Mesclun en passant...
Spectaculaire et très émouvant vol migratoire de grues cendrées au-dessus de l’iGtb !
Elles
traversent l’Aquitaine depuis quelques jours déjà….
Petite leçon de science naturelle :
La Grue
cendrée mesure de 124 à 138 cm, pour une envergure de 228 à 245 cm et un poids
de 8 à 12 kg. Elle est principalement grise avec une bande blanche verticale le
long du cou, et une touffe de plumes noires sur la queue. Elle porte sur la tête
une portion de peau nue rouge, peu visible dans la nature. Elle se
nourrit d’insectes, de graines, d’herbes et de jeunes pousses ainsi que de
mollusques et de vers. A l’automne,
ces oiseaux puissants voyagent du nord de l’Europe jusqu’au sud de l’Espagne
pour y rejoindre leurs quartiers d’hiver. Et ils repassent au printemps dans l’autre
sens… pour rejoindre la Scandinavie. Les vols
migratoires sont en forme de V ou de Y. Les grues cendrées, comme les cigognes, utilisent les ascendances thermiques pour s’élever en planant, économisant
ainsi leur énergie au maximum. Le vol battu est utilisé en cas de mauvais
temps, de vol de nuit ou au dessus de la mer. En vol, les grues cendrées
crient, la plupart du temps, environ toutes les 10 à 15 secondes. Le chant, un
“grou” sonore, s’entend jusqu’à quatre kilomètres. C’est une
particularité anatomique du bréchet de la grue qui explique son exceptionnelle
puissance.
Pour en savoir plus, et même entendre le “grou” des grues, c’est ici
Et puisque c’est le printemps des poètes, hommage à eux avec ce très, très beau poème de Jean Richepin (1849-1926) qui prend le parti des gueux dans Les oiseaux de passage, chanté ici par Brassens
Ô vie
heureuse des bourgeois
Qu’avril
bourgeonne
Ou que
décembre gèle,
Ils sont
fiers et contents
Ce pigeon
est aimé,
Trois
jours par sa pigeonne
Ça lui
suffit il sait
Que
l’amour n’a qu’un temps
Ce dindon
a toujours
Béni sa
destinée
Et quand
vient le moment
De mourir
il faut voir
Cette
jeune oie en pleurs
C’est là que je suis née
Je meurs
près de ma mère
Et je
fais mon devoir
Elle a
fait son devoir
C’est à
dire que onques
Elle
n’eut de souhait
Impossible
elle n’eut
Aucun
rêve de lune
Aucun
désir de jonque
L’emportant
sans rameurs
Sur un
fleuve inconnu
Et tous
sont ainsi faits
Vivre la
même vie
Toujours
pour ces gens là
Cela
n’est point hideux
Ce canard
n’a qu’un bec
Et n’eut
jamais envie
Ou de
n’en plus avoir
Ou bien
d’en avoir deux
Ils n’ont
aucun besoin
De baisers sur les lèvres
Et loin
des songes vains
Loin des
soucis cuisants
Possèdent
pour tout coeur
Un viscère
sans fièvre
Un coucou
régulier
Et
garanti dix ans
Ô les
gens bien heureux !
Tout à
coup dans l’espace
Si haut
qu’il semble aller
Lentement un grand vol
En forme
de triangle
Arrive, plane, et passe
Où vont
ils?… qui sont-ils?
Comme ils
sont loin du sol
Regardez
les passer, eux
Ce sont
les sauvages
Ils vont
où leur désir
Le veut, par dessus monts
Et bois,
et mers, et vents
Et loin
des esclavages
L’air
qu’ils boivent
Ferait
éclater vos poumons
Regardez
les avant
D’atteindre
sa chimère
Plus d’un
l’aile rompue
Et du
sang plein les yeux
Mourra.
Ces pauvres gens
Ont aussi
femme et mère
Et savent
les aimer
Aussi
bien que vous, mieux
Pour
choyer cette femme
Et
nourrir cette mère
Ils
pouvaient devenir
Volailles
comme vous
Mais ils
sont avant tout
Des fils
de la chimère
Des
assoiffés d’azur
Des
poètes, des fous
Regardez
les ! Vieux coqs 
Jeune oie édifiante
Rien de
vous ne pourra
Monter
aussi haut qu’eux
Et le peu
qui viendra
D’eux à
vous, c’est
leur fiente
Les
bourgeois sont troublés
De voir
passer les gueux
Commentaires
Je suis très émue, Fritz, que les grues et leur passage t’importent tant. Si j’osais… - allez, j’ose! - je dirais que cela nous rapproche…