.  Qu’est-ce qu’habiter l’espace urbain ? Quelle part est accordée au  citoyen dans l’aménagement des espaces où il vit ? C’est la réalité contemporaine de la ville, dans toutes ses dimensions, notamment la dimension politique, qu’il s’agit d’interroger. La gestalthérapie  prend-elle en compte cette problématique?

     L’évidence rappelée par Jean-Marie Robine est que l’être humain ne peut être appréhendé que dans son environnement, que l’on ne peut parler de l’un sans l’autre. L’architecture et l’urbanisme sont ce qui affecte le plus notre quotidien, affirmait Goodman que ces questions intéressaient à tel point qu’il en fit le sujet d’un livre, écrit en 1947 avec son frère, Percival, architecte : “Communitas”, encore non-traduit en français aujourd’hui. Sur les 3 utopies des frères Goodman, voir cet intéressant article de Bernard Vincent   L’utopie au secours de la ville : les fictions urbaines de Paul Goodman 

   La question de l’anthropologie de l’espace est au cœur des travaux de C Sallenave. Il a été amené à constater que la dimension anthropologique est trop souvent oubliée, l’inter–relation, ou interaction, négligée.  C’est pourquoi, par exemple, le Ministère de la Justice lui a demandé de participer à la réflexion concernant la création de centres fermés pour délinquants. Le lieu est destiné à « être vécu », c’est-à-dire « disputé , partagé, codifié ». Rattachant ce problème à la question anthropologique des rites de passage, C. Sallenave fait observer que ces derniers relèvent toujours d’une prise en compte de l’espace puisqu’ils sont toujours liés à l’idée de séparation, laquelle se traduit concrètement dans la différenciation des lieux où l’on se tient, selon le groupe auquel on appartient. ( Les enfants délinquants sont séparés, pas encore agrégés, donc dans la marge.)

C. Sallenave évoque ensuite une expérience menée avec des étudiants chargés d’effectuer un parcours en tramway, les menant de Saige Formanoir à Pessac jusqu’au Miroir d’eau à Bordeaux (trouvaille - en passe de devenir l’emblème du Bordeaux rénové- du paysagiste Michel Corajoud), afin d’observer le paysage urbain. Ils sont munis d’écouteurs branchés sur des MP3 : certains d’entre eux doivent écouter du rap, d’autres du jazz. Ces derniers, à l’arrivée, auront été plus sensibles à la variété des lieux traversés parce que, c’est en tout cas la thèse de C.Sallenave, l’absence de variation dynamique du rap, son uniformité rythmique, empêchent la perception de la diversité. Il n’y a pas de véritable compréhension du monde si on ne peut le percevoir dans sa globalité, si on isole un sens des autres. Cette spécialisation des sens n’est–elle pas à mettre en parallèle avec la spécialisation des espaces que l’on observe dans les structures urbaines d’aujourd’hui ? C. Sallenave soutient l’idée qu’il faut penser la ville en termes de « mixité d’usage ». Les lieux dévolus à une seule utilisation, une unique fonction ne correspondent pas à une perception plus globale de l’humain. On retrouve d’ailleurs cette mixité d’usage dans les calculs des investisseurs associant en un même lieu différentes affectations, aussi surprenantes par exemple que l’intégration d’une résidence pour personnes âgées dans la structure d’un stade.

C’est l’occasion pour Hélène Chauveau de souligner la dimension politique des questions d’urbanisme et d’articuler aménagement des villes et démocratie. Quelle est la place du citoyen dans les décisions qui affectent les lieux qu’il habite, où il circule, travaille, s’informe, se détend ? Peut-il participer aux choix dont les enjeux politiques et sociaux sont si importants ?

Pour C. Sallenave, il est clair qu’il ne faut pas abandonner cette question architecturale et urbaine aux seuls experts qui ont trop souvent une position de surplomb, ne pas leur laisser « le dernier mot ». Il rappelle la nécessité de toujours penser le mouvement. Dans l’espace d’abord, comme en témoigne la façon dont différents groupes de population se sont approprié le Miroir d’eau grâce à la facilité de déplacement que leur offrait le tram. Dans le temps surtout, qui permet l’évolution des lieux. Il  est fondamental, dans les questions d’urbanisme, de penser les transformations possibles ou la possibilité de transformationD’ailleurs l’aménagement urbain implique toujours la prise en compte de trois types d’espaces : espaces prescrits, interdits et possibles .

Jean Marie Robine indique qu’en effet, dans les interstices, dans la marge, il y a place pour l’utopie. Non pas celle, froide et technocratique des projets totalitaires, mais celle, vivante et libre de l’invention, ce qui la rattache à l’idée, chère à Goodman (voir article de B. Vincent) et aux gestaltistes, du processus et de l’inachèvement propres à la création. Ces notions ne sont-elles pas, au fond, tout aussi inséparables de la démocratie, toujours en voie d’élaboration, toujours à construire ?

Sur ce thème, voir la très intéressante initiative des riverains de la rue Paul Camelle à Bordeaux Bastide et leur étonnant et novateur projet de “rue-jardin” : un projet où les riverains cessent de -au mieux- se saluer poliment, pour réfléchir et oeuvrer ensemble, et devenir les acteurs responsables de la réussite d’un espace commun… cliquez sur ce lien pour en savoir plus (blog de ces habitants et petite vidéo concernant le projet)

http://ruejardin.blogsudouest.com/2009/04/24/la-demarche-des-riverains-de-la-rue-paul-camelle/

Et toujours sur ce thème, lire (et écouter) les textes poétiques et subtils (accompagnés de 2 CD d’entretiens) de Pierre Sansot Rêveries dans la ville, parus chez Carnet nord. L’auteur nous invite à le suivre au hasard de ses déambulations à travers la ville. Sa pensée vagabonde comme une conversation ininterrompue. La marche suscite la rêverie, la saisie de beautés secrètes et imprévues, mais aussi l’émergence de souvenirs. Pierre Sansot nous donne à lire sa façon d’habiter la ville : une oisiveté attentive à ce que le monde a l’obligeance de nous offrir. En ces temps de repli individualiste,  ces textes nous rappellent que notre vie ne s’épanouit  qu’au contact des autres. Et si le meilleur de nous -mêmes - notre liberté, notre capacité d’amour, d’émotions et de partage- résidait dans la fréquentation des lieux publics ?

Anniversaire...

28juin

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2e édition

En Juin... à l'iGtb

1juin

En juin… à l’iGtb,
  • Le vendredi 12 juin 09 à 19h30Laetitia Darricau et Dominique Michel animent un atelier-poésie 
    Et toutes les autres choses … ou presque
  • Le vendredi 26 juin 09 à 20h, Jean-Marie Robine, psychothérapeute, et Christian Sallenave, sociologue et anthropologue de l’espace, mettront en dialogue la Gestalt-thérapie et l’urbanisme sur une dernière question de formes 
    L’homme et ses environs