Jeux et enjeux de loi
- Le député Bernard Accoyer dépose le 13 octobre 1999 une proposition de loi (n° 1844) visant à réserver l’usage du titre de psychothérapeute à des personnes titulaires de diplômes universitaires.
- Le 28 mars 2000 est enregistré à la Présidence de l’Assemblée nationale sous le n° 2288 une proposition de loi relative à l’exercice de la profession de psychothérapeute par les députés MM. Jean-Michel Marchand, André Aschieri, Mme Marie-Hélène Aubert, MM. Yves Cochet et Noël Mamère.
- Le 26 avril 2000 est enregistré à la Présidence de l’Assemblée nationale sous le n° 2342 une proposition de loi relative à la prescription et à la conduite des psychothérapies par MM. Bernard Accoyer, Jean-Claude Abrioux et plus d’une soixantaine de parlementaires.Ce texte développe ses motifs autour du risque sanitaire et des dérives sectaires. Il est connoté par une dimension médicale même si les psychologues cliniciens sont mentionnés.
- Hormis quelques initiatives, forums, débats, etc., la date clé est le 24 septembre 2003. La Commission des Affaires sociales de l’Assemblée nationale adopte l’amendement dit Accoyer. Cet amendement présenté le 8 octobre 2003 à l’Assemblée nationale, a obtenu un vote favorable à l’unanimité. Il sera soumis au Sénat avant d’être à nouveau présenté au gouvernement. C’est là le véritable point de départ de la médiatisation de cette question et de la mise en mouvement de centaines d’organismes professionnels, associations, instituts, syndicats, etc. En réalité, arrivé devant le Sénat, l’amendement Accoyer deviendra :
- Le 19 janvier 2004 l’amendement 363 de About-Mattéi, lui-même soumis à la “navette” jusqu’au :
- 8 avril 2004 date à laquelle est voté l’amendement 344 présenté par M. Jean-Michel Dubernard, rapporteur de la commission des affaires culturelles, familiales et sociales. Retour au Sénat où il devient :
- le 9 juillet 2004, l’amendement 13 ou Giraud, adopté en deuxième lecture
- le 28 juillet 2004, réunion de la commission mixte paritaire, révision et rapport
- le 30 juillet 2004, examen en séances publiques par Assemblée nationale et Sénat
- le 9 août 2004, Loi n° 2004-806 dont article 52 (J.O. du 11 août 2004)
- le 16 juin 2008, le “dernier” projet du décret d’application de l’article 52 est soumis en séance au CNESER. A ce jour, ce texte est vivement critiqué mais pour des raisons différentes, voire opposées, selon la diversité des organisations et des syndicats concernés.
- le 18 mars 2009, l’Assemblée Nationale adopte un projet de loi portant réforme de l’hôpital et relatif aux patients, à la santé et aux territoires. Le texte apporte des modifications à l’article 52 . Ces modifications ont été discutées et de nouveau modifiées au Sénat. Ce dernier, le 5 juin 2009, adopte ce projet de loi modifié. Ces nouveaux textes sont à l’Article 22 septies - Formation des psychothérapeutes - du dernier texte ci-dessous.
- le 16 juin 2009, Alain Milon pour le Sénat et Jean-Marie Rolland pour l’Assemblée Nationale déposent le Rapport n° 463 (2008-2009) fait au nom de la commission mixte paritaire. Il sera discuté le 24 juin 2009.
- le 23 juillet 2009, l’article 91 de la loi n°2009-879 du 21 juillet 2009 modifie à priori durablement l’article 52 sur le titre de psychothérapeute.
—-> Pour un historique plus détaillé et explicité, consulter ce site très riche et très complet http://www.catherinehabert.com/psy_actu.shtml
- Texte intégral de l’article concernant les psychothérapeutes :
(1) « L’usage du titre de psychothérapeute est réservé aux professionnels inscrits au registre national des psychothérapeutes.
(2) L’inscription est enregistrée sur une liste dressée par le représentant de l’État dans le département de leur résidence professionnelle. Elle est tenue à jour, mise à la disposition du public et publiée régulièrement. Cette liste mentionne les formations suivies par le professionnel. En cas de transfert de la résidence professionnelle dans un autre département, une nouvelle inscription est obligatoire. La même obligation s’impose aux personnes qui, après deux ans d’interruption, veulent à nouveau faire usage du titre de psychothérapeute.
(3) L’inscription sur la liste visée à l’alinéa précédent est de droit pour les titulaires d’un diplôme de docteur en médecine, les personnes autorisées à faire usage du titre de psychologue dans les conditions définies par l’article 44 de la loi n° 85-772 du 25 juillet 1985 portant diverses dispositions d’ordre social et les psychanalystes régulièrement enregistrés dans les annuaires de leurs associations.
(4) Un décret en Conseil d’État précise les modalités d’application du présent article et les conditions de formation théoriques et pratiques en psychopathologie clinique que doivent remplir les personnes visées aux deuxième et troisième alinéas. »
Pour suivre l’actualité sur cette loi concernant le titre de psychothérapeute, consulter les sites suivantsCEGT : http://www.cegt.org/
SNPPSY : http://www.snppsy.org/
AFFOP : http://www.affop.org/
SFG : http://www.sfgestalt.org/actualite/coordination/quoi.html- A la suite du vote pour la loi Bachelot concernant le titre de psychothérapeute, voici un communiqué (juin 2009) concernant l’orientation du Collège Européen de Gestalt-thérapie (CEGT) et le sens de l’agrément du titre de Gestalt-thérapeute : CeGt.pdf
- Ci-dessous, le manifeste de l’IFGT, publié en réponse à cette loi en décembre 2008, et qui reste d’actualité

Depuis bientôt trente ans, l’ Institut français de Gestalt-thérapie contribue à la création de la profession de psychothérapeute en France et en Europe. En ayant pris et en continuant à prendre de nombreuses initiatives, l’IFGT a participé à l’élaboration d’une certaine conception du psychothérapeute, de sa formation, de son éthique, de sa théorie et de sa pratique, ainsi que de ses organisations professionnelles. Par exemple, l’IFGT s’est engagé dès l’origine dans la création du Syndicat national des praticiens de psychothérapie , de la Société française de Gestalt , de la Fédération française de psychothérapie , du Collège européen de Gestalt-thérapie , de l’AFFOP — Association fédérative française des organismes de psychothérapie , de l’ European Association for Gestalt Therapy , de l’ European Association of Psychotherapy ; mais parfois, les choix éthiques ultérieurs de certains de ces organismes nous ont amenés à choisir d’en partir.
L’État prétend aujourd’hui protéger les usagers en détruisant d’un revers de décret le travail de mise en place opéré par ceux et celles qui pratiquent depuis de nombreuses années. Les milliers d’heures passées à rédiger des rapports et documents pour leur expliquer la formation et l’exercice professionnel du psychothérapeute ont été inutiles : le titre de psychothérapeute est confisqué pour pouvoir être décerné à certains professionnels qui n’en demandaient pas tant (comme les ORL, les chirurgiens ou les psychologues du travail), sans conditions, sans exiger d’eux la moindre formation appropriée. Les seuls qui “autrefois” se disaient psychothérapeutes, après de longues années de travail sur soi, une formation théorique, méthodologique, pratique de 5 ans minimum, une supervision continue, un engagement déontologique, seront les seuls à ne plus y avoir droit et sont priés d’intégrer l’Université — qui pourtant reconnaît son incompétence en la matière — pour se faire formater selon l’éthique d’un savoir dit scientifique, savoir auquel les pouvoirs publics eux-mêmes ne croient pas puisqu’ils en dispensent les médecins, les psychologues et les psychanalystes.
L’Institut français de Gestalt-thérapie refuse. L’IFGT entre en résistance.
Nous refusons de piétiner la formation approfondie du psychothérapeute, nous refusons de remplacer notre éthique humaniste par une éthique de sciences fondées en laboratoire, nous refusons de remplacer notre formation à l’écoute et à la présence à l’autre par un savoir académique, quel qu’il soit, nous refusons que des praticiens de professions voisines s’emparent du titre et de la capacité d’exercice sans la moindre formation à cet égard. Nous refusons d’entrer en conventions et compromissions avec un État qui veut nous faire croire de cette façon qu’il cherche à protéger les usagers alors qu’il ne fait que favoriser l’autoproclamation, la pensée unique devenue pensée d’État et ainsi gratifier quelques lobbies dévoués à sa cause libérale.
L’État confisque le titre de “psychothérapeute”. Sous la contrainte, nous le lui abandonnerons et nous replirons momentanément sur celui de “Gestalt-thérapeute”. Le Gestalt-thérapeute est un professionnel de la psychothérapie et cette appellation n’est pas encore confisquée. Le public aura sans doute besoin de quelques mois pour découvrir par l’expérience que ceux qui auront désormais le titre de psychothérapeute n’en auront la plupart du temps que le titre ; il lui faudra quelque temps pour comprendre que le paysage a changé, qu’il lui faut désormais découvrir sous des noms parfois bizarres, des professionnels formés, compétents, crédibles.
Nous ne nous inscrirons ni n’encouragerons nos étudiants à s’inscrire sur les listes préfectorales, même si nous avons et s’ils ont les titres requis.
Le psychothérapeute ne peut être un officier de santé mentale. Il ne peut faire partie d’un corps d’état sous tutelle de la Santé publique ou de l’Éducation nationale. Il exerce une activité professionnelle dans la marge, là où se trouvent tous ceux qui souffrent précisément des normes et de la pensée unique.
Notre Institut, l’IFGT, va donc sans doute être amené à réduire sensiblement son activité puisque sa conception de l’acte psychothérapeutique n’aura pas l’heur de convenir à ceux qui nous gouvernent “démocratiquement”. Qu’importe ! Nous sommes convaincus que cette marginalité extrême à laquelle nous allons être contraints n’aura qu’un temps, le temps que se révèlent les véritables enjeux, économiques, institutionnels, politiques, policiers d’une législation aberrante.
Nous n’allons pas nous “adapter” à cette nouvelle situation, c’est-à-dire renoncer à ce qui nous caractérise depuis notre création en 1980, et remplacer une formation exigeante par un vernis de connaissances choisies et labellisées par des politiciens.
Nous continuerons à former des praticiens de la psychothérapie de haut niveau, des professionnels reconnaissables à leur éthique, à leurs qualités humaines, à leur pratique enracinée dans des connaissances théoriques et méthodologiques.
Nous continuerons à nous soucier de la souffrance de l’homme, à refuser de l’aborder comme une maladie ou une déviance, sans méconnaître ce qui relève du soin, sans cesser la collaboration avec les médecins, psychologues, psychanalystes et autres professions voisines. Nous continuerons à développer nos recherches théoriques et méthodologiques pour que notre accompagnement soit toujours plus sensible. À la psychologie et à la psychopathologie requises comme panacées, nous continuerons d’associer la philosophie, l’esthétique, la sociologie, les sciences de l’éducation et bien d’autres disciplines encore, parce que nous savons que la psychothérapie est au carrefour de ces approches et ne peut s’inféoder à aucune d’entre elles.
Les psychothérapeutes-formateurs de l’IFGT : Jean-Marie ROBINE, Brigitte LAPEYRONNIE-ROBINE Christiane GARRIVET-MARTIN Anne CHRETIEN Jean-Pierre GARRIVET Anne-Marie CHAPPUIS Ximo TARREGA Elvira DUEÑAS Pierre-Yves GORIAUX Anne SAUZEDE-LAGARDE Dominique MICHEL Françoise DERO Eliane de ROSEN
- Un article avec les réactions hautement pertinentes d’une collègue, ainsi que son blog du même nom
PSYCHOTHERAPEUTE, NI PLUS, NI MOINS
Imaginez: une nouvelle île, nourrie des forces du magma, veut sortir de la mer : tremblements de terre, éruptions volcaniques, réveil d’improbables dinosaures, tambours ancestraux et chants de guerre des tribus primitives. L’île jaillit, saluée par le soleil levant de tous les possibles. Les terres alentour vacillent, puis finissent par s’apaiser pour accueillir avec joie cette soeur émergente, porteuse de nouvelles promesses, d’une nouvelle biodiversité, qui ne peut qu’enrichir l’ensemble de l’archipel. Archipel que nous nommerons « Les Psys », île que nous nommerons « Les Psychothérapeutes ». Beau rêve ? Nous sommes bien sûr, malgré les cinquante ans d’existence de notre profession, dans la phase de réveil des improbables dinosaures …
Notre île est-elle suffisamment solide pour ne pas s’affaisser sous son propre poids, sabordée par ceux-là mêmes qui ont été ses premiers colons, partis vers d’autres cieux plus connus, ceux des psychanalystes par exemple, ou des psychologues, abandonnant leur progéniture aux sons des tambours de guerre ?
Merci aux sectes. Grâce à elles, la Psychothérapie[1] a eu largement sa place dans les médias récemment. Elles font des dégâts, mais moins que les milliers d’erreurs médicales qui tuent chaque année de nombreuses personnes en France. Ce qui n’empêche pas, heureusement, les médecins d’exercer. Moins que les entreprises et leur taux de suicide en croissance constante ; moins que les familles avec leurs propres enfants ; moins que les couples soumis au règne de la violence conjugale ; et bien sûr moins que les pouvoirs politiques eux-mêmes, où qu’ils soient dans le monde.
Mais comme le gendarme dans les vieux théâtres de Guignol, dans l’avalanche de faits internationaux, nationaux ou plus familiers, sordides à laquelle nous sommes soumis chaque jour, le mot « secte » continue à faire peur aux petits enfants … Et il effraie davantage les praticiens, dans leur peur de l’amalgame, que la plupart des usagers, c’est un comble.
Quelques semaines après ce débat sur les sectes, la ratification par le Sénat du texte de loi nous concernant[2] est tombée. L’analphabétisme émotionnel, l’absence de pensée complexe et la violence pulsionnelle que montre le discours de « notre ministre », devraient être une formidable opportunité pour prendre confiance en nous. Ainsi d’ailleurs que les remarquables interventions des sénateurs qui ont défendu notre position.
Mais les psychothérapeutes, c’est un fait, peinent à prendre leur place, non dans le social, où ils sont de plus en plus présents, mais dans le champ de la reconnaissance sociale. C’est leur force, ils sont partis du besoin. C’est aussi leur faiblesse, ils sont peu armés pour prendre d’assaut les forteresses du pouvoir social.
Quel crédit accorder à cette loi ?
Nous savons tous qu’elle est destinée à défendre des intérêts particuliers. Ce n’est donc pas une loi dans le sens d’une autorité légitime, mais bien une prise de pouvoir.
Censée protéger le titre de Psychothérapeute, elle interdit à une profession bien spécifique d’exister. Bien spécifique, mais peut-être ne l’avons-nous pas encore assez spécifiée ? Et ce malgré le travail remarquable et la clarté de communication de nos associations les plus représentatives.
C’est ce genre d’attitude excluante et brutale qui provoque l’émergence des sectes, c’est-à-dire étymologiquement des « coupures », des îlots qui revendiquent une existence séparée du social commun, se mettant alors dans certains cas à fonctionner comme des républiques bananières, avec tous les abus que cela peut engendrer. Ces abus, encore une fois, existent tout autant voire beaucoup plus dans la société, mais ils y sont noyés dans la masse du consensus politique le plus large à un moment donné.La loi est passée sous prétexte de la protection des usagers, Madame Bachelot se protégeant derrière sa cape de Zorro chaque fois que quelqu’un essayait de lui apporter un avis contradictoire ; or la plupart n’en demandent pas tant. Ces personnes qui viennent nous consulter sont considérées comme a priori fragiles, et victimes potentielles de toutes sortes de charlatans, comme si l’Université avait jamais protégé quiconque des abus de pouvoir[3]. Pourquoi faudrait-il faire semblant d’y croire ?
Ces personnes, j’ai plutôt tendance à les considérer comme porteuses d’une liberté d’être leur permettant, malgré ou grâce à leur souffrance acceptée, d’oser de nouveaux territoires.
Cette loi les victimise et les infantilise. C’est un grand classique : la victimisation permet de garder soumises, sous l’emprise du supposé « sauveur », les populations concernées. Cela n’a rien à voir avec le processus indispensable qui consiste à accueillir, reconnaître, et nommer la victime d’un abus ou d’une maltraitance.
Comme on l’a dit un millier de fois, les lois françaises sont suffisantes en l’état pour protéger les personnes abusées. Elle n’est malheureusement pas suffisante pour nous protéger des criminels financiers et écologiques. Les meurtriers de la Terre, les tueurs des Arbres et des Animaux, les assassins de l’Homme peuvent encore sévir en toute impunité, eux.
La seule violence intolérable dans notre société, c’est encore et toujours celle qui menace les pouvoirs établis.
Quelles réactions attendre des psychothérapeutes ?
Certains collègues sont tentés de s’appuyer sur la réalité bien établie de leur clientèle pour éviter les conflits de pouvoir et, bien sûr, la violence psychique, qui accompagne l’émergence d’une profession nouvelle dans le champ social. Je les comprends.
Compétents dans leur pratique, mais peu sûrs d’eux face aux pouvoirs étatiques, psychiatriques ou universitaires, ils retournent dans leur forêt, en continuant d’exercer le même métier, mais en renonçant à ce titre dont ils sont pourtant les représentants les plus spécifiques. Ils se déclinent alors comme thérapeutes de tous ordres, accrochés à une de leur méthode ou école d’origine, voire en se protégeant derrière le titre de psychanalyste, ce qui est, de mon point de vue la négation de tout le travail de différenciation accompli jusqu’alors.
Mon parcours et mes formations, toutes volontaires, universitaires ou non, ainsi que mon temps de praticienne me permettront sûrement de rester psychothérapeute. Mais je pense aux jeunes collègues[4] qui ont dépensé, le plus souvent sans rien demander à personne, des milliers d’euros pour suivre des psychothérapies personnelles et des formations initiale et continue sur des années avant d’oser, trop récemment pour la loi, se nommer psychothérapeutes. Et je pense bien sûr à tous ceux qui sont encore en formation dans l’optique de le devenir. Je pense à leur angoisse, à leur sentiment aussi d’avoir été abusés, par la loi, certes, mais aussi, voire surtout, par les « anciens », leurs écoles, leurs formateurs, leurs superviseurs, si ceux-ci arrêtent de se mobiliser pour soutenir la spécificité de cette profession. Nous devons veiller sans cesse, et individuellement, à ne pas basculer insidieusement dans l’autre camp, sous prétexte de ne pas se radicaliser. Regardez ce que cette attitude a donné pour le parti socialiste … La conflictualisation, et donc la négociation et la pacification, ne peuvent réellement intervenir qu’entre adversaires de force égale.
Sinon il s’agit simplement de cannibalisme …
Le temps est donc venu de se soumettre ou de se battre.
Ce métier doit être soutenu par des personnalités reconnues, par les médias, par les usagers motivés et conscients des enjeux. Mais il doit être porté aussi et surtout par ceux qui l’exercent ! Que faire si ils sont les premiers à renoncer ?
Ce qui est en train de se passer est d’une grande violence sociale et symbolique, même si nous ne sommes bien sûr pas au bout des recours et des débats. En ce qui me concerne j’espère tenir jusqu’au bout dans le positionnement que je soutiens dans cet article.
Il est important de ne pas se laisser abuser quand l’on fait partie de ceux qui vont être « autorisés » à rester psychothérapeute. C’est une tentation de laisser les autres crever dans leur coin ou se désocialiser, et une grande manœuvre réussie de manipulation sociale par l’intermédiaire de la clause du grand-père. Les chefs de tribus africaines recevaient aussi des contreparties pour vendre leurs enfants aux esclavagistes.
Une autre attitude possible ?
Il va falloir arrêter de se réfugier derrière le vocable fourre-tout de « psys », ou plutôt le laisser à l’usager qui n’a pas à justifier son choix, et revendiquer encore davantage notre spécificité.
La psychothérapie est un formidable espace de liberté, qui a pu se socialiser et se médiatiser, se légitimer à de nombreux niveaux, en particulier auprès des usagers, mais pas encore se faire reconnaître, ni se légaliser.
Contrairement à ce qui peut parfois être dit, elle n’est pas un outil de davantage de repli sur soi narcissique.
Elle est au contraire une contre-culture, un moteur de changement social : en permettant au sujet de s’affirmer, malgré ses souffrances, de sortir de son statut familial et social d’enfant soumis, elle participe à une véritable transformation culturelle et politique.
Il peut paraître dans un premier temps plus simple aux pouvoirs établis de fermer des écoles pour ouvrir des prisons, d’interdire les psychothérapeutes indépendants pour ouvrir des asiles … et des sectes ! Mais cette intolérance à la complexité débouche toujours inévitablement sur plus de violence sociale à moyen et long terme.
Qu’ont réussi les psychanalystes que nous n’avons pas (encore) réussi ?
Cela reste une question d’importance. Pourquoi et comment ont-ils produit suffisamment de légitimité pour pouvoir se servir de ce titre de psychothérapeute sans que l’adoubement universitaire leur soit exigé ?
Je vous proposerai simplement quelques éléments de réflexion. Auraient-ils mieux réussi à :
Ø ECRIRE : Nous devons spécifier, définir, témoigner, expliquer, en notre nom, et pas en utilisant le champ du développement personnel, ou la promotion d’une méthode unique. Les premiers ouvrages spécifiques écrits et promus par la FF2P par exemple posent des jalons fondamentaux. Mais il est nécessaire que de plus en plus d’ouvrages portent témoignage de ce métier en charge de l’intime. L’écriture a été fondamentale dans l’histoire de la psychanalyse, le langage, je parle de celui des mots, est leur thème central. La psychothérapie par complémentarité avec la psychanalyse, laisse une place prépondérante au corps et à l’émotion, ainsi qu’à la relation. Les mots quittent la toute puissante première place pour être inclus dans un ensemble. Or les mots, la tradition écrite, sont indispensables pour faire état d’une pratique professionnelle, culturelle et humaine telle que la psychothérapie, celle qui se pratique depuis longtemps hors de l’hôpital et de l’université. Sinon elle risquera vraiment de ne pas prendre sa place dans le champ social de la reconnaissance et de la loi, un champ souvent confondu avec celui du symbolique, et donc du légitime.
Beaucoup des psychothérapeutes ayant écrit sont passés par le développement personnel qui n’a pas suffisamment été nommé, quand c’était le cas, comme biais de communication de la psychothérapie indépendante. Nombre de ces thèmes passionnent les gens, mais ne sont pas clairement identifiés comme porteurs des bases de la psychothérapie.
Ø SE DIFFERENCIER : Nous devons continuer à nommer pourquoi nous ne sommes pas, et ne voulons pas être, des psychiatres, des psychologues, des psychanalystes. Nous devons dire et redire tout ce que nous apportons de nouveau qui jamais ne pourra être enseigné à l’Université : le travail avec l’intégralité de la personne, le corps, l’émotion, la relation, la psychothérapie de groupe, la mobilisation de l’intelligence émotionnelle, et de celle de l’intime, la reprise de contact avec la nature, et j’en passe. L’approche intellectuelle et conceptuelle, certes structurante sur un plan, de l’Université, réduit l’homme à son mental. Et qui plus est, la plupart du temps, à la partie rationnelle de ce mental. C’est ainsi d’ailleurs que beaucoup de personnes ayant passé des années à ne nourrir que cette partie d’eux-mêmes, « explosent » en plein vol à un certain âge et deviennent d’excellents clients potentiels de toutes sorte d’illuminations plus ou moins sectaires, qu’ils font résolument passer à travers leur titre de médecin ou de scientifique. La rationalité seule est aride, et peu sage à long terme.
Ø SE PROTEGER : Nous devons nous fédérer, nous réunir, dialoguer, à travers nos associations et syndicats, comme c’est déjà le cas, mais aussi dans nos villes, à travers des associations locales de rencontres et d’actions entre collègues, toutes méthodes confondues. Nous sommes parfois notre pire ennemi, quand nous nous battons entre nous au lieu de mettre temporairement de coté nos divergences, et leur richesse potentielle, pour faire front face au danger commun.
Ø S’AFFIRMER, DEVELOPPER UNE BONNE ESTIME D’EUX-MEMES :Rappelons-nous, et rappelons à Madame Bachelot et consorts, que les titres de psychiatre, psychologue et psychanalyste n’étaient pas inscrits au silex dans les grottes de Lascaux. A un moment donné, ces professions ont dû se battre elles aussi pour être reconnues. Et certaines très récemment, comme les psychologues, à la fin du siècle dernier … C’est à notre tour de dire que nous avons notre place.
Notre espèce en voie d’apparition, issue de la mutation évolutive de nombreux ancêtres éminemment respectables, doit occuper sa niche écologique pour ne pas disparaître avant que d’avoir pu produire tous ses fruits.
J’écris ce texte un mercredi, un mercredi banal de mère de famille nombreuse, psychothérapeute, formatrice, conférencière, auteure, accompagnatrice d’ânes, de chèvres et de chiens, femme, amie, fille, collègue, citoyenne …. Je le boucle dans un gymnase pendant le cours de judo des enfants, une musique héroïque prépare le spectacle de fin d’année, et me donne envie de hurler : debout peuple des psychothérapeutes ![5]
Je partage cela avec vous, car le, et plus souvent la, psychothérapeute exerce un métier de la complexité humaine et vivante, loin de la technicité prévisible, de l’espace bétonné, du temps balisé. Un métier qui souffre peut-être de ce qui a été sa force, le respect des valeurs féminines. Et donc comme tous les métiers hautement féminisés, dans leurs effectifs comme dans leur pratique, il peine à émanciper sa pensée des grands ancêtres masculins, ou féminins adoubées par eux, il doute, il investit peu le champ de la reconnaissance sociale, préférant exercer son métier dans la proximité et le quotidien, loin des enjeux de pouvoir qui menacent l’accès à l’intelligence de l’intime, à la subtilité émotionnelle, à l’empathie, à la créativité relationnelle. Regardez les métiers du care, les sages-femmes, les infirmières, omniprésentes dans les soins, inexistantes dans la reconnaissance financière et sociale ; mais regardez aussi les psychologues et les enseignants pourtant rassurés par une autorisation paternelle d’exercer, sous la forme d’un diplôme universitaire. Regardez les mères de familles, les assistantes maternelles et les employées de maison … La parité, et même le simple respect, sont loin de régner. Même dans notre profession. Surreprésentées dans les praticiennes, sous-représentées dans les instances dirigeantes, les écrits, les débats, …
Il faut donc trouver le moyen d’écrire, d’agir, de dire, de penser par nous-mêmes ; il faut développer une estime de nous qui ne nous fera plus baisser la tête trop vite face à ces abus de pouvoir. Car nous avons beaucoup de choses à dire, des choses essentielles, non seulement pour l’individu courageux qui vient explorer avec nous son monde intime le plus vulnérable, mais aussi pour l’avenir de la société, et n’ayons pas peur de le dire, de l’humanité. Il faut poser notre pierre, et graver sur cette pierre les fondements théoriques de notre pratique psychothérapeutique, en renonçant à nous cacher derrière les portes closes des écoles et des chapelles, où derrière les portes trop grandes ouvertes du développement personnel. A quand la révolte des nonnes, et celle des prostituées ? Je sais à quel point beaucoup d’entre nous sont peu armé(e)s pour ce type de combat. Et bien nous irons avec nos propres armes, notre cœur, nos convictions humanistes, nos résultats cliniques, notre originalité de pensée. Nous ne risquons plus la mort pour nos idées, c’est une chance ; nous risquons juste la mort sociale … par décapitation ou par noyade dans le déjà existant.
Ø SORTIR DU CHAMP ET DU MODELE PSYCHOPATHOLOGIQUES : les psychanalystes, comme d’ailleurs le développement personnel, ont réussi à se différencier du champ de la pathologie mentale en devenant une vraie démarche de maturation individuelle, dont en fait tout le monde aurait besoin, sinon le monde ne serait pas ce qu’il est. Ils ont développé une véritable contre-culture à partir d’un modèle anthropologique et non psychopathologique[6] ; c’est-à-dire qu’ils ont fait la promotion d’une vision de l’homme, et non d’une vision de sa maladie.
Ils n’ont d’ailleurs pas hésité à se positionner sur tous les débats d’actualité, la guerre, la politique, la violence, l’éducation.
Sûrement, au cœur de notre modèle anthropologique, trouverons-nous la souffrance. Mais la souffrance n’est pas la maladie. Il va falloir se retrousser les manches pour que le message passe davantage, y compris auprès de gens qui ont rigidifié totalement leur personnalité pour justement ne pas avoir à supporter leurs émotions, à accéder à leur douleur, comme c’est souvent le cas dans le monde du pouvoir politique. Mais pas toujours.
Par rapport à tout cela, nous sommes vraiment trop timides. Et la solution n’est pas, j’en suis certaine, de revenir dans le giron de ces glorieux ancêtres psychanalystes, mais bien au contraire d’oser nous aussi conquérir cette Agora, cet espace de parole publique, et aussi les lieux de pouvoir, simplement pour pouvoir garantir notre existence.
Les psys, c’est une vraie cour des miracles ! Et que continue à vivre cette diversité.
Pour finir temporairement, vous trouverez ci-dessous l’animal totem que j’ai trouvé pour m’inspirer dans ce travail. Il s’appelle l’Oreille volant. Ses oreilles, qui me font penser aux nôtres, lui permettent de s’envoler vers d’autres cieux, et il rebondit en permanence sur son nez, qui a la forme d’une patte de canard, lui permettant donc aussi de nager dans les eaux profondes ! Bien sûr c’est un animal chimérique, une extraordinaire histoire de biologistes imaginatifs[7], mais j’y ai cru un instant quand je l’ai vu dans un magazine pour enfants. Et les chimères peuvent être conquises, elles nous parlent toutes de la complexité de l’être humain et de son devenir. Lasseube, le 19/06/2009
Marie-José Sibille Psychothérapeute intégrative[1] Une fois pour toutes, j’entends par le mot de Psychothérapie la Psychothérapie indépendante de l’Université, des pouvoirs médicaux, et même des Psychanalystes. On peut y rajouter intégrative, relationnelle, humaniste, analytique et j’en passe, mais comme me l’a fait remarquer un lecteur non psychothérapeute, c’est soit la promotion d’une approche au détriment des autres, soit une manière d’éviter la confrontation autour du mot.
[2] A aller voir absolument : le site de la FF2P, où vous trouverez l’intégralité des débats, onirique, dans le sens cauchemardesque ! www.ff2p.fr
[3] Ne voulant pas perdre de temps à nommer les centaines de plaintes formulées à l’encontre de certains psychiatres, psychologues et psychanalystes, non mises en parallèle avec les plaintes concernant les psychothérapeutes qui sont pourtant utilisées pour nous évincer, je vous invite à aller voir sur Internet, par exemple « Victimes des psychiatres ». Même en divisant par 2 et en tenant compte des transferts négatifs mal gérés, c’est impressionnant.
[4] J’entends jeunes par le temps de pratique car comme cela a été dit de nombreuses fois le métier de psychothérapeute est un métier de la maturité.
[5] Pour ceux qui veulent la musique allant avec cet article, allez donc vous mettre « Pirates des Caraïbes » sur Utube. Ça ne s’invente pas ! Quand je vous parle d’une île émergente …
[6] Dans le spécial Sciences Humaines sur les psychothérapies on voit bien la difficulté qu’à la psychothérapie à se définir autour d’un modèle anthropologique et non pathologique.
[7] Que vous pouvez découvrir sur Wikipédia, ordre des Rhinogrades.
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Ci-dessous la CHARTE des psychothérapeutes de notoriété publique :
Nous soussignés, Psychothérapeutes, reconnus par nos « Ecoles », nos pairs et nos patients, considérons que les Articles 52 et 91, concernant
« L’usage du Titre de Psychothérapeute » seraient appliqués de manière inique, si ceux qui font exister ce titre en étaient exclus.
Nous nous engageons sur la qualité de notre pratique de la psychothérapie et sur sa mise en valeur auprès du public et des services publics.
Nous nous engageons également à soutenir collectivement les Psychothérapeutes qui seraient menacés de perdre l’usage de leur titre, alors qu’ils font preuve d’une éthique professionnelle.
Et d’ores et déjà, nous informons le public et les services publics que, quel que soit l’avenir réglementaire de l’Article 52/91 : « NOUS GARDERONS NOTRE PLAQUE DE PSYCHOTHÉRAPEUTE ! ».
Pour SIGNER la charte des psychothérapeutes de notoriété publique http://www.psy-en-mouvement.com/petition_charte.php
Le texte ci-dessus a été rédigé collectivement lors du 1er Colloque de Consensus contre l’Article 52/91, au FIAP Jean Monnet à Paris, le 2 octobre 2009.
- L’appel des appels : une démarche fédérative et un livre
Le livre de l’Appel des appels rassemble les professionnels du soin, du travail social, de la justice, de l’information et de la culture, soucieux d’attirer l’attention des Pouvoirs publics et de l’opinion sur les conséquences sociales désastreuses de la “casse” de leurs métiers. Cet ouvrage appelle à une insurrection des consciences pour s’opposer à la transformation de l’Etat en entreprise, au saccage des services publics et à la destruction des valeurs anthropologiques majeures de solidarité, de liberté, de justice et de responsabilité.—> Et voir aussi cette démarche -ci
“Ce moment de crise, politique, économique et financière questionne de manière aigüe notre choix de société. La crise peut être un moment fécond de création et de repolitisation. Nous en avons besoin.” http://utopsy.over-blog.fr/article-25760864.html
- Un article paru dans le Figaro.fr, qui laisse rêveur quant à l’intégrité des psychiatres rédacteurs du DSM IV*

Psychiatrie : des experts trop liés à l’industrie
Le soupçon circulait depuis vingt ans dans le milieu psychiatrique. Mais la preuve vient d’en être administrée par une chercheuse américaine : la moitié des experts psychiatres qui ont participé à la rédaction du plus célèbre manuel de classification diagnostique des maladies mentales (le DSM4 *) sont payés par l’industrie pharmaceutique, qui fabrique justement les médicaments utiles dans ces maladies. Lisa Cosgrove, chercheuse à l’université du Massachusetts de Boston, a publié le 21 avril, dans la revue Psycho-therapy and Psychosomatics, le résultat d’une enquête très fouillée sur les liens des experts avec l’industrie : sur les 170 membres des groupes de travail ayant participé à l’élaboration de ce manuel, 95 (soit 56%) ont une ou plusieurs attaches financières avec des firmes. Une enquête révélée jeudi dernier par le New York Times.
Dans certains groupes, comme le panel sur les «troubles de l’humeur», ou le groupe «schizophrénie et autres maladies psychotiques», 100% des experts ont des liens financiers les attachant aux firmes. Depuis vingt ans, le DSM4 est l’objet de critiques renouvelées régulièrement d’une minorité active de psychiatres «classiques». Ceux-ci accusent l’American Psychiatric Association d’avoir fait disparaître la psychiatrie clinique «au profit de classifications, manifestement non plus basées sur le discours des patients sur leur souffrance, mais plutôt sur l’efficacité des médicaments», estime le Dr Jean-Louis Chassaing, psychiatre à Clermont-Ferrand. «Peu à peu, on a éliminé de ce classement toutes les entités difficiles, comme les formes déficitaires de schizophrénie, qui justement ne répondent pas aux médicaments», ajoute le Pr Edouard Zarifian (CHU de Caen).Assez récemment, un jeune retraité d’un laboratoire pharmaceutique a expliqué à l’un de nos interlocuteurs que le concept «d’attaques de panique», qui est classé dans le DSM4, avait été spécifiquement élaboré par Donald Klein pour le laboratoire Upjohn qui allait mettre sur le marché le médicament Xanax. Les critiques et les exemples pleuvent : les psychoses maniaco-dépressives sont devenues dans le DSM4 des troubles bipolaires, censés être bien plus fréquents : chaque patient peut ainsi s’approprier ce diagnostic, pour réclamer un traitement à son médecin !
Une bible influente
Or le DSM4 est devenu une bible qui sert notamment lors des conférences de consensus sur les pathologies mentales : il influence donc profondément le mode de pensée, les décisions thérapeutiques et les stratégies de santé publique de la plupart des pays.
Lisa Cosgrove a identifié les membres des panels, puis recherché, dans les publications médicales, quels étaient les auteurs qui avaient fait des déclarations de conflits d’intérêt (les revues savantes réclament de plus en plus cette précaution minimale). Elle a également recherché dans des bases de données d’éventuelles participations à des travaux financés par l’industrie.
La chercheuse et ses collègues ont établi que les liens financiers des membres des groupes du DSM4 appartiennent à des catégories très différentes : des simples honoraires aux salaires de consultants, en passant par des paiements en actions industrielles ; les psychiatres peuvent être au conseil d’administration d’une petite compagnie start-up liée à un géant de la pharmacie, ou directement membres payés d’un conseil scientifique d’une firme; ou recevoir des crédits ou des contrats de recherche.
Le Dr Michael First (Université de Columbia, New York), qui a coordonné le travail de tous les groupes, se récrie : «A aucun moment, à aucun niveau des discussions, l’influence des firmes n’a pu se manifester.» Il en veut pour preuve que les groupes doivent voter à l’unanimité pour passer au niveau supérieur d’intégration au manuel DSM4. Il faudrait donc, selon lui, aller contre le consensus du groupe pour qu’une «taupe» au service d’un industriel fasse valoir le point de vue de son maître. Mais l’argument tombe si les 170 experts ont intégré une vision de la psychiatrie biologique proche des intérêts industriels. Comme en semblent persuadés le psychiatre britannique David Healy (Université de Galles) ou le Pr Irwin Savodnik (Université de Californie) : ces deux «résistants» sont persuadés que le vocabulaire psychiatrique lui-même est défini par les laboratoires.* DSM4 : 4e édition du Diagnostic and statistical manual of mental disorders






