Mesclun très, très rouge...
by Fritz (voir la recette du mesclun)
Cette fois un mesclun dans lequel Fritz donne quelques éléments pour comprendre son intérêt prononcé pour la couleur rouge
- Un livre DVD ’Rouge Très Très Fort’, édité par Biro éditeur
Rouge Très
Très Fort révèle de
manière intimiste et inédite le travail du peintre Zao Wou-Ki au travers des
souvenirs vidéographiques de son ami Richard Texier, l’un des artistes les plus
étonnants de nos jours. Loin des
documentaires intrusifs filmés à la caméra, ce film de 18 minutes est un moment
d’intimité avec Zao Wou-Ki. Utilisant son téléphone
portable comme un bloc-note pour capturer idées ou moments, Richard Texier
nous entraîne dans les moments qu’il a partagés avec son ami, par des
bribes de conversations sur les couleurs, le monde, la beauté…
Voici ce que Richard Texier dit lui-même de son oeuvre à Pocket-Film : Pouvez-vous expliquer la genèse
de ‘Rouge très très fort’ ? Au départ, c’était un
projet modeste, un témoignage. Je reçois régulièrement des amis peintres,
artistes, écrivains… Je les filme, je prends des notes. Comme je n’ai pas d’appareil
photo, c’est un peu ma manière de faire des photos souvenirs. Zao Wou-Ki et moi
sommes liés depuis très longtemps, quinze ou vingt ans, et je me suis rendu
compte que je n’avais pas de témoignage sur Wou-Ki. Comme c’est un peu machinal
chez moi, j’ai commencé à faire des images. Il faut savoir que Zao Wou-Ki avait
déjà refusé les demandes de plusieurs réalisateurs qui souhaitaient le filmer
en train de peindre, ce qui donne une couleur unique à ce témoignage. Le filmer
prenait ainsi une dimension particulière.
Pourquoi
avoir utilisé le téléphone mobile pour filmer Zao Wou-Ki ? Faire des
films ce n’est pas mon métier. J’utilise le téléphone-caméra d’une manière très
personnelle. J’ai ce téléphone depuis six ans maintenant, il m’accompagne dans
mes nombreux voyages à travers le monde. Il est mon seul objet nomade. Je n’ai
pas d’ordinateur, je n’ai pas de caméra, je n’ai qu’un téléphone avec ses
fonctions que je maîtrise un petit peu. Il me sert à connecter tous les gens
qui travaillent avec moi et à leur rendre compte aussi de ce que je vois, de ce
qui m’intéresse. Je réalise des petits bouts de films, je « note » des choses,
c’est vraiment comme un carnet de notes. Longtemps j’ai utilisé le téléphone
mobile de cette façon, jusqu’au moment où je me suis rendu compte que cela
pouvait faire sens, ces notes pourraient s’articuler de manière à former quelque
chose de plus conséquent. Dans ces images on voit Zao
Wou-Ki en train de peindre, mais on l’entend peindre aussi ! Il pousse des cris,
il exprime en peignant ce que les chinois appellent le « Chi », une pulsion de
vie intérieure, un souffle éternel qui traverse les êtres. Zao Wou-Ki, dans la
pratique de son art, est en osmose avec la tradition chinoise, il est à l’écoute
de son rythme intérieur. pour en savoir plus
- Un roman ‘Rouge majeur, les derniers jours de Nicolas de Staël’ de Denis Labayle, éd. Panama

Jack Tiberton, journaliste trentenaire, écrit des articles dans la rubrique culturelle du Washington Tribune. Il est convié un jour (et il y voit la chance de sa vie) à interviewer le peintre Nicolas de Staël … A peine arrivé à son petit hôtel de rue Mouffetard, il y trouve un mot de Staël, l’invitant pour le soir-même à un concert d’Anton Webern au théâtre Marigny. La rencontre n’a lieu qu’à l’issue du concert. “Son visage ne correspond pas exactement à celui des photos. Il a bien les traits anguleux, le front large, la mâchoire fine, la chevelure abondante refoulée sur le côté par le vent, mais il me paraît plus jeune, plus maigre, plus grave aussi. Il n’a pas la mine détendue des autres spectateurs et semble absorbé par je ne sais quelle pensée.“Le peintre exalté et profondément bouleversé par la musique d’Anton Webern griffonne ses impressions sur un carnet. Il tient là le sujet de son prochain tableau. Ce sera un concert, ce concert.”Avec cette toile, je quitte les berges apaisantes pour plonger au fond de moi-même, pour explorer la brûlure des feux. Ma brûlure ! Avec ce rouge, je troque la fugue pour une symphonie, j’entre dans l’arène, mon combat commence, enfin…“ Il accueille très amicalement le journaliste et à peine quelques heures plus tard, l’invite à le rejoindre aussi vite que possible à Antibes. Staël offre alors à cet homme qu’il connaît à peine de le suivre dans la création de sa prochaine toile, celle qui marquera à jamais un tournant dans sa vie de peintre et d’homme, il le sait, il le pressent. Jack, enthousiasmé, accepte aussitôt. Dix jours plus tard, Nicolas de Staël se précipite dans le vide, en laissant inachevé « Le Concert », sa première toile en rouge majeur. Jack est le seul à tout savoir de ces dix dernier jours,…
Ce roman
est une fiction, le journaliste Jack n’a jamais existé, mais s’inspirant de la correspondance du peintre et des ouvrages qui lui ont été par la suite consacrés, Denis Labayle dresse un portrait possible, magnifique et émouvant, de l’artiste en prise avec le mystère et les affres de la création… ce texte nous entraine en effet au cœur même du processus créateur, au moment où l’œuvre émerge
et prend forme sur la toile, dans la tension vers ce rouge infiniment complexe, où couleur et musique entrent en synesthésie, et qui se dérobe constamment… http://www.denislabayle.fr/spip/ - Une exposition virtuelle sur le site de la BNF, qui explore plusieurs facettes de la couleur Rouge, la couleur par excellence (à l’origine du nom Adam et dans plusieurs langues, le mot rouge se confond avec le mot couleur), avec en particulier une intéressante réponse de Michel Pastoureau à la question que tout le monde se pose pourquoi le petit chaperon est-il rouge ? oui, pourquoi ??? la réponse est là http://expositions.bnf.fr/rouge/gp/01.htm
et aussi un ouvrage très complet Le Rouge, 2e volume du Dictionnaire des mots et expressions de couleur du XXe siècle, paru aux CNRS Editions. En s’appuyant sur un vaste corpus de textes du XXe siècle, l’auteur Annie Mollard-Desfour, linguiste, répertorie mots et expressions articulés autour de cette couleur, avec leurs définitions, leurs contextes d’emploi, leurs symboliques, leurs sens figurés… Sonia Rykiel en a écrit la préface : “Rouge… comme l’excès, la jouissance, le sans-limite, la liberté, l’extrême provocation, le trop plein, la folie d’un champ de coquelicots… la cristallisation dans l’amour fou“…

