Aujourd’hui, Fritz cherche à savoir ce qu’est et à quoi peut bien servir l’imagination, avec
- les échos d’un festival fin mai sur ce thème, Philosophia, à St Emilion
L’imagination, qu’est-ce que c’est ? “Imagination, faculté de se représenter un objet absent. On distingue l’imagination
reproductrice, qui représente l’image de quelque chose que nous connaissons déjà,
et l’imagination créatrice, par laquelle l’homme est capable de produire des
oeuvres d’art, de faire progresser les sciences et les techniques.
La psychologie, et en particulier la psychiatrie, étudie les perturbations de l’imagination, qui peuvent être un excès d’imagination (hallucinations, mythomanie, hystérie) mais aussi une carence imaginative (arriération mentale ou sottise pathologique). Entre l’imagination pathologique, qui est un frein dans la vie, et l’imagination créatrice qui combine des faits ou des données réelles pour inventer une solution concrète, il n’y a qu’une nuance, mais elle est fondamentale : dans le second cas, l’homme agit et réalise son action : dans le premier, ses rêveries ne sont pas suivies d’une réalisation concrète. ” Didier Julia / Dictionnaire de la Philosophie, Larousse
Imagination,
imaginaire, construire des images…
Assembler
raison et imagination. Comment l’imagination fonctionne-t-elle ? Elle est une
activité de l’esprit, qui ne reproduit pas à l’identique des éléments réels,
mais qui les articule et les combine de façon inédite. Bachelard prétend même
que l’imagination « invente de la vie nouvelle, de l’esprit nouveau; elle ouvre
des yeux qui ont des types nouveaux de vision” Dans le domaine des
sciences et de la technique, l’hypothèse expérimentale est très souvent imaginée
(à partir de l’analyse des phénomènes observés), et c’est bien elle qui
anticipe et « imagine » le montage de l’expérience. L’opposition classiquement
admise entre imagination et raison doit dès lors être transformée en complémentarité.
Fuir la réalité
? Mais se constituer un univers imaginaire n’est-il pas fuir la réalité ? Ne
risque-t-on pas de s’évader ou de se laisser emporter vers un monde par définition
trompeur. Platon est affirmatif, ce n’est que le reflet et le plus bas degré du
monde sensible. Spinoza de son côté prétend qu’entre l’imagination et l’illusion,
la distance est très mince et chez Pascal, l’opposition est encore plus nette :
l’imagination, cette « folle du logis », est “maîtresse d’erreur
et de fausseté”. À notre époque, les représentations séduisantes de l’imagination
font qu’en fuyant le réel, le citoyen s’interdit de le transformer.
Vivre sans
imagination ? L’imagination possède pourtant une double portée : elle est, d’une
part (au moins implicitement), critique à l’égard de ce qui existe. D’autre
part, elle correspond à un besoin de compenser ce que le réel peut avoir de décevant.
L’imagination, dit André Breton, c’est “ce qui tend à devenir réel”,
soulignant la relation qui existe entre le désir, sa production imageante et
l’acte qui doit le réaliser. Concevoir une pensée privée d’imagination, c’est
la condamner au ressassement du présent et à la stérilité. Les oeuvres d’art en
sont une preuve suffisante : elles révèlent à quel point l’imaginaire est
capable de se manifester dans les matériaux et les formes, pour ensuite
modifier massivement la mentalité en diffusant une interprétation du monde qui
sera de mieux en mieux partagée. L’imagination est sans cesse en évolution.
« Imaginer,
c’est hausser le réel d’un ton ».
« L’imagination
n’est rien d’autre que le sujet transporté dans les choses ».
« L’imagination
trouve plus de réalité à ce qui se cache qu’à ce qui se montre ». Gaston Bachelard
- Un poème rose et totalement anxiolytique
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