CEGT : Collégiales 2010
Fritz est partout où la Gestalt s’agite et il était aux Collégiales de Bruxelles organisées par le Collège Européen de gestalt-thérapie les 16 et 17 janvier derniers
Le projet social de la Gestalt-thérapie
Cette année le thème
des collégiales était la gestalt-thérapie dans le champ social. L’occasion de
nombreuses interrogations : de quelles valeurs la gestalt-thérapie
est-elle porteuse et comment celles-ci sont incarnées dans notre pratique
notamment.
Laura Perls aimait à
répéter que pratiquer la gestalt-thérapie était un acte politique.
Il est vrai que le
changement social commence à deux et que le rapport patient-thérapeute
contribue aussi à modéliser les rapports sociaux.
Après une séquence
« de la gestalt-thérapie à travers les âges » au cours de laquelle il
apparaît clairement que le contexte s’étant largement transformé la pratique
n’a pu qu’évoluer. Ou comment les aspirations libertaires initiales
peuvent-elles coexister dans une logique capitaliste de l’avoir.
« Une société
avec des peurs de plus en plus présentes. Une société qui engendre de fausses
réassurances stérilisant ainsi le vivant» nous dit Alain Gontier.
Une société de
violences où l’individualisme prend le pas sur l’individuation avec une présence
accrue d’un monde virtuel.
N’y a-t-il pas actuellement dans la société une
perversion avec l’absence de frontière entre le virtuel et le réel, notamment
pour les enfants ? Pour autant peut-on opposer réel et virtuel, le virtuel
étant bien une modalité du réel…
Une société de
transgressions… alors se pose aussi la question de l’éthique et comment
est-elle façonnée par l’histoire.
Au départ la morale
et l’éthique étaient confondues considérant liberté et dignité. Aujourd’hui
elles sont scindées. La morale examine le bien et le mal, quant à l’éthique,
elle procède d’une approche plus singulière considérant une situation donnée
dans un contexte particulier.
La conscience de
l’éthique naît d’une conscience croisée avec des regards multiples Sommes-nous,
thérapeutes, suffisamment clairs pour voir le patient indépendamment de la
société ?
A titre d’exemple, au 19ème
siècle l’homosexualité était considérée comme une perversion sur le plan
psychiatrique… Comment aujourd’hui fonder une réflexion éthique ? A-t-on
assez d’audace pour ce faire?
De quelles transgressions parle t-on ? De celle
consistant à refuser de se conformer à une loi injuste. De la transgression
adolescente défiant l’interdit pour toucher ses limites. De celle qui cherche à
se confronter à la mort pour tenter d’échapper à la finitude. De celle qui veut
contacter le vide pour être au seuil de sa limite, pour trouver un espace de
vie où on trouve ses propres limites et à l’intérieur desquelles on se sent
exister ?
La transgression interroge quant à la sanction. Mais
quelle sanction ? Celles qui permettent de réintégrer la société des
hommes ou celles qui les destituent de leur humanité.
Enfin, en parallèle à ces
questions, l’évocation de notre statut dans le contexte actuel.
Jean-Marie Robine souligne l’importance pour tout
thérapeute d’être dans la marge : ni où le client l’attend, ni où la
société l’attend.
Pourtant la fameuse question du choix se pose : avons-nous cette liberté
aujourd’hui ou devons-nous subir la marginalisation faute d’alternative ?
Bruxelles les 16 et 17 janvier 2010