Rencontre réseau du vendredi 8 janvier 2010
animée par Maëlle Andriamanjay, Annie Bouhier et Bernadette Godmer
Groupe clinique sur les 'Troubles alimentaires'
Au départ,
l’envie pour ce groupe clinique de travailler sur les troubles
alimentaires. Ensuite, cela s’est précisé autour du thème de la boulimie. En raison des éléments de
l’histoire de chacune et des cas cliniques rencontrés qui ont chaque fois
suscité des questions.
Intérêt de comprendre la boulimie mais aussi de trouver des réponses pour la thérapie des personnes en souffrance. Atelier qui a été l’occasion d’un va et vient théorie et pratique. Occasion d’éclaircissements, d’ouverture de sens …
A propos de la théorie, une question préalable se pose : quelle psychopathologie adopter lorsque l’on est Gestalt-thérapeute ? Peut-on travailler à partir des définitions de la psychopathologie classique, de la nosographie en vigueur dans le cadre d’un paradigme intrapsychique et individualiste alors que nos fondements phénoménologiques nous tournent vers une perspective de champ ? En quoi notre théorie du self peut elle avoir de la pertinence ?
Là n’est pas le lieu d’un débat sur quelle psychopathologie. Nous renvoyons sur le Cahier n°19 qui rend bien compte de ce problème. Au regard de nos parcours et de nos intérêts, nous avons bien remarqué que nous pouvions naviguer dans les diverses perspectives (psychanalytiques et autres) pour accroître notre compréhension sans renier notre identité.
Dans l’approche de ce groupe clinique, nous prendrons à notre compte les propos de Patrick Colin (cf revue Cahiers n°19 p. 31 et 32 ). A la question la psychopathologie classique est-elle un outil adapté au diagnostic des situations ?« A l’évidence pas trop, pour ne pas dire pas du tout. La psychopathologie classique est totalement fondée sur une vision close de l’individu dans une intériorité psychique, elle ne peut que décrire des modèles d’organisation du sujet, décrire des propriétés plus ou moins permanentes de ce sujet »
… mais il ne faut pas la jeter … « elle ne reste pas seulement un outil de communication plus ou moins commun à tous les psychothérapeutes, psychiatres et psychanalystes de la planète, elle est surtout, une invitation à la réflexion sur ce que sont l’homme et ses devenirs multiples. Et il serait dommage de se passer de cette masse de connaissances, de ces réflexions en tous sens qui ont tissé d’Hippocrate à nos jours une compréhension de l’humain qui est, aujourd’hui, la nôtre ».
Patrick
Colin précise que la psychopathologie en elle -même n’est pas le
problème : « Soit elle est ouvrante à différentes manières de voir … soit
elle est fermante quand elle cherche à définir une fois pour toutes ce qui est
normal et ne l’est pas, ce qu’est un sujet sain ou malade … la psychopathologie
est (finalement) notre os à
ronger, dans la mesure où elle est
un fondement à partir duquel nous pouvons user de notre critique, par rapport
auquel nous avons à nous définir, et ce faisant nous la faisons évoluer ».
Lire l’ensemble du travail effectué par le groupe clinique sur la thématique de la boulimie