de ci de là… by Fritz

  • une photo prise après la tempête dans les Landes, illustrant assez bien le combat d’Eole contre Jésus … alors céki le plus fort ?!!! 

  • le son d’un livre (eh oui, les livres bruissent et chantent, vous ne le saviez pas ?), Dmmst de Chloé Delaume, Ed Fictions & Cie

    • DMMST-01-Clotild…
    • 2009-02-17 18:19
    • 8.83 MB - ouvrir (cliquer sur ouvrir pour ouïr)“Je fabrique de la littérature expérimentale. La langue est un outil autant qu’un matériau. J’effectue des recherches, restée attachée à la notion de laboratoire. Chaque projet n’est qu’une tentative, parfois une simple proposition. C’est la composition du geste qui m’intéresse. Ainsi que l’agencement de la plomberie, l’extraction des ressentis stockés par la mémoire, le jeu de la situation. Je me construis à travers des chantiers dont les supports de surfaces varient, textes, livres, performances, pièces sonores ; seule, ou auprès de personnes compétentes.” Chloé Delaume


  • une superbe mise en scène de Thierry Roisin, d’après Les Essais de Montaigne. Les Essais,  incroyables de pertinence et de modernité  … et Montaigne lui-même, en corps et voix, dans sa langue charnue, ardue et pourtant si claire, portée par la diction impeccable de Yannick Choirat.  C’est grâce à un très ingénieux dispositif scénique (!) que défilent les Essais, car si un seul mot devait résumer la pensée de Montaigne, ce serait sans doute : mouvement… (ou processus).  Revenir à Montaigne, c’est comme retrouver un ami dont la compagnie fortifie, et c’est puiser à la source d’un humanisme à réinventer. 

“Pourquoi craignons-nous notre dernier jour ? Tous les jours vont à la mort, le dernier y arrive. Y a-t-il chose qui ne vieillisse en même temps que nous ? Mille hommes, mille animaux, et mille autres créatures meurent en ce même instant que nous mourons. Voyez un vieillard qui demande à Dieu qu’il lui maintienne sa santé vigoureuse ; c’est-à-dire qu’il le remette en jeunesse : n’est-ce pas folie ? La goutte, la gravelle, l’indigestion, sont symptômes des longues années, comme des longs voyages, la chaleur, les pluies et les vents. Tu ne meurs pas de ce que tu es malade : tu meurs de ce que tu es vivant. (…) 

Nous nous disons : je n’ai rien fait aujourd’hui. Quoi ? N’avons-nous pas vécu ? C’est non seulement la plus fondamentale, mais la plus illustre de nos occupations. Nous avons plus fait que celui qui a composé des livres. Avons-nous su prendre du repos, nous avons plus fait que celui qui a pris des Empires et des villes. Le glorieux chef d’oeuvre de l’homme, c’est vivre à propos. Toutes autres choses, régner, thésauriser, bâtir, n’en sont qu’appendicules et adminicules, tout au plus. Mon métier et mon art, c’est vivre. Il n’est rien si beau et légitime, que de faire bien l’homme.”

Comme le dit si joliment Montaigne à propos des abeilles “elles vont pillotant de ça de là les fleurs, mais elles en font après le miel, qui est tout leur ; ce n’est plus thym ni marjolaine : ainsi les pièces empruntées d’autrui.

Ainsi en va-t-il de ce mesclun, butinant de ci de là, … et que chacun en fasse son miel.