Le carnet de Fritz

Tag - Danse

Fil des billets - Fil des commentaires

Entrez dans la danse...

ou la conférence-atelier sur l’art-thérapie structuraliste du vendredi 9 avril, animée par Véronique Gontier 

Véronique Gontier a un parcours et une démarche originales. Voici comment elle évoque elle-même sa trajectoire et son choix de posture thérapeutique, qu’elle nomme art-thérapie structuraliste.

 J’avais vingt-huit ans lorsque je me suis orientée vers le domaine de la psychologie et de la connaissance de soi. J’étais alors à l’apogée d’une carrière comptable et juridique en qualité d’Expert-comptable et de Commissaire aux comptes.
Dès le départ, la place du corps en thérapie a retenu toute mon attention. Je ne parvenais pas à réduire l’humain à sa psyché ou à son histoire familiale ; l’apparente opposition des pensées occidentales et orientales m’est apparue comme un creuset fondamental de recherches et d’expérimentations. En termes de connaissance de soi, l’Orient privilégie les liens corps-esprit afin de tenir le moi-ego à distance, pendant que l’Occident favorise cette seule dimension au détriment des liens corps-esprit.
Après quinze années de recherches et d’explorations expérimentales mettant alternativement en jeu le corps, le psychisme, le mental et l’Esprit, j’en suis venue à considérer l’individu comme une structure à part entière composée de plusieurs parties interdépendantes.
Chaque partie influence le Tout au même titre que le Tout influence chaque partie. Les différentes dimensions de la structure doivent être orchestrées de concert afin de s’étayer, s’équilibrer et s’enrichir mutuellement. Ainsi, parallèlement au travail de thérapie classique, j’ai eu à coeur d’aborder l’humain par diverses portes : psychologique, anthropologique, ethnologique, philosophique, physiologique, anatomique, métaphysique. Cette richesse m’a amenée à expérimenter sur plusieurs années, diverses disciplines d’origines variées, tant orientales qu’occidentales ou encore ethniques primitives.
Enfin, mon propre travail de transmission m’a conduite à dépouiller ces pratiques et enseignements de leurs formes parfois encombrantes et exotiques pour n’en conserver que le fond à titre pédagogique et structuraliste, accessible à tous.
Ces ateliers privilégient l’avènement des potentiels du Sujet au-delà de son histoire familiale, même si celle-ci n’est pas niée. Le Sujet est invité à se considérer dans sa globalité structurelle, dans sa capacité à se remettre au monde à partir de ce qu’il est, ici et maintenant, dans sa sensibilité, dans sa corporéité vivante, dans sa créativité propre.
J’ai choisi de valider mon parcours par un diplôme d’art-thérapie, sous la direction de Jean-Pierre Royol, Docteur en psychologie clinique à Arles (PROFAC 2002).
L’art-thérapie à visée structuraliste, telle que je la pratique, offre un vaste espace d’expériences vivantes permettant de relier l’action et l’intention, le corps et l’esprit, la nature et la culture, le fond et la forme. L’alternance des stratégies thérapeutiques en appelle à l’ensemble de la structure du Sujet (corps-psychisme-mental-esprit) sans privilégier une dimension au détriment des autres.

Alors qu’appelle-t-on structure ?

Au sens littéral du terme, une structure représente une construction, et plus précisément la manière dont les parties d’un Tout sont agencées entre elles. Le Tout influence les parties, au même titre que chaque partie influence le Tout. Chaque être humain est un Tout composé de plusieurs parties, nécessairement interdépendantes : sur le plan anatomique, squelette, muscles profonds, muscles superficiels, tissus, organes, système sanguin, lymphatique, nerveux, hormonal, appareil respiratoire, etc.
sur un plan plus global, un corps physique, animal, sensoriel et pulsionnel.
un corps psychique, émotionnel, sensible.
une dimension mentale et intellectuelle, conceptuelle et imaginative.
un terrain initial, à la fois génétique et psychologique, inconscient, déterminant l’ensemble de sa structure et de ses réactions.
un plan inconscient, vaste, individuel et collectif, qui le meut malgré lui, un Absolu insaisissable.
Envisager l’être humain de façon structuraliste revient à tenir compte de toutes ses parties, et de leurs influences respectives sur le Tout. La connaissance de sa structure permet à l’individu de suivre le fil de sa thérapie, son fil propre. Elle est la carte d’orientation du vaste monde qu’il représente, la garantie de son autonomie à terme.
Autrement dit : «
Si je sais pourquoi je fais une chose, je sais comment la faire, avec qui, et combien de temps ».

L’atelier qui nous a été proposé nous a permis de goûter ce qu’est expérimenter le corps dans tous les « sens » possibles et notamment :
s’appuyer sur sa structure (squelette) pour une réelle confiance en son pas, en sa posture.
entrer dans sa « danse » en partant de sa densité propre.
le rendre intérieurement disponible au souffle qui l’anime.
l’aider à s’accepter dans sa nature propre, animale.
l’inciter à se débarrasser d’inhibitions, de réflexes conditionnés, d’ images négatives de lui-même.
lâcher quelques idéaux de formes et d’images au profit d’un corps réel, vivant, subtil, sujet et non objet.

Mesclun ... de fin d'été

 by Fritz

Rappel de la recette du mesclun : La salade est déjà un mélange de divers ingrédients que l’on assaisonne… avec du sel, donc. Mais alors le mesclun, c’est un mélange de salades diverses… c’est dire ! Bref, vous trouverez sous cette rubrique et de loin en loin, des mélanges divers, éventuellement salés, sans liens apparents si ce n’est justement qu’elles ont un certain goût, de choses lues, vues ou ouïes, par ci par là… les miscellanées du docteur Fritz, en quelque sorte.

avec cette fois

  • un auteur japonais contemporain Haruki Murakami et quelques-unes de ses oeuvres, dont le roman “La fin des temps

Roman qui nous plonge, en alternance, au cœur de deux mondes. Dans l’un, un vieux savant excentrique, spécialiste du cerveau, charge un informaticien de coder les programmes relatifs à ses travaux ultra secrets et, selon leur auteur, d’une importance capitale. Dans l’autre, le narrateur est nouveau venu au sein d’une mystérieuse cité ceinte de hautes murailles, de laquelle seuls peuvent sortir les troupeaux de licornes qui y vivent. Au fil du récit, le lien va se faire de plus en plus étroit entre ces deux univers, jusqu’à l’ultime fusion…

  • un disque, Together through life de Bob Dylan

La voix est éraillée à la Tom Waits, la tonalité d’ensemble est nostalgique, Dylan avouant dans quelques titres ses regrets et ses manques, sa résignation sincère à ne pas toujours comprendre la vie, les femmes et le reste. “Beyond Here Lies Nothing” : au bout du tunnel, aucune “Heaven’s Door”, et d’ailleurs “Life Is Hard”. Dans Together Through Life, Dylan semble revenir faire un tour dans les bars à crooners enfumés du midwest …Qu’est-ce qui a changé depuis le temps? Qu’est ce qu’on a appris? Pas tout, et d’ailleurs à partir d’un certain âge, on n’attend plus vraiment de réponse, on n’aspire plus nécessairement à changer le monde, on se souvient et c’est bien comme ça. The Times haven’t been changin’ that much in years, “It’s hard to believe, but it’s all good…”

  • un hommage aux danseurs disparus… Pina bausch /Merce Cunningham
 Elle avait le regard bleu et incarnait la grâce. Elle était la chorégraphe qui a sans doute le plus marqué la seconde moitié du XXe siècle. Son influence et son aura ont même débordé le domaine de la danse. Dans le théâtre surtout, mais aussi les arts plastiques, et le cinéma où Fellini et Almodovar  lui ont directement rendu hommage dans des films. Pina Bausch est morte, mardi 30 juin 2009, à 68 ans. “C’est la fin d’un monde, confie Gérard Violette, ancien directeur du théâtre de la Ville. Lorsqu’elle venait saluer, elle connaissait une minute de bonheur. Sinon, c’était une femme douloureuse. Elle a influencé tout le monde, mais ne laisse aucun héritier.”

Surnommé l’“Einstein” de la danse, Merce Cunningham a bouleversé dès les années 1950 les codes du ballet : désormais le danseur ne se déplace plus en fonction du centre de la scène, il est lui-même un centre. “Au contraire du danseur classique, j’estime tous les mouvements possibles”, expliquait-il. Il a rencontré le musicien d’avant-garde John Cage, et ce sont 50 ans de collaboration entre les deux artistes dont les destinées personnelles et professionnelles sont restées liées jusqu’à la mort de Cage, en 1992. Engagé en 1939 comme soliste dans la compagnie de Martha Graham, pionnière de la “modern dance”, Cunningham  fonde en 1953 la Merce Cunningham Dance Company, au Black Mountain College, une communauté d’artistes de Caroline du Nord. Il rencontre des peintres, comme Jasper Johns qui devient son conseiller artistique en 1965, ou Robert Rauschenberg. Il travaille également avec Andy Warhol pour Rainforest (1968), Frank Stella ou le musicien David Tudor. Il est mort à 90 ans, le 26 juillet 2009.